Offscreen Film Festival « pour les amateurs de cinéma authentique et insolite… », c’est fini.
La seconde édition du Offscreen Film Festival vient de refermer ses portes ce dimanche 22 mars dans la joie et la bonne humeur (comme toujours au Nova) … et dans la cogitation aussi si vous êtes aller voir le film Synecdoche, New York de Charlie Kaufman qui clôturait ce Festival.


Première réalisation donc pour Charlie Kaufman qui nous avait déjà prouvé ses talents, en tant que scénariste aux côtés de Michel Gondry pour Human Nature et Eternal sunshine of the spotless mind, de Spike Jonze pour Adaptation et le surprenant Being John Malkovich ainsi que de George Clooney pour Confessions of a dangerous mind… des films tous marqués par leur originalité. En prenant les commandes du navire, un scénariste aussi inventif ne pouvait que créer un film spécial, voire très spécial…
Caden Cotard (alias Philip Seymour Hoffman) est monteur de pièces de théâtre dont il n’est pas l’auteur. Embourbé dans un couple qui ne fonctionne plus très bien et inquiété par une étrange maladie qui ne trouve pas diagnostic, il sent que son existence ne sera accomplie que lorsqu’il écrira sa propre pièce. Grâce à une bourse, il va pouvoir enfin se lancer dans l’écriture qu’il mettra des années à parachever.
Un synopsis pas très révélateur du film, et pour cause, Synecdoche, New York est irracontable. Il est difficile d’en parler, d’en dévoiler l’ambiance qui s’en dégage sans tomber dans le cliché très réducteur d’imbroglio intellectuel … même s’il s’agit vraiment d’un imbroglio intellectuel… A la façon de Being John Malkovich, Charlie Kaufman nous fait découvrir le psyché torturé de Caden Cotard au travers de son long et difficile exercice de création. Comment arrivera-t-il à concevoir sa pièce de théâtre, l’œuvre de sa vie (et d’une vie) et contourner les obstacles imposés par la réalité ? A la manière d’un puzzle, Caden monte et démonte sa vie dans un décor grandeur nature. Il devient alors difficile pour nous d’encore distinguer qui joue quoi.
Dimension temporelle particulière (le temps ne semble pas se dérouler à la même vitesse pour tous les personnages) , petites touches fantastiques (Samantha Morton vit dans une maison en feu) , brochette incroyable d’actrices défilant tout au long du film (Catherine Keener, Samantha Morton, Jennifer Jason Leigh, Emily Watson, …), décor gargantuesque et foutraque (à l’image du film) … Synecdoche, New York est passionnant et donne envie d’être revu et analysé. Pour ce faire, il faut que ce film trouve distributeur à son pied… Avis aux amateurs.
Brigitte Segers
