
« The Mohawks » est un groupe formé par le claviériste et arrangeur Alan Hawkshaw, qui fut brièvement membre des Shadows avec Cliff Richard dans les années 70 et puis de « Love De Luxe », un groupe de disco sans grande qualité. Il travailla ensuite comme directeur musical, arrangeur et pianiste, notamment pour Olivia Newton-John ou pour le fameux « Je t’aime… moi non plus» de Serge Gainsbourg et Jane Birkin.
Le label anglais spécialisé en reggae Pama Records édite le premier album des Mohawks en 1968. Le morceau titre, « The Champ », atteint la quatrième place dans le hit-parade r’n’b national et y restera deux bons mois. Les ventes dépasseront même les 12,000 copies par semaine ! Ce morceau est construit autour d’un break de batterie funky et l’utilisation d’un clavier devenu aujourd’hui culte: le Hammond B-3 utilisé ici avec le haut parleur « Leslie ».
Ce morceau titre fut, dans les années 80 et 90, abondamment samplé (le site internet http://the-breaks.com, référence en la matière, en répertorie a lui seul 46 !), plus précisément l’introduction au clavier et le très court « Tramp » qui est crié à la toute première seconde de la chanson. En voici quelques exemples :
Krs one – Step into a world :
EPMD – The Big Payback:
« Sweet soul music », qui vient un peu plus loin, est pour sa part une reprise d’un classique de la soul écrit par Arthur Conley pour Otis Redding, et qui serait un hybride de « Yeah Man » de Sam Cooke et de « Magnificent Seven » de Elmer Bernstein.
« Yeah Man » de Sam Cooke :
Magnificent Seven de Elmer Bernstein:
Mohawks – Sweet Soul Music:
Le disque se poursuit dans la même ferveur, un funk profond et sensuel, dans lequel une basse vrombissante, un clavier Hammond sulfureux et des cuivres acérés se marient à merveille pour le bonheur de nos corps et de nos cœurs, comme sur le sublime « Senior Thump ».
« Funky Broadway », qui vient plus loin, est un morceau écrit en 1967 par Christian Arlester pour son groupe « Dyke & the Blazers » et qui fut peut-être le premier single de musique « noire » a comporter le mot « funky » dans son titre. Il fut rapidement repris par Wilson Pickett, qui en fit un gros succès qui se plaça en tête des hit-parades.
Il y a en prime deux versions longues de « The Champ et de « Landscape », qui raviront les fanatiques, collectionneurs, samplers et autres disc-jockeys, mais la cerise sur le gâteau est clairement pour moi le morceau « Beat me till i’m blue », qui concentre en son sein toutes les qualités du combo, douceur sucrée, claviers acidulés, et chaleur étouffante, pour notre plus grand plaisir.
Samuel Mussen


