La coupole s’ouvre sur le ciel étoilé… Nous sommes dans le désert d’Atacama au Chili, à l’observatoire géant de radioastronomie, situé à 3000m d’altitude.
Galaxies lointaines, espace intersidéral, questionnements sur l’immensité de l’univers et sur la notion de temps…L’astronome Gaspar Galaz, nous dit ceci : le présent, même le plus proche telle la conversation que nous avons pour l’instant…c’est déjà du passé…
De l’astronomie nous passons à la paléontologie. Glissement progressif du macrocosme universel vers le microcosme humain et… son passé.
Passé lointain enfoui dans les sables du désert, mais aussi passé plus proche des années septante sous la dictature de Pinochet.
La caméra braque ensuite son objectif sur des femmes en perpétuelle recherche d’ossements de parents, déportés et disparus, gisant peut-être aux côtés de ceux de leurs aïeux, conservés depuis la nuit des temps.
Paradoxe entre la mémoire et l’oubli, rapprochements entre matière interstellaire et éléments qui composent le calcium de nos os et ceux des défunts. Tout dans ce film s’imbrique, s’entrecoupe, un thème exposé répond au précédent et questionne le suivant, le tout avec une virtuosité peu commune.
Chaque propos tenu par les intervenants, qu’il s’agisse d’un astronome, d’un paléontologue ou d’une parente toujours endeuillée depuis des décennies, est teinté de beaucoup de sensibilité et de réflexion.
Comme pour faire la jonction finale entre les différents sujets exposés depuis le début du film, Valentina Rodriguez, astronome dont les parents ont été déportés, nous raconte : l’astronomie m’a aidée en quelque sorte à donner une autre dimension à la douleur, à l’absence, à la perte.
Guzmán a réussi à la fois un film beau sur le plan esthétique, intelligent par sa dialectique et sensible par son propos. Structurellement très complexe, par son montage au rythme quasi musical et par l’interpénétration des différents thèmes abordés qui se font sans cesse écho l’un à l’autre, ce film est un véritable hymne poétique à la place que tient l’humanité dans l’histoire du cosmos.
Eddy Maes.
Nostalgie de la lumière, un film de Patricio Guzmán:Détails, résumé et disponibilité





