Compte-rendu du samedi 12 novembre 2011

Maria Minerva « Cabaret Cixous » - Not Not Fun Records 2011
Un premier album qui sort sur le label californien Not Not Fun dont je vous avais déjà parlé concernant le duo Peaking Lights découvert dans les divans du mois passé.
Maria Juur est née en Estonie et s’est installée à Londres où elle travaille comme stagiaire pour « Wire ». Etant loin de son pays, elle s’ennuie et déprime un peu, comme elle travaille pour un magazine musical, elle écoute beaucoup de disques, elle a donc l’idée d’acheter le matériel nécessaire pour s’enregistrer et faire de la musique en chambre. Dans son pays natal, elle avait déjà commencé à faire de la musique, mais c’est dans un Londres inconnu et peut-être inamical qu’elle s’est vraiment appliquée à enregistrer des cassettes pour commencer et un disque par la suite.
« Cabaret Cixous » tire son nom de Cabaret Voltaire (groupe anglais d’electro-industrielle), de Cabaret Derrida (groupe estonien expérimental), et d’ Helen Cixous (féministe et romancière). L’album se réfère au dadaïsme, à l’electro, à la philosophie et au féminisme.
Les compositions contiennent des textes bâtis sur une écriture automatique dont la consonance est au service de l’ambiance musicale électronique construite à partir de laptops comme vous l’aurez bien compris, sur laquelle elle pose une voix rêveuse et alanguie. Un disque aérien, vaporeux, brumeux avec des relents de house, genre apprécié par la demoiselle.
Roberts & Lord « Eponymous » – Asthmatic Kitty 2011
Ces noms ne nous disent pas grand-chose alors voici le background de ces 2 musiciens .
D’un côté nous avons d’un côté l’anglais Simon Lord, guitariste et chanteur au sein du défunt Simian (groupe anglais d’electro pop douce) et de l’autre le producteur et musicien californien Rafter Roberts. Il a commencé sa carrière dans la pub, ensuite il a travaillé en tant que producteur ou multi-instrumentiste auprès de Album Leaf, Castanets, ou Liz Janes. Récemment il apparaît sur le disque de Jookabox. Il a sorti aussi deux albums d’indie-electro rock bien barrée sous le nom de Rafter.
Eponymous paraît sur le label indépendant Asthmatic Kitty créé par… Sufjan Stevens et Lowell Brams entre autres.
Pour faire leur disque d’electro-garage, ils ont fonctionné à distance, de son côté Roberts a enregistré des musiques qui puisent dans le garage en général et parfois dans la disco sur un quatre pistes dans son studio, il les a envoyées à Lord pour qu’il y appose les parties vocales. Le résultat obtenu par le mélange des bandes analogiques dont le son est assez cracra il faut le dire (on frôle fréquemment la distorsion) avec les voix bien propres et travaillées avec des chœurs quasi soul réalisées en numérique est assez sympathique.
Remontons au début de l’ été avec…
Aidan Moffat & Bill Wells « Everything Getting Older » – Chemikal Underground 2011
Aidan Moffat, musicien écossais fut membre fondateur du groupe Arab Strap en 1995 avec Malcolm Middleton. L’un écrivait les textes, l’autre les musiques délicates et mélancoliques.
En 2006 Arab Strap vole en éclat. Moffat continue sa route, seul avec un recueil de textes semi-autobiographiques « I Can Hear Your Heart » ou accompagné d’un band appelé The Best Of’s qu’il avait monté en 2009 pour un one shot « How To Get To Heaven From Scotland » avec le magnifique « Lover’s Song ». Les textes de Moffat parlent en général de l’amour et de ses peines plus particulièrement, il en parle assez crûment.
Le pianiste de jazz Bill Wells , quant à lui avait déjà approché la scène pop-rock en jouant avec The Pastels, Isobel Campbell (ex – Belle & Sebastian) ….tous écossais !
Les deux musiciens avaient déjà travaillé ensemble précédemment, pour ce projet–ci, ils sont rejoints par un guitariste, un contrebassiste et un trompettiste, Moffat se charge des percussions.
Un instrumental en intro, puis une suite de textes soutenus par un accompagnement léger et peu envahissant, vers le milieu du disque on a droit à « Glasgow Jubilee » et « If You Keep Me In Your Heart » un peu plus agités. Ecoutez aussi le mystérieux « Dinner Time » un spoken word soutenu par la contrebasse et la batterie, une mise en scène que Barry Adamson n’aurait pas reniée.
L’album est posé, feutré, on se laisse facilement emporter.
Bonnes découvertes
Brigitte
NB : Merci à fabonthemoon pour ses photos


