Je l’avais un peu oublié avec le temps. Je me rappelle à présent cette exposition d’eaux fortes au musée d’Ixelles, lorsque j’étais étudiant à l’académie des beaux arts de Bruxelles. Le ton était puissant, grinçant et torturé.
J’assimilais à l’époque le climat dégagé par ces gravures aux ambiances que créait le groupe post punk « The Pop Group » avec ses accords dissonants, ses ruptures de rythme.
Derrière l’aspect un peu désarticulé et « dissonant » de l’œuvre d’Otto Dix, on reconnait cependant une grande maîtrise technique telle qu’on peut la reconnaître également dans la technique d’Edward Munch par exemple.
Le documentaire sur Otto Dix retrace sa vie, sa participation à la guerre des tranchées en 14-18, sa mise au ban par le régime nazi et ensuite son emprisonnement pendant la seconde guerre mondiale.
Les gravures et peintures sont commentées par des citations d’ordres philosophique, éthique ou spirituel de l’artiste, ce qui permet de transcender le côté rébarbatif qui pourrait éventuellement détourner le regard de la « beauté » de l’œuvre.
Un très beau film qui m’a fait redécouvrir cette œuvre que j’avais oubliée et dont je n’avais peut-être pas encore tout à fait perçu la portée spirituelle ainsi que la qualité technique.
Le film est sonorisé par les musiques d’Arvö Part. Choix qui me semble judicieux pour mettre en valeur la profondeur de l’univers pictural de l’expressionniste allemand.
Eddy Maes








