Un film de Werner Herzog
A peine découverte en 1994, La grotte Chauvet-Pont d’Arc fut fermée afin d’assurer sa préservation. Il fallut à tout prix éviter la détérioration des peintures rupestres qu’auraient causés d’incessants passages de visiteurs, comme se fut malheureusement le cas à Lascaux.
C’est dire que les images que l’on peut voir dans ce film sont rares et précieuses.
Chevaux hennissants qui agitent la crinière, rhinos laineux que l’on imagine barrir du fond des âges. Gueules de lions au cou tendu que l’on entend grogner et prêts à bondir…
Pour les amoureux de la représentation de la forme animale, c’est un véritable cours de dessin par l’exemple, une véritable leçon d’observation, qui s’offre à nous.
Il est évident que pour avoir fait une synthèse aussi parfaite entre stylisation, approche globale de la forme et souci du détail anatomique pertinent, il fallut à ces maîtres des temps jadis, d’être plongés corps et âme, au cœur de cette vie sauvage ardente et violente.
Les plus grands artistes, toutes époques confondues, se sont heurtés aux difficultés de la représentation animale. De nombreuses imperfections stylistiques témoignent de ces maladresses dans le domaine.
Quiconque aura vainement tenté de croquer un animal sauvage en mouvement, comprendra la difficulté qu’il y a à capter ce qui est vraiment essentiel à mettre en image pour rendre la bête vivante et instantanément reconnaissable.
Mais laissons de côté ces considérations personnelles au sujet du dessin animalier et revenons au film d’Herzog.
Ce documentaire est une petite merveille de magie et d’inspiration quasi religieuse qui nous vient tout droit de la nuit des temps…
Nous avons la sensation, en pénétrant la grotte, de respirer les mêmes molécules d’air que celles inhalées par nos lointains ancêtres.
Mais rassurez-vous ! Herzog à heureusement évité le piège du film « esthétisant » qui ne vous apprend rien. Nous avons affaire à un vrai documentaire avec interview de spécialistes et moult explications sur l’art pariétal et les artistes de ces temps reculés.
Les images sont bien sûr superbes et la réalisation irréprochable. C’est un véritable morceau de musique visuelle qui vous coupe par moments le souffle, et vous laisse ensuite expirer un « waow » de stupeur et d’exaltation…
Nous avions déjà un documentaire de Pierre Oscar Lévy, intitulé « La grotte Chauvet, la première fois ». Il est un peu passé inaperçu car il ne porte pas le nom d’un réalisateur connu. Cependant, je conseille vivement à tous les amateurs d’art rupestre de ne pas passer à côté de ce très bon documentaire. C’est également une très belle réalisation et qui complète très bien le film d’Herzog.
Eddy Maes
Détails, résumés et disponibilité
La grotte des rêves perdus - un film de Werner Herzog
La grotte Chauvet, la première fois – un film de Pièrre Oscar Lévy







Bonjour Monsieur Lévy
Merci pour votre commentaire. je corrige immédiatement cette erreur.
Aussi, j’ai l’intention de mettre votre documentaire dans le présentoir des suggestions, et j’espère qu’il touchera l’intérêt du public.
Je vous souhaite encore beaucoup de bonnes réalisations.
Amicalement
Eddy Maes, (responsable video documentaire à la médiathèque de la communauté française, section Bruxelles centre).
Bonjour Merci pour de vos compliments, juste une précision, la Grotte Chauvet a été découverte en décembre 1994, l’annonce de son existence a été faite en Janvier 1995, et une équipe de chercheurs a commencé à travaillé dans la grotte pendant deux périodes de quinze jours chaque année à partir de 1998. J’ai commencé à tourné devant la porte en 1999, Le tournage dans la grotte a été possible grâce à l’autorisation délivrée par le Ministère de la Culture et de la Communication le 19 novembre 2001.
On peut voir ici un court métrage que j’ai réalisé pour le conseil général: http://www.dailymotion.com/video/xj5n6q_la-grotte-chauvet-l-art-des-origines_tech
amicalement
Pierre Oscar Lévy