l’Offscreen Film Festival et l’Ozploitation

Not quite Hollywood : the wild, untold story of Ozploitation de Mark Hartley (Australie, 2008)

Projeté en ouverture du module « Ozploitation » du Offscreen Film Festival, Not quite Hollywood tombait à point nommé pour nous donner quelques explications sur cette programmation un peu décalée…

« An Aussie film full of boobs, pubes, tubes… and a bit of kung fu« … Not quite Hollywood est un documentaire sur un pan méconnu (pour nous européens) d’une tranche surprenante et conséquente du cinéma australien appelée « Ozploitation », ou en d’autres mots le cinéma d’exploitation australien (le préfixe ‘oz’ signifiant australien).

Mais, me direz-vous, qu’est-ce donc le cinéma d’exploitation ? Et bien la réponse est toute simple puisqu’un film dit d’exploitation est un film ‘exploité’ dans tous les sens du terme, soit un film à très petit budget, qui rapporte beaucoup et surtout en un minimum de temps. Le tout emballé dans un maximum de publicité et d’affiches tape-à-l’œil, ce qui explique que les sujets utilisés sont ceux qui (se) vendent le plus : sexe, nudité, baston, courses de voitures, gore, gros lolos…

Et pour nous expliquer ce qu’est l’Ozploitation, Not quite Hollywood reprend de manière frénétique (à l’image du cinéma d’exploitation) une quantité incroyable d’extraits de films (fin des années ’60 jusqu’à nos jours) entrecoupés de nombreuses interventions de producteurs, réalisateurs, acteurs, cascadeurs… de cette vague très spéciale.

Alors, ça donne quoi ? Outre l’impression de voir des images nous arriver de tous les côtés tel un stroboscope, tant les informations sont rapides et conséquentes, on en ressort surtout avec l’envie irrésistible de découvrir un peu plus ce cinéma méconnu. Parmi les nombreuses caractéristiques qui définissent ce genre, on peut noter par exemple la façon un peu farfelue (toujours à l’image du genre) dont ces films ont été réalisés : le petit budget impliquant nécessairement des restrictions, nos amis australiens n’ont pas froid aux yeux pour contourner, si pas ignorer, toutes les consignes de sécurité qu’on croirait obligatoire. On apprend ainsi que sur un tournage il y a eu trois morts par-ci, un accident par-là … ou que les scènes de courses poursuites de voitures (typiques du genre) ont été, pour la plupart, tournées sans autorisation ni sans fermer les routes. Evidemment, dans un pays aussi grand et aussi peu peuplé (un peu plus de 10 millions à cette époque pour une superficie de 250 fois la Belgique), la probabilité de rencontrer des gens sur les nationales est très faible. N’empêche, en plein tournage de Mad Max, je n’aurais pas aimé croiser des fous furieux à plus de 100km à l’heure en train de hurler et de se tirer dessus…

Justement, et Mad Max dans tout cela : Ozploitation ? Et oui, sauf que c’est l’un des rares films du genre à avoir été primé et avoir connu la notoriété que l’on lui connaît.

Autre particularité importante, et non des moindres, de ce documentaire, c’est l’intervention régulière d’un fan de l’Ozploitation qui s’appelle Quentin Tarantino. Pas vraiment surprenant lorsque l’on connaît sa filmographie, et plus particulièrement son avant-dernier film « Grindhouse : Death Proof » (2007) qui se voulait très série B. Dans Not quite Hollywood, il nous apprend par exemple qu’une scène de Kill Bill 1 (où Uma Thurman est dans le coma avec les yeux grand ouverts) a été piquée à un film d’Ozploitation de 1978 intitulé « Patrick » et réalisé par Richard Franklin (et que les fans inconditionnels pourront emprunter en VHS dans les trésors de votre chère  Médiathèque !).

extrait de "Patrick" de Richard Franklin

Ce documentaire est truffé de plein d’autres choses et vous comprendrez qu’il est impossible d’en tirer toute la liste sans le visionner plusieurs fois avant d’en connaître tout son contenu. Le seul problème est où ? Espérons que cet essai cinématographique repassera dans l’un ou l’autre Festival de notre capitale… en attendant, vous pourrez vous consoler en visionnant quelques bons vieux films d’Ozploitation à la Médiathèque (quelques uns  en DVD, d’autres en VHS et en français – et oui, ces bonnes vieilles VHS qui sortaient systématiquement en version doublée) !

Patrick de Richard Franklin (1978) vhs VP0500

Long week-end de Colin Eggleston (1979) vhs VL5850

Soif de sang de Ron Hardy (1979) dvd VS4841

Mad Max de George Miller (1979) dvd VM0254

Le Survivant d’un monde parallèle de David Hemmings (1980) dvd VS7901

Harlequin de Simon Wincer (1980) dvd VH0211

Montclare, rendez-vous de l’horreur de Tony Williams (1983) vhs VM5455

Razorback de Russell Mulcahy (1984) dvd VR1095

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