Peur sur la médiathèque

Hier soir, des personnes, dans notre médiathèque, étaient prises d’effroi, se dissimulaient les yeux de la main. La coupable : Muriel Andrin, échappée de l’ULB et du Musée du Cinéma, qui nous informait de l’état de la production européenne de cinéma d’horreur et illustrait son propos d’images effroyables. C’était, dans la série de nos Rendez-Vous, la séance intitulée Sang Frais.

Un film d’horreur doit faire peur, c’est sa vocation-même. Muriel Andrin nous a montré que les manières de le faire ainsi que les représentations de l’horreur ont évolué depuis la création du cinématographe (par exemple le sang ne ressemble plus à du ketchup) et peuvent varier selon des facteurs liés aux histoires collectives de différentes régions.

En échauffement avant le Festival du Film Fantastique qui débute le 9 avril, voici un tour d’Europe à travers quelques films récents qui font évoluer le genre.

Une tendance de fonds des cinématographies actuelle est de développer une synesthésie de l’horreur, en dehors du décodage rationnel des images : jeux sur la vitesse des images, effets de lumière, caméras subjectives, gros plans, habillage sonore.

Le film The Descent, de Neil Marshall, illustre de manière exemplaire cette tendance en tirant un très bon parti de la technologie pour la représentation des monstres.

Avec des outils cinématographiques qui tiennent du cinéma d’auteur, Trouble Every Day de Claire Denis installe un inconfort chez le spectateur qui confine à l’insupportable.

Rec, de Jaume Balaguero, filmé intégralement en caméra subjective style (faux) documentaire amateur, ancre son angoisse dans l’inconscient collectif espagnol : poids de la religion et du franquisme.

Vinyan, le film du Belge Fabrice du Welz réussit à installer dans son générique d’ouverture une dynamique plastique, métaphorique, qui a un impact ravageur chez le spectateur.

Après des visions d’extraits de ces films, on est un peu secoué. Les explications tout à fait éclairantes de Muriel Andrin procurent cependant peu de réconfort.

Heureusement, les Scandinaves intègrent régulièrement des éléments d’humour noir dans leurs films d’horreur. On le voit notamment chez Anders Thomas Jensen et ses Bouchers Verts. Muriel Andrin, plutôt que de finir par là sur une note plus légère, avait ouvert son exposé sur ces bouchers empêtrés dans le commerce de chair humaine et nous laissait donc, en fin de séance, pas vraiment avec la joie au cœur, mais certainement avec l’envie de se faire peur.

Jean-Grégoire Muller

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