Bifff, au jour… la nuit (1) : soirée d’ouverture

Bifff, 27ème édition, c’est parti !!!

C’est sur le site de Tour & Taxis (pour la troisième année consécutive) que le 27ème Festival du Film Fantastique, de SF, de Fantasy et d’Horreur de Bruxelles a ouvert ses portes pour la plus grande joie d’un nombre important d’aficionados… On ressentait effectivement une certaine agitation sur les lieux, de retrouvailles pour certains, un public fébrile qui faisait déjà une longue file pour ne pas rater une miette du spectacle. Bar V.I.P. d’un côté avec boissons à bulles, bar public de l’autre, la bière coulait à flot avant même de commencer les hostilités.
On découvrait aussi une nouvelle disposition du lieu, repensée et surtout réduite, à dimension plus humaine dirons-nous (et visiblement budgétaire aussi) par rapport à la première année. Les postes importants sont toujours là – bar, wc, restaurant, Q&A (pour Questions & Answers lors des rencontres avec les invités), ravitaillement bonbons et hot-dog, … les indispensables qu’il faut dès le premier jour baliser pour passer ce Festival du mieux que possible… La seconde salle dans laquelle la programmation « 7e orbite » était projetée a disparue au détriment d’un programme beaucoup plus dense dans la salle principale.

Aux alentours de 20h30, nous pouvons enfin entrer dans la salle, spacieuse avec son écran géant et ses sièges un peu affaissés… Petite nouveauté, nous avons droit à un spectacle musical pour fêter l’évènement : la troupe « Mama Roma » investi la scène et nous offre un show costumé reprenant les plus grands classiques du cinéma d’horreur, de sf ou de fantastique tels Rocky Horror Picture Show, Pulp Fiction, Le Fantôme de l’opéra, Star Wars, Saw, Ma Sorcière bien-aimée, Sweeney Todd, … et j’en passe. Une sorte de pot-pourri qui pêchait un peu par sa longueur et surtout par ses petites erreurs de synchronisation…
Vint le moment de l’ouverture officielle avec coupage du bandeau-bobine de film par Lucky McKee (réalisateur du film « May » (2002) entre autres).
Puis le speech annuelle d’ouverture par l’un des organisateurs, un peu amer pour ne pas dire désabusé par le manque de budget et la crise qui se fait sentir, surtout dans le milieu culturel… mais feu Bashung a chanté un jour « ma petite entreprise ne connaît pas la crise… » alors messieurs les organisateurs, haut les cœurs que diable, cela fait bien 27 ans que vous nous offrez un bien sympathique festival et ce n’est pas les habitués qui le démentiront. D’ailleurs, n’est-ce pas devant une salle pleine que le film d’ouverture était présenté hier soir ?

Coutume du Bifff (version Tour & Taxis) oblige, voici trois ans aussi que Sacha Feiner se paye l’avant programme de tous les films diffusés au Festival. Après une première série très réussie « World in progress » en 2007 et les hilarants Sachamax trailers en 2008, la nouvelle fournée était fort attendue. « Unsafe » (c’est son nom) propose « dix capsules de sécurité pour les cinémas d’un futur déjà palpable, une mise en garde pertinente contre les dérives sécuritaires d’une société abandonnant toute humanité pour une sûreté illusoire élevée au rang de valeur suprême », capsules diffusées entre les films.

Oui, et le film de cette soirée d’ouverture au fait ?
Si vous connaissez « L’Etrange Noel de Monsieur Jack », un petit « déjà vu » vous aura surement traversé l’esprit en voyant l’affiche de « Coraline ». Et si certains doutaient encore que c’est bien Henry Selick qui a réalisé l’Etrange noël… et non Tim Burton, cette dernière réalisation est là pour nous le prouver.

Coraline nous conte l’histoire d’une petite fille qui emménage avec ses parents dans une grande maison victorienne un peu défraichie et éloignée de tout. A peine les caisses déposées, les parents de Coraline sont déjà affairés devant leurs ordinateurs, plongés dans l’écriture d’un catalogue de jardinage pour éviter des fins de mois encore plus difficiles. Papa Coraline a le teint gris bleu et les yeux enfoncés, maman Coraline est aussi froide qu’une porte de prison et Coraline aimerait un peu plus d’attention de leur part. Il ne lui reste plus qu’à découvrir toute seule cette vieille maison qui pourrait révéler bien des secrets. Dans son inspection, Coraline est attirée par une petite porte qui se trouve mystérieusement murée. Y-aurait-il un quelconque passage secret caché derrière ce mur ? Et bien, c’est à vous de le découvrir en allant voir Coraline qui sortira tout bientôt dans nos salles de cinéma.

Ce qui frappe dès les premières secondes du film, c’est bien évidemment la qualité de l’animation tout en slow-motion s’il vous plait (technique qui consiste à faire de l’image par image, déjà utilisée depuis belle lurette mais qui se perfectionne de plus en plus… du premier « King Kong » de 1933 aux récents « Wallace & Gromit » du génial Nick Park)
Imaginez-vous que rien que pour le seul personnage de Coraline Jones, il aura fallu créer une vingtaine de marionnettes différentes (de 24 cm de haut pour vous donner une idée de l’échelle). Et comme le dit Neil Gaiman, auteur du roman « Coraline » sorti en 2003 et scénariste pour l’adaptation animée : « Ce que je n’avais pas réalisé avant le début de la production de Coraline, c’est que tout ce qu’on voit à l’écran doit absolument être construit. Chaque brin d’herbe a du être créé, soit en fibre de verre, soit en fausse fourrure». Oui monsieur Gaiman, ça a du en faire un sacré boulot que de réaliser ce Coraline… et ça rend bien, très bien même. Ne serait-ce que la séquence d’ouverture du film où l’on voit une vieille poupée défraichie se faire refaire une santé par une étrange créature. Une scène de couture plus vraie que nature et qui semble réelle tant l’animation est fluide et bien pensée.

Quant au scénario, on retrouve l’univers Tim Burtonien, même s’il n’a rien à voir la dedans, dans cette jolie petite fable de la jeune fille attirée par un autre univers sous prétexte qu’il y fait bon vivre (ce n’est qu’un leurre bien évidemment) et qui nous rappellera sans doute bien d’autres contes ou histoires pour enfants : Pinocchio attiré dans une fête foraine, Alice découvrant le pays des merveilles ou encore Charlie dans la chocolaterie… mais je vous en ai déjà trop dit !

Bref, 1h40 de bonheur qui s’est déroulé dans une salle hypnotisée ou endormie par la magie du cinéma… et dans le calme le plus plat, étrange pour nos amis spectateurs du Bifff.
Quoi qu’il en soit, tout le monde s’est bien réveillé pour boire le(s) verre(s) offert(s), sous les airs un peu surannés de « Kingston Kingston » de Lou Deprijk venu pousser la chansonnette.

Qu’on se le dise, le plat principal du Festival reste à venir et la fête du fantastique ne fait que commencer !

Segers Brigitte

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