Bifff, au jour… la nuit (2) : vendredi 10 avril 2009

Nous voici enfin au premier vrai jour de ce Festival, avec déjà les odeurs de saucisses et de hamburgers qui planent dans la salle. Le beau grand soleil un peu inattendu de ces deux derniers jours a pour conséquence de faire augmenter d’un cran la température des locaux mais de donner aussi la sensation d’être à un Festival typique de l’été, sauf que nous ne sommes pas ici pour voir des concerts mais bien des films, des films et encore des films…

Une loooongue file prouve que le nom de Kim Ki-duk ne laisse pas indifférent. Depuis The Isle en 2000 présenté d’ailleurs au Bifff la même année, ce réalisateur sud-coréen a su se faire un nom et une place auprès des spectateurs européens. Son film Spring, summer, fall, winter (2003) n’a fait que consolider plus encore sa réputation, touchant un public beaucoup plus large. Ce dernier opus était donc fort attendu.

Dream de Ki-duk Kim (2008)

Dream est une très belle histoire d’amour impossible entre deux êtres que tout sépare et que tout rapproche, à la fois complémentaires et identiques. Jin vient de vivre une séparation difficile et n’accepte pas de s’être fait larguer. Il est toujours fortement amoureux de son ex-compagne. Ran vient de quitter son compagnon qu’elle ne supportait plus… qu’ont-ils donc en commun ? Lorsque Jin rêve durant son sommeil, Ran reproduit de façon inconsciente et somnambulique les fantasmes de Jin. Évidemment, lorsque Jin rêve qu’il embouti une voiture et qu’il commet un délit de fuite, c’est Ran qui se fait arrêter le lendemain matin sans comprendre ce qu’on lui reproche. Lorsque ces deux êtres se rencontrent enfin, ils décident de se surveiller l’un l’autre et tentent par tous les moyens (et j’insiste sur tous les moyens) de ne plus dormir pour éviter des catastrophes. Mais le marchand de sable fini toujours par passer…

Scénario intéressant mais terriblement compliqué, mise en scène parfois lourde et répétitive, Kim Ki-duk semble s’être perdu lui-même dans les méandres labyrinthiques de son histoire… il nous manque visiblement quelques clés pour profiter entièrement de cette dernière réalisation et on en est presque frustré de ne pas pouvoir apprécier pleinement ce film. Reste quelques scènes très fortes de mutilation (quand je vous disais que tous les moyens sont bons pour ne pas dormir) qui nous rappellent cette horrible séquence de hameçon planté dans la partie la plus intime de la jeune femme responsable des petites cabanes de pêcheurs dans The Isle.

Pendant et après la vision du film, je me suis creusée les méninges en me demandant ce que j’allais bien pouvoir dire sur ce dernier Kim Ki-duk. Si de prime abord, la projection du film ne m’a pas donné entière satisfaction, elle aura eu le mérite de ne pas me laisser indifférente. Ce qui n’est pas du tout le cas du navet projeté à 20h…

The Mutant chronicles de Simon Hunter (2008)

Mutant chronicles est à la base un jeu de rôle (avec figurines) devenu par la suite jeu pour consoles (Doom Troopers) et du même acabit que Resident Evil : des mutants qui sortent tout à coup de partout et qu’il faut dégommer le plus vite possible et par tous les moyens. Le jeu ne semble pas avoir eu beaucoup de succès, ce qui peut expliquer en partie ce plantage de la version filmée. Ça manque de beaucoup de choses en fait, déjà d’un scénario qui tient la route (en 2707, ça m’étonnerait que les avions fonctionnent au charbon), d’acteurs qui savent jouer (mais que fait donc John Malkovich là-dedans ?), de personnages qui ont de la carrure (le prêtre interprété par Ron Perlman est ridicule et j’aurais bien vu un Bruce Willis ou un Schwartzenegger à la place de Thomas Jane) et de tout le reste… pas de quoi fouetter un chat donc.

… par contre, le film de 22h avait de quoi fouetter carrément un tigre !

Dying breed de Jody Dwyer (2008)

Dying breed est filmé en Australie et plus particulièrement en Tasmanie, île séparée du reste du continent. Depuis 1937, l’emblématique Tigre de Tasmanie (ou Thylacine) est considéré éteint même s’il existe toujours une rumeur selon laquelle des Tigres de Tasmanie auraient été vus, voire photographiés de nos jours. Depuis 1983, une récompense de 100.000 dollars australiens est proposée à celui ou celle qui prouvera l’existence de cette espèce.
Un beau paquet d’argent qui donne envie à plus d’un, scientifiques, reporters ou amateurs, d’aller fouler le sol humide de cette île méconnue. Et c’est justement ce qui amène nos quatre personnages principaux de ce Dying breed projeté devant une salle bien pleine pour un film de 22h. Partie à la recherche du Tigre huit ans auparavant, la sœur de Nina a été retrouvée noyée et mutilée dans une rivière tasmanienne. Nina part donc sur les traces de sa sœur et du Tigre et trouvera au bout du compte un peu des deux … Un film d’horreur qui fonctionne bien grâce à l’épaisse foret sombre australienne et des mystérieux habitants rencontrés par nos quatre protagonistes. Une histoire de cannibalisme vient se greffer en plus, ce qui n’est pas sans déplaire à l’audience. Un bon petit film d’ambiance où l’élément clé pour faire un bon film d’horreur (la peur) est présent. Un film en compétition. A suivre donc.

Brigitte Segers

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3 commentaires pour Bifff, au jour… la nuit (2) : vendredi 10 avril 2009

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