– Les clés du rock (5) : Can

Le groupe a été créé à Cologne en Allemagne en 1968. Composé de 2 anciens élèves du compositeur Stockhausen, Holger Czukay qui deviendra bassiste et Irmin Schmidt se mettra aux claviers. Le guitariste Michael Karoli se joindra à eux de même que Jaki Liebezeit, un batteur de free-jazz. Malcolm Mooney, peintre-scuplteur et chanteur ne les accompagnera que pour un album et demi, il sera remplacé par l’incroyablement délirant Damo Suzuki.
Leur musique intemporelle aura une influence indéniable pour les années à venir. Je citerai  Sonic Youth,  Joy Division,  Buzzcocks ou encore Cabaret Voltaire comme témoins. Ils sont  un des fers de lance du mouvement krautrock* avec Neu !  ou Faust ou Kraftwerk.

Monster Movie : 1969. Peut-être pas leur meilleur album, mais c’est le premier d’une longue série de perles. Et puis en guise de mise en bouche il y a le fameux « Yoo Doo Right » une longue litanie entêtante qui prédit de l’avenir du groupe. Il y aussi  la voix torturée de Malcolm Mooney qui quittera très vite la formation allemande.

Soundtracks : 1970. Une compilation des bandes-son qu’ils ont réalisées pour des films presque inconnus. Disque aux tonalités mélangées, et brillant une fois de plus. Il n’y a qu’à écouter l’hypnotique et halluciné  Mother Sky et ensuite  la merveilleuse ballade She Brings the Rain pour s’en rendre compte. Deux titres sont interprétés par M.Mooney, les autres par Damo Suzuki .

Tago Mago : 1971. Leur chef-d’œuvre. Un disque incontournable, musique hallucinée – voir le titre Mushroom qui en est le parfait exemple, ou Oh Yeah qui s’ouvre avec un bruit d’orage et continue avec une longue nappe de claviers atmosphériques. C’est aussi un disque délirant qui laisse une bonne place à l’impro et à la découverte des sonorités.

Ege Bamyasi : 1972. Un album un peu plus “pop”, une rythmique quasi funk à la batterie, et une fois de plus Damo Suzuki est remarquable dans son chant “primitif ». Il y a même deux « tubes » sur ce disque, Vitamin C et Spoon. Sing Swan Song quant à lui est une belle aire de repos.

Future Days : 1973. Leur dernier album réellement intéressant. Un disque cohérent, des plages planantes et envoûtantes. Moonshake et sa rythmique bien groovy n’a pas pris une ride.

* Voici une explication sommaire du terme Krautrock. Je dis sommaire, parce qu’il existe des bouquins entiers dans toutes les langues concernant ce genre qui pourront vous donner des explications bien plus précises.
Krautrock vient du terme kraut – choucroute  (donc Allemagne) et rock . Ce qui veut dire tout simplement qu’à l’origine c’est un terme général pour signaler le rock allemand, mais qui très vite a désigné un genre dont voici la recette :
C’est peut-être la réponse allemande au rock psyché et planant qui prend place aux États-Unis à la fin des sixties, en Californie plus particulièrement.
C’est un mélange de rock qualifié de psyché, et de traitements électroniques, avec pas mal de claviers, de l’impro, mais aussi une rythmique répétitive, évolutive. C’est là que l’on trouve des amorces de drones, d’effets sur les guitares, de fuzz, bref de manipulations créées dans les studios. Musique considérée d’avant-garde  et qui  trouve également ses influences  dans les musiques classiques contemporaines.
Dans les sous-genres, on peut retrouver du krautrock avec un son spatial, grandiloquent, ou avec des influences marquantes de rock progressif qui aurait viré vers le psyché ou l’épique, on y voit aussi les débuts de la musique planante. Les morceaux sont souvent d’une plus longue durée.
Je m’arrête là dans ma description, parce que le mieux c’est de se plonger dans l’écoute plutôt que dans la théorie.

Brigitte Molenkamp

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3 commentaires pour – Les clés du rock (5) : Can

  1. Ping : - Les chouchous du rock dans le divan (41) « La média de Bruxelles

  2. brigitte dit :

    Merci beaucoup pour ces infos supplémentaires. J’ai eu l’occasion de voir Damo Suzuki l’année passée, et il est toujours aussi impressionnant.

  3. globeglauber dit :

    pour CAN, une belle porte d’entrée est quand même le double DVD « Can DVD » : documentaires, concert filmé (Cologne 1972) et autres gâteries.

    A La Médiathèque – sous un autre titre – XC049Z

    = = =

    rayons livres, quand même citer celui de l’ex-chanteur des Teardrop Explodes qui existe en traduction française (aussi en poche) :

    – Julian COPE : « Krautrocksampler : petit guide d’initiation à la grande Kosmische Musik » (ed. Kargo et L’Eclat)

    = = =

    et DAMO SUZUKI (ex-Can) sera en concert à la FERME DU BIEREAU (Louvain-la-Neuve) le samedi 29 AOÛT 2009

    dans le cadre de son projet « Network », il y improvisera très probablement avec Paul Metzger (usa), Paul Labrecque (usa-bel), Cesar Amarante (arg-fra), Momo Amarante (arg-fra) et Jonathan Burgun (fra).

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