– Les « Variations Goldberg », Bach, Gould, les autres et Simone Dinnerstein

Un des chefs-d’oeuvres de Jean-Sébastien Bach, « Les Variations Goldberg » auraient été écrites en 1741 ou 42, à l’intention de Johann Gottlieb Goldberg, claveciniste de l’insomniaque  Conte Keyserling. Trente variations introduites par un Aria, chaque variation correspondant  à une mesure de l’Aria, oeuvre d’une subtile  complexité , d’une  extraordinaire diversité, une de ces oeuvre à tiroirs dont il semble qu’elles pourraient nous entraîner vers l’infini…

C’est le nom de Glenn Gould qui est indissolublement lié aux Variations. Il est la référence.  Ses enregistrements réalisés pour Columbia CBC en 1955 (il est alors âgé de 22 ans) et en 1981, sont désormais légendaires. Le texte du  livret accompagnant le disque du coffret « The 1955 Goldberg Variations » BB2753, édité à l’occasion de l’anniversaire de l’enregistrement de 1955 par Sony, retrace un « making of » de l’enregistrement et relate les circonstances qui ont amené Glenn Gould, le jeune pianiste canadien jusqu’au studio de la Columbia.  Je recommande aussi de regarder les deux documentaires de Bruno Monsaigeon « Glenn Gould – The Alchemist » et  « Glenn Gould – Hereafter » pour appréhender l’essence du génie de Glenn Gould.

Néanmoins, chaque pianiste donne sa propre lecture de l’oeuvre. Il y met son âme, le mot âme désignant ici ce point de densité de l’intériorité de l’être, point de haute sensibilité qui permet que l’assimilation  de l’oeuvre se fasse si parfaite qu’elle en devient le propre langage de l’interprète.

Ainsi nous est enfin parvenue l’interprétation de Simone Dinnerstein, enregistrée pour Telarc en 2007. Jeune pianiste américaine, Simone Dinnerstein décide d’enregistrer les « Variations Golberg  » à compte d’auteur. Elle découvre un piano de rêve, un Steinway hambourgeois de 1903. Son interprètation est d’une extraordinaire sensibilité,  une approche intétrieure très pure, réfléchie, d’une telle qualité qu’elle se place désormais parmi les plus remarquables (on cite Glenn Gould, Perahia!).

Dans notre collection vous trouverez une vingtaine d’interprétations, comme celles de Glenn Gould, Murray Perahia, Rosalyn Tureck, Zhu Xiao- Mei, Kenneth Gilbert, Keit Jarrett…

Tout récemment aussi Catrin Finch, harpiste, a transcrit les Variations pour son instrument, élargissant ainsi  son répertoire. Le projet était audacieux, les critiques ne sont pas dithyrambiques mais je trouve cette transcription séduisante. La harpe a un son particulier, rond, les notes coulent, presque aquatiques… Un disque à écouter, c’est le BB2697 dans notre collection de musique baroque.

Et pour conclure ce billet sur le thème des « Variations Golberg »,  je vous inviterai à lire ou à écouter les « Pérégrinations Goldberg » de Nancy Huston, HB0530. En 1980, Nancy Huston écrit son premier roman, « Les Variations Goldberg », conçu en 32 chapitres, il relate une soirée chez la claveciniste Liliane Kulainn qui a convié une trentaine d’amis chez elle afin qu’ils l’écoutent jouer les Variations. Le roman décrit les pensées intimes de la claveciniste pendant qu’elle joue et de ses invités pendant qu’ils l’écoutent. Les « Pérégrinations… » sont des extraits choisis par Nancy Huston et lu par elle, accompagnée de deux musiciens.

Françoise Vandenwouwer

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4 commentaires pour – Les « Variations Goldberg », Bach, Gould, les autres et Simone Dinnerstein

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  2. Lajeunesse dit :

    Rosalyn Tureck dans les variations Godberg à moins que l’ on préfère la lourdeur de Glenn Gould connu grâce à sa schizophrénie et Bruno Monsaingeon.

  3. TIRILLY dit :

    La version n° 3 de Glenn GOULD est la meilleure, c’est à dire la plus sublime de toutes les versions que j’ai pu écouter. Une pianiste d’origine chinoise a laissé également une très belle version. L’idéale est de les écouter toutes.
    Voir la version de LEONHARDT qui est très chantante.

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