– En français dans la Sélec’

La Sélec’ 6 est disponible depuis mi août dans les médiathèques. Les amateurs de chanson française n’ont pas été oubliés et il y en a pour tous les goûts (ou presque).

Blog - En français dans la Sélec 6

Un beau mélange de genres donc (comme le laissent deviner les pochettes ci-dessus) mais aussi un point commun à tous ces artistes: un certain décalage. Hors de tout formatage, une même liberté dans la démarche qu’elle soit littéraire ou plus ludique, pop ou engagée, grave ou légère. Cette même façon de prendre la chanson par la bande et de se jouer des courants dominants. Quelle que soit la manière ou l’univers, les mots vous questionnent, vous titillent. Evocation poétique, dépaysement ou interpellation frontale et sans concession mais aussi des textes qui passent au second plan pour laisser place à la musique.

Quelques mots, sons et images des albums en question, un avant-goût de vos futurs emprunts à la médiathèque…

« Cristal Ballroom » est un album sombre, luxuriant, regorgeant d’instruments et de poésie. De sa voix grave, un rien éraillée, BABX vous entraîne dans une suite d’ambiances, d’histoires et souvent de voyages (senza, saxophone, balalaïka, …). Danseurs désabusés, amours déchues, bienvenus dans le cabaret mélancolique de BABX.

Avec son « Fantomatisme », Holden nous offre de replonger dans cet univers pop et poétique qui leur est propre. Une poésie discrète et une profondeur qui se révèle au fil d’écoutes répétées. De plages en plages, aquarelles sensibles illustrant presque toutes le trouble d’exister, la perte, le doute.  Et bien sûr le chant d’Armelle Pioline, alangui, nonchalant et lointain s’abandonnant aux courbes claires des mélodies ou se fondant par moment aux apparitions  sonores diverses et impromptues (chorale, vibraphone, grésillements électroniques, …).

A l’écoute de « Stromboli », second album pour Montgomery. Mieux vaut ne pas chercher la direction que le groupe à voulu prendre tant il est vrai qu’ils partent dans tous les sens. Pop, rock, envolées planantes ou électronica, tout y passe et il ne tient qu’à vous de suivre ce groupe qui ne se prend pas au sérieux et ne craint pas d’emprunter ces horizons musicaux parfois très différents. Et si parfois les paroles sont un peu bizarres voir incompréhensibles disons que c’est un des ingrédients de ce gentil délire et que cela ne gâche pas votre plaisir.

« Je remercie le hasard qui », quatrième album pour Ignatus depuis la fin du duo qu’il formait avec Olivier Libaux, Les Objets. Loin des projecteurs et de toute agitation médiatique (son clip « Dans l’herbe » – voir ci-dessous –  à malgré tout fait pas mal de bruit sur internet) il poursuit son chemin, invariablement caractérisé par un univers singulier et personnel. Le fait d’autoproduire cet album représente sans doute un pas supplémentaire vers cette liberté artistique. Liberté savourée, Ignatus a pris le temps (plusieurs années de home studio) d’écrire, arranger, chercher. C’est ainsi que son univers serein, chaleureux entre douce mélancolie et joies simples s’est enrichi des sons et d’instruments (cuivres, sanzas, orchestre de mélodicas, voix pygmées, clochettes, orgue à bouche, …) Textes qui font mouches, arrangements superbes et trouvailles sonores, un album qui paraît trop court (40′)  et qu’on ne se lasse pas d’écouter.

Le second album de Nonstop, « Je n’ai rien compris mais je suis d’accord » se situe à nouveau aux croisements du hip-hop, du rock, de l’electro et de la chanson. Frédo Roman manie la langue française avec autant d’adresse que de rage. Les textes qu’ils soient criés, éructés ou simplement dits sont toujours intelligibles et souvent fascinants pour peu que vous acceptiez leur noirceur, leur étrangeté voire leur violence.  Pas de violence gratuite mais une réaction cinglante et féroce contre notre époque pour exprimer le doute, l’injustice, le rejet de toute déshumanisation.  Diverses personnalité gravitent autour de projet, Richard Roman (Diabologum) le frère de Frédo, Arnaud Michniak (Diabologum, Programme) et Serge Teyssot-Gay (Noir Désir).

La réputation de Karkwa n’est plus à faire au Québec et avec « Le volume du vent », leur troisième album, gageons que leur popularité va encore grandir chez nous. Ils chantent en français, l’accent canadien en prime bien sûr, mais pour le reste c’est bien de pop-rock à l’anglo-saxonne qu’il s’agit; Radiohead est souvent cité comme parent proche. A vous de juger et pourquoi pas en écoutant le morceau ci-dessous.

Geoffrey Briquet

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