– Les clés du rock (8) : Birthday Party

Groupe avant-gardiste australien fondé en 1979  d’abord sous le nom de Boys Next Door, avec Nick Cave – chanteur et compositeur. Rowland S. Howard – guitare.  Mick Harvey – guitare, claviers, batterie. Tracy Pew – basse. Phil Calvert – batterie. En 1980, ils débarquent à Londres et changent de nom, Boys Next Door devient Birthday Party. Autour de cette formation graviteront des musiciens notoires tels Barry Adamson du groupe Magazine (culte), Lydia Lunch poétesse et performeuse new-yorkaise (culte). De même que quand le groupe se séparera en 1983 à Berlin, à partir de là,  chaque membre aura une carrière propre qui sera loin d’être  dénuée d’intérêt . Nick Cave créera The Bad Seeds avec  Barry Adamson et Mick Harvey dans un premier temps, Rowland S. Howard créera Crime and the City Solution, mais surtout continuera des collaborations avec Lydia Lunch ou avec Einsturzende Neubauten (autre groupe culte dont je vous parlerai plus tard). Comme vous le remarquez, à partir de Birthday Party on peut partir en étoile vers un tas de ramifications différentes du rock : le chant crooner de Nick Cave, la musique indus de Einsturzende Neubauten, Berlin pour tout ce qu’elle représente au niveau artistique en général, Barry Adamson, initiateur de la cinématique, Mick Harvey qui se lancera plus tard dans la composition de musiques de film ou dans de très belles covers de Gainsbourg… et encore bien d’autres filières. Ce groupe a été le point de départ de beaucoup de créations et de collaborations audacieuses.

Prayers on Fire : 1981. Premier véritable album des Birthday Party. On sent qu’ils ont écouté du punk rock, l’ont digéré et l’ont amalgamé à leurs compositions, mais plus dans l’esprit que dans la pratique, puisque les punks avaient abandonné toute relation avec le blues alors que Birthday Party l’utilise et  le détourne et se l’approprie. Parce que, oui, il y a  des éléments blues dans leurs compositions, mais du blues crasseux, qui sent l’alcool frelaté, les bas-fond, du blues des bayous, du venimeux. Hormis la guitare triturée de Roland S. Howard, la basse et la batterie débridée, il y a du piano, de l’orgue et du saxophone, instruments très peu ou pas utilisés chez les punks. La voix grave de Nick Cave se fait plaintive ou gueularde. Il « vomit » parfois ses textes comme Iggy a pu le faire au temps glorieux des Stooges (encore du culte !). Les textes parlent de mort, de péchés, la musique est épileptique et les rythmes sinueux font  référence à la musique de cabaret, mais au tribal aussi.

Junkyard : 1982. Ils continuent leur voyage au pays du malsain et du glauque avec toujours autant de talent. Le bassiste Tracy Pew quitte le groupe, il est remplacé par Barry Adamson. Le groupe ne se ramollit pas pour un sous, écoutez « Blast Off » et vous m’en direz des nouvelles, ensuite « She’s It » avec ses guitares bien grinçantes, et ça continue comme ça sans le moindre répit pour finir avec « Release the Bats »  (Délivrez les chauves-souris), leur 45 tours tube, qui les a associés à tort à la scène gothique.

Viendront ensuite les deux EP’s réunis sur un cd « The Bad Seed E.P » « The Mutiny Sessions » qui laisseront déjà apparaître les esquisses des futurs Bad Seeds.

Hee-Haw : 2000. Sorte de compilation de leur tout premier enregistrement, c’est à dire l’album « Hee Haw » paru en 1979 sous le nom de Boys Next Door et « The Birthday Party L.P » paru en 1980. Cette sorte de compil contient leur tout premier single « Mr. Clarinet ». Et ce fantastique « Happy Birthday » avec cette guitare complètement distordue  dans les mains de Rowland S. Howard. Finalement nous sommes proches des danses macabres, des musiques de transe. On y trouve aussi la cover de « Catman » de Gene Vincent qui n’a sans doute jamais imaginé ce que Nick Cave pouvait faire de sa chanson !

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3 commentaires pour – Les clés du rock (8) : Birthday Party

  1. Bravo, beau résumé de la carrière et de la postérité de ce groupe. J’ajouterai R.I.P. Rowland S. Howard, décédé fin décembre dernier, et à qui je rends hommage ici : http://morningmeeting.fr/2010/02/17/sappeler-howard-predispose-t-il-au-genie-rock/

  2. La média de bxl dit :

    Tout à fait ! merci pour votre remarque.

  3. tommygunn dit :

    Très intéressant ce billet (même si cela ne me rajeunit pas).- Pour info, on peu voir (brièvement) Nick Cave & The bad Seeds dans le film de Wim Wenders « Les Ailes du désir ».

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