– Les clés du rock (10) : Mike Patton etc… 1

Non, mais, dans quoi je me lance ?
Un peu comme pour son camarade Henry Rollins qui a été le sujet des Clés du rock 9, c’est très difficile de résumer la  carrière de Mike Patton. Il a travaillé avec beaucoup de monde et a su s’entourer d’artistes si, pas forcément d’avant-garde, sont toujours intéressants, ça c’est sûr ! Pour réunir les groupes, les projets parallèles, les participations,   il va falloir faire vraiment gaffe,  être très attentif pour ne rien oublier. Je vous propose de couper ce chapitre des Clés du rock  en deux épisodes parce que  la liste de ses activités est vraiment vaste. Le premier sera consacré aux groupes dont il a fait partie, le second parlera de tous ces projets parallèles.

Une intro en deux mots pour ceux qui ne le connaissent pas : on peut le qualifier d’être  un des chanteurs rock dont le répertoire est  le plus étendu. Il passe nonchalamment  des cris de chats, à la voix de crooner et passant par toutes les tessitures possibles.
On peut scinder sa carrière en cinq parties.
D’abord au sein des groupes Mr Bungle, Faith no More, Tomahawk et Fantomas comme chanteur,  mais aussi et surtout  la partie cachée de l’iceberg : tous ses projets personnels en temps que chanteur, musicien,  producteur, créateur de label, il a également tâté au cinéma. Il touche à tous les genres, qui vont du classic rock à l’expérimental le plus pointu et passant par la noise et le hip hop.

En avant goût, je vous propose  une vidéo de Faith no More lors de leur tournée faite cet été à l’occasion de leur reformation. Sous forme de clin d’oeil, ils reprennent « Reunited » une rengaine soul  des années 70. Et voici comment un groupe de « métalleux » qui n’a pas froid aux yeux se transforme en bande de crooners pour ouvrir leurs concerts.

Pour Patton en images, j’ai pris le parti de vous montrer un maximum de live, c’est une musique qui s’écoute mais qui se regarde aussi, le visuel est très important et donc les clips scénarisés n’ont pas d’intéret dans ce cas-ci.

Il commence sa carrière avec Mr Bungle, groupe composé de Trevor Dunn à la basse, Trey Spruance à la guitare, Danny Heifetz à la batterie et  Clinton McKinnon et Theo Langyel aux saxophones. Ils produisent une musique aux rythmes contrastés, brisés, un mélange de métal, de funk , de free rock et même de ska et allant même parfois vers la ballade, tout ça sur un canevas pop malgré tout. Vous voyez l’éventail musical proposé par le groupe. Mr Bungle sortira trois albums entre 1991 et 1999. La publication de ces albums sera facilitée par la notoriété acquise par Patton au même moment au sein de Faith no More.

Mr Bungle : 1991. Produit par John Zorn.

Disco Volante : 1995. Album dans lequel ils mélangent de plus en plus les styles musicaux. Les parties free, le sont de plus en plus, et les moments apaisés rappellent les génériques de séries télé, ou la variété italienne. Ils radicalisent et se rapprochent de plus en plus d’un esprit déconstruit « à la  » John Zorn.

California : 1999. Le disque s’ouvre sur le langoureux « Sweet Charity ». C’est peut-être l’album le plus « facile » du groupe mais pas pour cela le moins intéressant. En tous les cas c’est celui qui contient le plus de ballades. A nouveau, il font intervenir des influences  diverses dans leur bazar  musical. Ici ce serait plutôt des éléments dits de musique du monde – aspect fanfare avec accordéon, cymbalum ou guitares hawaïennes.

Nous sommes en 1989, et Faith no More – groupe de métal alternatif composé de Mike Bordin – batterie – Roddy Bottum – claviers – Bill Gould – basse – et Jim Martin – guitare – est à la recherche d’un chanteur. Par hasard, ils tombent sur une démo de Mr Bungle et,  impressionnés par la personnalité du chanteur, ils engagent  Mike Patton quasi dans l’heure. C’est de cette manière que notre ami se retrouve derrière le micro des deux groupes, ainsi qu’à  l’écriture.  Et,  j’ai envie de dire que Faith no More est un des initiateurs de ce qu’on a appelé le nu-metal.

The Real Thing : 1989. Engagé au sein du groupe très peu de temps avant la sortie de l’album,  il a eu un mois pour écrire les textes.  Un des premiers cd’s de funk-metal. Nominé aux Grammy Awards,  avec le single  « Epic » dont la fin du clip montre  la triste histoire d’un poisson rouge hors de l’eau,  ce qui a fort énervé les défenseurs des animaux.

Angel Dust : 1992. Leur style s’affirme : du metal plus complexe mais dont la structure est  très précise. Patton est de plus en plus audacieux, il a une parfaite maitrise de ses cordes vocales. Sa personnalité devient également de plus en plus marquante. Ils reprennent la chanson  « Easy » des Commodores avec un break bien puant à la guitare, et là de nouveau Patton s’impose en crooner. So sexy ! Un album important. En images, je vous propose un extrait de leur concert au Pukkelpop en août 2009. Fameux clip où un stage diving se passe moins bien que prévu. Filmé avec un GSM, le son et l’image sont dégueus.

King For a Day Fool for a Lifetime : 1995. Continuation parfaite de Angel Dust, mais forcément moins novateur. Patton libère ses cris et hurlements, il devient de plus en plus théâtral. Mais il sait également très bien faire le latin lover.

Album of the Year : 1997. Un titre présomptueux ? non, c’est avec un très bon album que Faith no More termine sa carrière en 1998.

En 1998, juste avant la fin de Faith no More, Patton rassemble Trevor Dunn (bassiste de Mr Bungle), Buzz Osborne (guitariste des Melvins),et  Dave Lombardo (batteur de Slayer) pour former Fantomas, groupe de metal d’avant garde où Patton fait de sa voix un instrument, et utilise des onomatopées en lieu et place de mots. C’est aussi à ce moment-là qu’il crée son propre label Ipecac. Pour donner un petit aperçu : voici une impro en live de Patton et Lombardo :

Amenaza al Mundo : 1998. Au vu des musiciens intégrés dans cette formation, les amateurs de metal se sont précipités sur ce cd. Et, grande surprise, bien sûr construit sur des fondations métalliques, cette production en est très éloignée. Des rythmes perpétuellement brisés, un disque bruitiste qui pète en tous sens. Sur la pochette, notons l’iconographie du personnage de Fantomas, le criminel  mis en scène au cinéma par Hunebelle. Une baffe !

Director’s Cut : 2001. Les thèmes les plus célèbres de Nino Rota, Mancini ou encore Morricone passés à la moulinette. Une machine très speedée par moments et qui, tout à coup, ralentie au maximum, porte l’auditeur déséquilibré dans une espèce de rêve hallucinatoire. Ceci dit, certaines relectures sont relativement proches de l’original ( Rosemary’s Baby par exemple est proche de l’original avec un petit « je ne sais  quoi » qui  fait froid dans le dos).

je vous mets la bande son originale, vous pourrez comparer !

Delirium Cordia : 2003.  Surgical Sound Specimens From the Museum of Skin. Ames sensibles s’abstenir, Fantomas crée un film pour les oreilles, une bande-son orpheline de sa pellicule. Fantomas laisse le soin à l’auditeur de se créer son propre film, ses propres images.  Durant plus d’une heure, il est plongé dans les ambiances d’opérations chirurgicales, avec bruits de peaux, cris de douleurs, carillons d’église, sang qui coule…. livret et photos de Max Aguilera – Hellweg.(interview) . Si vous désirez voir son travail, suivez ce lien, mais attention aux yeux.

Suspended Animation : 2005. Un album inspiré par l’univers des cartoons. Mélange de comptines, de sons de dessins animés et de rock épileptique. Titi et Rominet n’ont qu’à bien se tenir.  Magnifique pochette réalisée par Yoshitomo Nara, artiste japonais qui est maître dans l’art du dessin angélique et cruel.

En 2000, Patton réuni le guitariste Duane Denison – ancien Jesus Lizard – le batteur John Stanier – ancien Helmet – et le bassiste Kevin Rutmanis – the Melvins – pour former Tomahawk. Même s’il revient à une structure metal plus traditionnelle, peu de groupes du genre peuvent se vanter de produire des albums de telle qualité.

Tomahawk : 2001. Première production du super groupe. On sent les racines de chaque musicien, un peu de Faith no More, un soupçon de Helmet, une pincée de Jesus Lizard et un chouïa de Melvins. Mais est-ce problématique  ?

Mit Gas : 2003. A la sortie de ce disque, j’avoue avoir été déçue, à part « Rape this Day », le reste me passait par dessus  la tête. Mais c’est en le réécoutant pour faire cet article que je me rends compte de sa modernité. Ils ont puisé leur inspiration de tous côtés, et l’ont diluée en doses homéopathiques tout au long du cd. Par exemple : dr’n’bass en intro de Capt Midnight, slow collant à l’italienne,  collages et samplings, field recordings, moments atmosphériques ou noise … et Patton qui utilise des effets et des filtres sur ses micros. Ce n’est pas pratique courante dans ce genre musical.

Anonymous : 2007. A mon avis : un disque raté. Ils ont voulu recréer des ambiances indiennes, avec instruments, chants, samplings, sons concrets. Mais ça ne fonctionne pas ! C’est cliché, et chiant.

Mais attendez, ce n’est pas fini, Michel a encore un tas de tours dans son sac !  Et je m’empresse de vous raconter tout ça très bientôt !
Et, cher lecteur,  si vous avez des images ou des anecdotes à partager concernant cet article,  laissez-vous aller et envoyez les moi !
Merci ,  bye bye et à la semaine prochaine

 

Publicités

A propos La média de bxl

La médiathèque de Bruxelles Centre : un repaire de découvertes et de passions. Nous aimons les musiques, les films, le multimédia. dans tous les genres, tous les courants. A la recherche de titres précis ou envie de découvertes ? Nous vous proposons plus de 100.000 titres musicaux et audiovisuels en accès direct, ainsi que des sélections ciblées. La médiathèque, c’est cinquante ans d’histoires culturelles enrichies au quotidien par des mélomanes et cinéphiles rodés au défrichage de répertoires et tendances sans cesse renouvelées. Bienvenue !
Cet article, publié dans Brigitte Molenkamp, Les Clés du rock, Pop Rock, est tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s