– Pixies : un concert fort attendu… et apprécié

Pixies : « the Doolittle anniversary tour 1989-2009 » ce mercredi 14/10/09 à Forest National, Bruxelles.

C’est par une belle fin de journée ensoleillée et bien fraîche que je me retrouve devant Forest National, cette méga salle de concert pouvant accueillir 7000 personnes et que je dénigre depuis plusieurs années à cause de sa programmation inégale, de son accueil glacial et de sa capacité gigantesque. C’est que je suis plutôt une adepte des petits concerts ayant lieu principalement au Botanique ou à l’Ancienne Belgique (mais alors dans le Club) oscillant plus autour de la centaine de spectateurs que du millier. A l’annonce du concert des Pixies il y a quelques mois, le dilemme était grand ! Les Pixies, en concert, en salle, en Belgique, c’est assez rare et je ne les ai d’ailleurs vus qu’une seule fois, en 1990 (concert mythique, entre autre de par la présence du groupe Pale Saints qui en assurait la première partie). Je devais donc accepter le fait de me rendre à Forest National, de payer le prix fort et de me retrouver saucissonnée par la foule si je voulais revoir ce fabuleux groupe ! S’enchaînaient alors les sempiternelles questions de l’intérêt de revoir un « vieux » groupe qui a pris de la bouteille (surtout Black Francis), ou alors garder le souvenir de ce bon concert de 1990, ou bien prendre le risque de passer une horrible soirée et de ne plus jamais vouloir réécouter les Pixies par après ? Mais bon, la chair est faible et j’aime vraiment beaucoup ce groupe, la décision fut donc finalement vite prise et l’avantage de devoir acheter sa place 4 mois à l’avance faisait un peu oublier le prix salé du billet.

Je disais donc, me voilà devant ce bâtiment assez laid, impersonnel et encore plus défiguré par d’énormes panneaux publicitaires. Les marchands de hot-dogs, frites et autres sont au rendez-vous, les vendeurs de tickets au noir aussi (60€, je m’attendais à plus). Il fait froid, il y a beaucoup de monde et la mauvaise nouvelle tombe lorsque nous faisons la file pour rentrer : il y a déjà trop de gens au niveau de la scène, nous sommes priés de monter à l’étage. L’ordre est donné via un haut-parleur, et le nombre impressionnant de vigiles postés devant les entrées de la grande salle nous dissuade de tenter quoi que ce soit. Nous montons donc à l’étage pour nous apercevoir que la scène semble bien petite depuis tout en haut. Un groupe assurant la première partie et dont je ne connaîtrai jamais le nom entame une reprise quelconque des Beatles. Je ne décolère pas et refuse de rester à cet endroit, il y aura bien des gens qui préfèreront venir à ma place et je suis prête à tout tenter pour voir le concert dans de bonnes conditions. Nous voilà donc repartis dans les escaliers de Forest National à la recherche d’une porte ouverte, d’une âme sensible qui voudra bien nous laisser passer. Finalement, et j’avoue que ce n’est pas trop dans mon style de frauder, mais nous avons profité d’une entrée groupée pour nous faufiler à l’intérieur. Me voilà là où je voulais être, juste en face de la scène, debout et à l’endroit où le sol s’incline légèrement, petit truc lorsque l’on mesure moins d’1m70.

Il est 21h précises lorsque les lumières s’éteignent et que l’écran au-dessus de la scène s’illumine. Avant l’arrivée des musiciens, nous avons droit à plusieurs minutes de projection d’un monument du cinéma : « Un chien andalou » de Luis Buñuel, un choix tout à fait logique étant donné le lien direct entre la chanson Debaser , plage qui ouvre l’album « Doolittle », et ce film surréaliste de 1928.

« got me a movie
i want you to know
slicing up eyeballs
i want you to know
girlie so groovy
i want you to know
don’t know about you
but i am un chien andalusia
wanna grow
up to be
be a debaser, debaser »

Malgré la projection qui est censée faire patienter le public et laisser les musiciens s’installer, on sent une certaine tension monter dans la salle et c’est presque une libération quand enfin les quatre membres du groupe apparaissent sur la scène. Joey Santiago à gauche à la guitare, Frank Black au centre, Kim Deal à droite à la basse et David Lovering à la batterie. Ça y est, le concert démarre directement par quatre B-sides pas hyper connues. Drôle de manière d’aborder un concert de cette envergure et qui m’apparait plus comme un échauffement et/ou un sound-check live. Puis, enfin, l’écran affiche en tout grand « Doolittle », moment solennel dans la salle et j’ai quand même un petit peu la chair de poule. Et c’est parti pour les 15 morceaux d’un des meilleurs albums rock de l’époque. Les chansons s’enchaînent très naturellement (dans le désordre) et le public est propulsé vingt ans en arrière, sans le moindre mal… Debaser, There goes my gun, Wave of mutilation, Tame, Hey, Here comes your man ou Monkey gone to heaven furent les plus marquants. On pourrait presque leur reprocher un concert trop parfait ! Quelques petits clips viennent habiller le fond scénique, apportant un plus coloré et amusant consolant de par la même occasion aussi les personnes de petites tailles (comme moi). Pour certains morceaux, on se croirait plongé dans un plan langue tellement les gens reprennent toutes les paroles par cœur, et en chœur. Même si je déteste les grosses foules et les démonstrations de ce genre, il y eut quelques instants vraiment magiques. Par contre, on ne peut pas dire que Frank Black ait débordé de sympathie et surtout de communication envers son public. Seule Kim Deal, toujours aussi généreuse et rigolote, s’adresse à nous, annonçant plusieurs fois que ce soir, ils joueront l’intégralité de Doolittle ! Soirée exceptionnelle ou simple blague venant de la bassiste ? On ne le saura jamais. Quoi qu’il en soit, après une heure de concert, le groupe s’en va, nous saluant à la fois sur scène et sur l’écran (une vidéo ayant été spécialement réalisée pour dire au revoir aux gens). Tout allait devoir se jouer maintenant ! Allaient-ils revenir – on s’en doutait un peu mais rien n’est jamais certain venant de rockstars ! Le suspense n’est pas bien long, ils sont déjà de retour et c’est « Wave of mutilation, version UK-surf » qui ouvre ce rappel : un morceau que l’on venait d’entendre dans sa version normale durant la partie « Doolittle ». Voilà un groupe qui possède des dizaines de chansons et qui se permet de jouer deux fois le même morceau (mais les puristes diront pas de la même manière) durant le même concert… rock-and-roll attitude, je m’en foutisme ou pur plaisir ? Mystère et boule de gomme. N’empêche, au fur et à mesure que les morceaux s’enchaînaient, on sentait réellement une montée d’adrénaline parcourir la salle. Pour ma part, c’est  « Into the White » interprété par Kim Deal qui fut le moment clé de cette soirée : morceau long, répétitif, sombre, tout comme la scène submergée par les fumigènes. Le groupe en profite pour se replier une seconde fois dans les coulisses et nous laissent de longues minutes dans l’obscurité. Un second rappel me semble alors fort peu probable et mon intuition se confirme lorsque les lumières se rallument dans la salle. Mais oh, surprise, le groupe réapparait sur scène et reprend le concert toutes lumières allumées. Je suppose que c’est à la demande du groupe et si cela pouvait sembler gêner l’intimité (illusoire) du concert, cela permit à chacun de se rendre encore mieux compte de l’ambiance qui régnait et du monde présent ce soir. Et c’est sous les  morceaux du premier album « Surfer Rosa » que les Pixies finiront ce concert : Vamos, Gigantic et Where is my mind pour terminer en beauté…

J’ai quitté la salle avec des « ho, ho » dans la tête et je ne regrette pas d’être venue.

Alors, un bon concert ? Un excellent concert !

Brigitte Segers

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