– Les clés du rock (12) : Divine Comedy

Divine Comedy c’est l’histoire d’un mec…. Neil Hannon, qui en est le membre unique permanent, mais aussi le compositeur, l’auteur et  l’interprète.
Un peu d’histoire : Neil Hannon est Irlandais, il apprend le piano et la théorie musicale jusqu’à l’adolescence, ensuite il s’achète une guitare électrique pour plaire aux filles. En 1989, il crée Divine Comedy (en référence à « La Divine Comédie » de Dante) avec lequel il publie un disque qu’il va très vite renier, et tant qu’il y est, il va aussi dissoudre le groupe, et je n’en parlerai donc pas.
Dorénavant Divine Comedy sera Neil Hannon entouré de musiciens plus ou moins permanents qui iront et viendront au gré des envies et des besoins du leader (enregistrements ou concerts). Ce musicien parviendra à marier parfaitement la pop et l’easy listening, et il en énervera plus d’un avec son côté emprunté. 

En 1993, sort le premier « vrai » album de Divine Comedy : Liberation.
Un disque classieux pour lequel il s’est entouré de cordes. Derrière cette pop emphatique qui, d’un premier abord peut aussi paraitre snob se cache un vrai talent littéraire.    
Neil Hannon  figure sur la pochette avec le costume, la cravate, les lunettes solaires et la petite coupe de cheveux bien nette. Ce look de dandy fait  partie de sa personnalité, autant que sa voix de crooner, ses musiques empruntées, ou son incorrigible narcissisme (des photos posées de lui sur toutes ses pochettes) . Une personnalité très marquée, on comprend facilement qu’il veuille tenir entièrement les rènes de Divine Comedy. A retenir : le mini tube « The pop Singers Fear of the Pollen Count », ou « The Queen of South » ou… ne soyons pas mesquins, toute la fin de l’album carrément!  Voici une version…mmm, disons Karaoké de « The pop singers….. »  

Promenade en 1994 succède à Liberation. Concept album avec lequel il continue son exploration des mélanges de sonorités pop et classiques en utilisant la guitare, la batterie ou le piano mais également le violon, le cello, le cor anglais ou le hautbois …et  toujours sur une trame littéraire dramatique et romantique tout à la fois. Mais il conserve encore une certaine sobriété quant aux arrangements, par rapport à ce qu’il va produire ensuite.  Il intercale des extraits de films, notamment un sample de la voix d’Audrey Hepburn dans  « Funny Face » en intro pour « The Booklovers », sorte de longue litanie où il cite les noms des grands auteurs sans discontinuer tout au long du morceau, sous forme d’hommage. Petit à petit il intègre des notes d’humour dans ses textes. Ici, tout est bon ! rien à jeter.

Casanova  sort en 1996 il se dirige de plus en plus vers l’easy listening. Divine Comedy commence à toucher un plus large public grâce au single «  »Something for the Weekend ». Neil Hannon  y va de plus en plus de sa voix de crooner, il s’entoure carrément d’un orchestre au grand complet. Pour la petite histoire, ce disque à coûté un pont au label Setanta qui a pu couvrir les frais  de Casanova grâce à l’argent rapporté un an plus tôt par Edwin Collins et « A Girl Like You ».  Il  louche un peu vers la musique cabaret avec « Charge » , et même s’il frôle le mauvais goût du doigt, il le fait toujours en gentleman with a certain touch ! . « A Woman of the World » aurait été digne de Burt Bacharach !

A Short Album About Love ; 1997. Alors là, il me prend vraiment par les sentiments !. Un mini-album avec sept chansons d’amour publié le 14 février 1997 !. Court mais tellement bon. Si je me prête au jeu de Rob Gordon (High Fidelity livre culte de Nick Hornby et film de Stephen Frears) je le met clairement en première position du hit parade des disques à ne jamais écouter après une rupture amoureuse, ou même les soirs de pluie !  Bon, trève de bla bla revenons à ce disque : une fois de plus il s’entoure d’un orchestre, il s’agit ici du Brunel Ensemble, il rempile donc avec le lyrisme de haut vol, les violons et le liquoreux mais avec quel talent !   

Avec Fin de Siècle en 1998, il termine son contrat chez Setanta. Un album assez mal accueilli par la presse. On en revient à un programme de pop épique et colorée avec des fioritures à la harpe ou au clavecin, et toujours des choeurs et un orchestre symphonique auquel il ajoute, modernité oblige, une petite dose d’electronique. Ceci dit, si la presse a dénigré « Fin de Siècle », ce ne fût pas le cas des amateurs de Divine Comedy. C’est à dire des gens qui écoutent de la pop, ou du rock radical  mais qui ont aussi les oreilles suffisament réceptives pour se rendre compte que l’easy listening, les violons, le lyrisme peuvent aussi révéler du talent, de la diversité, de la noirceur et de la controverse. Voyez Marc Almond, ou Scott Walker !  .    

Suivront « Regeneration » en 2001, « Absent Friends » en 2004 et « Victory for the Comic Muse » en 2006 et une compilation « A Secret Story » en 1999. Tous ces disques sont évidemment bien, mais dans la suite logique de sa discographie. Si vous l’avez appréciée, alors lancez-vous !

 Il a participé à « Fictions » de Jane Birkin , et à « 5:55 » de Charlotte Gainsbourg,  pour laquelle il a écrit « The Song That we Sing » avec Jarvis Cocker, un autre crooner et entertainer de premier ordre dont je vous parlerai une autre fois.

Pour terminer ce focus sur Divine Comedy, je ne peux m’empêcher de parler de ses concerts. Parce que, oui le dandy sort de son salon Louis- Philippe pour se présenter en public. Je l’ai vu aussi bien au Bota qu’à Dour, et à chaque fois il a montré un vrai talent d’entertainer, il chante, raconte des historiettes et même des blagues, et il laisse le public rentrer chez lui avec une humeur qui tangue entre le rose et le noir.

Publicités

A propos La média de bxl

La médiathèque de Bruxelles Centre : un repaire de découvertes et de passions. Nous aimons les musiques, les films, le multimédia. dans tous les genres, tous les courants. A la recherche de titres précis ou envie de découvertes ? Nous vous proposons plus de 100.000 titres musicaux et audiovisuels en accès direct, ainsi que des sélections ciblées. La médiathèque, c’est cinquante ans d’histoires culturelles enrichies au quotidien par des mélomanes et cinéphiles rodés au défrichage de répertoires et tendances sans cesse renouvelées. Bienvenue !
Cet article, publié dans Brigitte Molenkamp, Les Clés du rock, Pop Rock, est tagué , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour – Les clés du rock (12) : Divine Comedy

  1. La média de bxl dit :

    Fin de Siècle passe encore très bien pour moi, mais c’est vrai qu’après ça…. c’est de la redite plutôt en manque d’inspiration nouvelle

  2. Jean-Grégoire dit :

    Oui, la discographie est impeccable de Liberation à Casanova : tout est très bon !

    Et au niveau concert ce fut également de la bombe ! Je me souviens d’une retransmission à l’époque de Liberation chez Lenoir sur France Inter avec une version à tomber de ‘A Drinking Song’. Et également d’un concert à la Cigale, époque Casanova’ qui fut l’un des plus plaisants auxquels j’ai eu la chance d’assister.

    Depuis il a tenté de sortir de son cadre sur Fin de Siècle et Regeneration, plus conventionnellement pop/rock mais surtout très plats, tandis que Absent Friends est une très jolie coquille vide et Victory for the Comic Muse est vraiment très raté : l’inspiration est en baisse !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s