– Nicola Matteis, The False Consonances of Musick

Quand les sciences s’appliquent à expliquer le Monde, à en supputer, en démonter les mécaniques complexes, à dégager les règles qui en régissent le fonctionnement, elles butent sans cesse contre des paradoxes qui titillent la réflexion, à la recherche de cette vérité, toujours en quête d’elle-même, survivant dans une éternelle aporie qui elle-même titille la réflexion, à la recherche de cette vérité… L’Art sait cela, qui par essence est visionnaire,  serpente et creuse  librement autour et  au-delà de la pensée.

Ainsi semble-t-il que  Nicola Matteis  compositeur, violoniste et guitariste virtuose, fut un de ces artistes visionnaires et libres.  En pleine connaissance des styles et des  formes harmoniques de son époque, il écrira en 1682 un traité de basse continue pour guitare intitulé « The False Consonances of Musick » , se jouant par son inventivité musicale et son esprit singulier des règles formelles de son époque.

Le livret de ce merveilleux album nous parle d’ un homme fantasque,  au caractère ombrageux et à l’esprit insaisissable et l’on plonge comme dans un bon roman à la poursuite de ce personnage, dans l’imaginaire de cette vie dont on ne sait pas grand chose  si ce n’est que Matteis est né à Naples, qu’il a beaucoup voyagé, voire vagabondé, qu’il était un virtuose reconnu de la guitare et du violon et qu’il vécut, composa et publia à Londres où il connut le succès avant de s’éteindre dans l’oubli…

Mais l’œuvre  était là, dans l’attente patiente des temps lointains… jusqu’à ce qu ‘on la découvre, qu’Amandine Beyer soit envoûtée par cette musique qui, écrit-elle « oscille toujours entre la certitude et la magie, le connu et l’impalpable« . Les 40 pièces qu’elle interprète accompagnée de son ensemble, Gli Incogniti, sont issues des livres d’Ayres pour violon que le compositeur publia entre 1676 et 1685. Outre le caractère singulier de ses compositions, l’artiste leur donnait souvent des noms fantaisistes tels que « Bizarreries », « Mouvement inconnu », « Courte fugue par manque de papier »… Et c’est une musique pleine de couleurs, charmante et malicieuse, rythmée, nerveuse, mélancolique parfois, qui déploie un éventail de formes familières mais réinventées  par  l’inspiration originale du compositeur.

Le talent et la sensibilité artistique  d’Amandine Beyer et de Gli Incogniti nous ouvrent les portes du monde de Matteis, un monde où il est bon de se promener, de danser et de songer…

Matteis, False Consonances of Melancholy, Ayres for the violin, BM 3063

Françoise Vandenwouwer

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