– Les clés du rock : le label Warp vol.1 (Les compilations et les premiers pas)

 

Suite au dossier consacré au label « Warp » dans la Sélec du mois de février, je me suis dit que ce ne serait pas mal de vous proposer un parcours dans cette collection de disques.  Je vous parlerai de la partie dite « Electro » du label, en ce qui concerne le hip hop, l’acid jazz, le rock ou le folk, la présentation se fera ultérieurement. Dans ce premier chapitre il s’agira surtout des compilations, et des pionniers du label, les chapitres suivants concerneront les artistes qui ont  fait avancer le schmilblick des musiques électroniques.
Cet article fait partie d’une série de quatre. Ce que vous ne trouverez pas dans l’un, vous l’aurez dans l’autre. Enfin je l’espère ! Si vous avez des remarques ou des questions, elles sont les bienvenues soit par le biais du blog, soit directement au bureau rock de la média de BXL.

« Pioneers of the Hypnotic Groove«  – 1989-1991.
Vous y trouverez  tous les premiers enregistrements faits par le label. Il s’agit en général de singles. Le disque  s’ouvre d’ailleurs sur le tout tout premier single « Track With No Name » de Forgemasters, trio de Sheffield, un titre financé par une subvention aux entreprises, tiré à 500 exemplaires. On y trouve également le premier single de Nightmares on Wax qui continuera une carrière ultérieurement. Mais il y a surtout des entités qui se limiteront finalement à une poignée de singles et en resteront là avec leur carrière. En écoutant le cd, vous serez surpris d’entendre principalement de la body music, de la new beat et de la techno binaire.  C’est tout simplement parce que c’était la musique de l’époque, braves gens ! Warp était un label naissant et publiait les musiques du moment, mais c’est vrai que très vite, ils se sont mis à défricher des musiques plus innovantes et d’avant-garde.

« Artificial Intelligence » – 1992
« Artificial Intelligence II » – 1994
Une série de deux compiles éditées pour montrer que les musiques électroniques pouvaient toucher autant, sinon plus, le cérébral que le physique.  L’écoute de ces disques est conseillée pour vous accompagner lors d’un long voyage, ou pour regarder les étoiles par une belle nuit d’été ; pour illustrer ces propositions ,on peut observer sur  la pochette du premier volume un personnage installé confortablement dans un fauteuil face à une chaîne hifi, et les disques de Pink Floyd ou Kraftwerk qui jonchent le sol.
Au niveau de la programmation musicale sur ces deux disques, nous y trouveront les premiers titres de Autechre,  Speedy G, Alex Paterson avant de faire partie de The Orb ou de Richie Hawtin sous le nom de Up !, mais aussi Beaumont Hannant ou Higher Intelligence Agency qui retomberont assez vite dans l’anonymat. Ces  cd’s sont le résultat d’une récolte de singles vinyl parus précédemment.

« We Are Reasonable People » – WAP100 – 1998.
Album édité à l’occasion de la 100 ème publication du label. Sur ce disque,vous découvrirez 12 titres totalement inédits, enregistrés spécialement à cette occasion. On y retrouve les habitués comme Nightmares on Wax, Boards of Canada ou un formidable titre de Broadcast : « Hammer Without a Master » . Mais aussi un duo Squarepusher / AFX.
Notez que l’initiale de chaque mot du titre représente WARP ! Mais vous le saviez ça bien sûr ! Je suis bête !

« Influences » – 1986-1990
« Classics 89-92 » – 1989-1992
« Remixes » – 1990-1998
Série de trois double cd’s racontant un peu l’histoire du label en musique, si je puis dire. Elles ont été éditées pour les
10 ans du label. Vous remarquerez la déclinaison des graphismes de pochettes. Une merveille !
« Influences » est un rassemblement de morceaux electro, acid house, un peu d’electro funk, un peu d’indus aussi. Il y a des exemples anglais et américains.  On y trouve entre autres le fameux « Acid Tracks » de Phuture – considéré comme le premier morceau d’acid house.  Ce sont des morceaux enregistrés entre 1986 et 1990, ils ont inspiré Steve Beckett et Rob Mitchell à monter leur label, ils les ont donc compilés ici. Les bases et les racines de l’Intelligent Techno se trouvent dans cette petite boîte.
« Classics 89-92 » reprend les meilleurs titres des 10 premières années. Ce cd rejoint les « Artificial Intelligence », et en  écoutant tout ça aujourd’hui on se dit : »Bon sang, mais comme c’est moderne ! Pas une ride ».
« Remixes » pour clôturer la trilogie. Voici les remixes, des réécritures en somme. On y entend des titres originaux de Autechre, LFO, Seefeel, Sweet Exorcist…. refaits par Stereolab, Luke Vibert, Jimi Tenor….  soit des artistes du label revus par d’autres qui eux n’en font pas forcément partie mais qui en ont l’esprit comme Four Tet par exemple. Ce travail offre un air de renouveau, un autre angle de perception  parfois inattendu mais très souvent ,si pas toujours, pertinent.

Nightmares on Wax – C’est George Evelyn alias Dj Ease. Il porte bien son nom, il mixe plutôt des musiques cool, soft, lounge, inspirées de l’acid jazz et du trip hop. Il a aidé à la propagation des premiers artistes du label puisqu’il les passait dans les clubs où il mixait.
« A Word of Science » – 1991. Si je vous parle de ce disque, c’est plus parce qu’il est le Warp n°4 qu’autre chose, il est également un des premiers exemples de la vague down tempo qui a débarqué au début des années nonante avec Kruder and Dorfmeister, et plus tard Tosca ou Sofa Surfers. Il n’est pas forcément intéressant ni inoubliable. Mais c’est un bon exemple.

Sweet Exorcist C’est sous ce nom que se cachent Richard H. Kirk et Richard Barrett alias Dj Parrot. Ils sont loin d’être manchots ces deux là.  Richard H. Kirk, artiste issu de Sheffield,  membre fondateur du trio Cabaret Voltaire – un des premiers groupes phares de la musique industrielle – considéré comme l’un des pionniers de la musique electro-techno-indus, il a une culture musicale gigantesque.  Barrat est dj activiste de la scène de Sheffield et très connaisseur de la musique de Chicago, New-York et Detroit. Leur album  C.C.E.P –  changé en C.C.C.D à sa sortie en cd – fut le premier publié par Warp. Voici une vidéo réalisée par Jarvis Cocker – chanteur de Pulp : Testone, le premier single de Sweet Exorcist.

C.C.C.D – 1990.  C.C.C.D veut dire « Clonks Coming Cd », une petite blague par rapport aux musiques électro qui faisaient « Bleep » jusqu’à présent, les Sweet Exorcist  ont annoncé que les bleeps étaient terminés et que dorénavant  le nouveau son serait clonk, inauguré par eux !

A suivre….

A propos La média de bxl

La médiathèque de Bruxelles Centre : un repaire de découvertes et de passions. Nous aimons les musiques, les films, le multimédia. dans tous les genres, tous les courants. A la recherche de titres précis ou envie de découvertes ? Nous vous proposons plus de 100.000 titres musicaux et audiovisuels en accès direct, ainsi que des sélections ciblées. La médiathèque, c’est cinquante ans d’histoires culturelles enrichies au quotidien par des mélomanes et cinéphiles rodés au défrichage de répertoires et tendances sans cesse renouvelées. Bienvenue !
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