– Bifff, au jour… la nuit (3) : samedi 10 avril 2010

Je me dirige une fois de plus, en fin d’après-midi, vers le site de Tour & Taxis pour assister aux séances de 18h, 20h et 22h. Il fait à nouveau beau, quelle chance !

Sur le site, de nombreuses personnes ont particulièrement très mauvaises mines, dans le genre complètement défraîchies, voire mortes… il faut dire que  cette après-midi se déroulait la troisième ‘zombie parade’, et que j’avais devant moi les « restes » du défilé. Ce soir, c’est la « nuit fantastique » et gageons que demain, il y aura de vraies zombies dans l’assistance…

La file pour le film de 18h est énorme, étonnante même. Il faut dire que les films projetés en cours d’après-midi ont accumulé une demi-heure de retard, ce qui explique le trop plein de monde. Qu’à cela ne tienne, il y a toujours de quoi faire, voir ou lire durant l’attente. J’en profite donc pour me balader sur le site, jeter un œil aux expositions. J’ai même envie de me prendre un apéritif chez Monsieur Jeff Maitrank mais je dois être forte si je veux rester éveillée jusque passé minuit.

Christopher Roth de Max Sender (2009)

Un film belgo-italo-roumain ? Aïe, pensais-je déjà… ce genre de co-co-production sonne souvent faux. Mais l’équipe chaleureuse du film, présente sur scène, nous explique les déboires financiers qu’ils ont du affronter et semblent prêt à tout pour défendre leur film. C’est déjà bon signe.

Christopher Roth est le nom d’emprunt d’un écrivain américain qui a acquit une certaine notoriété dans le milieu des romans noirs. Mais voilà, il en a un peu marre, à l’impression de tourner en rond et une mauvaise critique de son dernier livre lui donne envie de changer complètement de registre. Son éditeur ne l’entend pas de la même oreille, et le pousse à prendre de longues vacances avec sa femme dans un pays lointain pour faire le vide dans sa tête. Ils choisissent donc l’Italie et une belle grande maison perdue au milieu de nulle part. Mais à peine les valises posées, Christopher Roth n’a pas le temps de se retourner que déjà, des meurtres ont lieu dans la région. Il se met alors à fantasmer sur ces mystérieuses tueries jusqu’au jour où il se retrouve lui-même en victime.

Hmm, que dire sur ce film ? Inégal de bout en bout. A mon avis, ce qui cloche en premier, c’est l’acteur portugais Joachim de Almeida, qui sur-joue totalement. L’autre raison, c’est la différence de rythme entre certaines scènes. Un festivalier ne s’y est pas trompé en criant « quelle belle scène de remplissage » suite à une séquence montrant le couple préparer un repas de pates, on se serait cru dans une comédie romantique de Nora Ephron, une scène complètement inappropriée par rapport au reste de l’histoire. Néanmoins, il y a quelques beaux meurtres dont une scène esthétisante à souhait (avec le sang bien rouge qui coule sur le carrelage bien blanc) mais pas suffisante pour en faire un « bon » film. De plus, l’idée de l’écrivain de roman policier qui se retrouve piégé à cause de ses histoires, on a déjà vu, vu et revu… Enfin, il serait temps aussi d’innover un peu dans la création du personnage du méchant. Dans le temps, le mauvais, c’était celui qui fumait, maintenant, c’est celui qui est toujours défiguré, ça commence à bien faire…

Solomone Kane de Michael J. Bassett (2009)

Ha ! un film d’Heroic Fantasy, ça va nous faire du bien. C’est que l’affiche de Solomon Kane nous prédit un bon moment de rigolade et est déjà estampillée Bifff, c’est certain.  De plus, le réalisateur a mangé de la vache enragée avant de monter sur scène, et se lance dans une chanson (dont j’ai oublié le titre) en empruntant un spectateur dans la salle pour remplacer certaines paroles par des cris… Ne jamais se mettre au premier rang !

Solomon Kane est un méchant guerrier, qui a été contraint de quitter son royaume et s’est réfugié dans la violence des combats. Mais un jour, après avoir affronté le Diable en personne qui a tenté de lui voler son âme, Solomon Kane fait un trait sur sa vie de barbare et se réfugie sous la protection de Dieu, devenant un gentil puritain. Pourtant, il sera amené à réendosser son armure pour nous délivrer des forces du mal…

Haaa, du sang, des boyaux, de la rate et du cerveau…

Pour ceux qui ne le connaissent pas, Solomon Kane est un personnage créé par Robert E. Howard, le même qui avait donné naissance, entre autres, au personnage de Conan le Barbare.

Solomone Kane, c’est du 100% testostérone avec des gros bras poilus, de très grosses épées, des méchants avec de vraies têtes de méchants, des diableries et une bonne ambiance dans la salle. Moi qui ne suis pas du tout aficionados de ce genre, j’ai passé un très bon moment. Au moins, on n’est pas volé sur la marchandise.

Entre deux films, je tente mon premier hot-dog du Festival et je dois dire que l’expérience fut surprenante ! Si vous recherchez un truc pour rester éveillé plusieurs jours d’affilé, je vous conseille la moutarde du stand Hamburger-Boudin-Saucisse, vous m’en direz des nouvelles. Personnellement, je n’avais plus eu cette sensation de picotement dans le nez depuis qu’on m’a cautérisé les polypes du nez en 1977 ! Ca arrache les gars, faites surtout attention aux yeux, ça pique un peu !

The Door de Anno Saul (2009)

Après cette expérience culinaire revivifiante, nous voilà une fois de plus dans la salle.

Avec un titre pareil, on aurait pu s’attendre à un maximum de blagues durant la projection, mais finalement et heureusement, une fois le premier « ta gueule » expédié à l’annonce du film, un silence presque religieux s’est très vite installé.

Alors que David (Mads Mikkelsen) est en vadrouille extra-conjugale, sa petite fille Léonie, laissée sans surveillance, finit noyée dans la piscine. Retenez bien la leçon du jour : il faut toujours faire ses lacets !

C’est alors que l’on retrouve David cinq plus tard, meurtri par la culpabilité et qui n’est plus que l’ombre de lui-même. Lors d’une soirée bien arrosée, il découvre une porte menant à un passage secret qui le conduit dans un quartier identique au sien et aperçoit son double se diriger vers la maison de la voisine, ainsi que sa petite Léonie qui court tout droit vers la piscine. David est en train de revivre la scène qui s’est déroulée cinq ans auparavant, sauf qu’il est cette fois capable de sauver sa fille de la noyade. C’est alors qu’il se retrouve nez à nez avec son sosie… S’en suit une bagarre au court de laquelle David fraichement arrivé tue celui cinq ans plus jeune. Il ne lui reste plus qu’a prendre sa place au sein de sa famille reconstituée. Evidemment, il n’est pas le seul à découvrir cette porte sur le passé et le quartier va très vite être surpeuplé…

Voilà une variation fort intéressante et pour une fois originale sur le thème du voyage dans le temps, ainsi que du sosie, ou doppelgänger pour les allemands. Ici remonter le temps implique impérativement qu’il faille supprimer son double et devenir un meurtrier. En général, l’apparition d’un doppelgänger annonce une mort prochaine de l’original, sauf qu’ici, on se trouve du côté du doppelgänger, et non face à lui. The Door est un film de genre fantastique, très beau car Anno Saul y ajoute une dimension romantique qui rend l’histoire encore plus attachante.

Pour ma part, c’est déjà un coup-de-cœur de cette sélection 2010.

C’est sur qu’après un film pareil, je ferai au moins de beaux rêves (courts mais beaux).

Brigitte Segers

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