– Bifff, au jour… la nuit (7) : mercredi 14 avril 2010

« Tuer encore !… Jamais plus » me suis-je dit ce matin au réveil. Cela fait plusieurs jours que j’assiste à trois films d’affilé, ajoutez à cela la rédaction de ces chroniques parfois après les séances, et on peut alors dire que mes nuits sont plus courtes que mes jours. Et comme chaque année, la transformation est prévisible et attendue, c’est officiel, ce mercredi matin, je suis un zombie qui, rassurez-vous, ne se nourrit pas de chair humaine, mais uniquement de biscuits, de hot-dogs (sans moutarde) et de Cuvée des Trolls… si ma maman savait ça…

J’arrête aussi de dire qu’il fait beau, ça va finir par me porter malchance… mais effectivement, il fait beau ! Les festivaliers commencent aussi à accuser le coup, ils essayent de récupérer quelques vitamines perdues en s’installant au soleil entre deux séances. Et l’odeur d’oignons frits à définitivement pris possession de l’endroit. Moi je dis, pas de Festival sans pain-saucisse, c’est comme Starsky sans Hutch, R2D2 sans C3PO, Robin sans Batman… ou sans son bois !

Outcast de Colm McCarthy

Quatre membres de l’équipe sont présents sur scène pour parler de leur film irlandais Outcast. Le réalisateur, Colm McCarthy, nous explique qu’il a eu envie d’exploiter les quartiers pauvres et isolés de la ville d’Edimbourg afin d’accentuer le sentiment d’horreur à l’histoire.

Nous sommes donc quelque part à Edimbourg, dans des habitations sociales. Le jeune adolescent Fergal emménage avec sa mère Jilla, une femme mystérieuse, qui, à peine arrivée sur les lieux, re-décore l’appartement à coup de symboles magiques peints avec son propre sang. Glauque… Quant à son fils, elle lui a formellement interdit de fricoter avec la jolie voisine Petronella, sous peine d’avoir de très gros ennuis par la suite. Ailleurs, un homme se fait tatouer le dos afin de pouvoir accéder à des pouvoirs surnaturels qui lui permettront de traquer la bête.

Cela doit vous sembler un peu compliqué, mais si je vous en dis plus, vous n’aurez plus l’effet de surprise. Outcast m’a laissé une bonne impression ; surtout au niveau de l’ambiance générale dans laquelle baigne tout le film. Magie noire, divination, sorcellerie, sacrifices, et un monstre très vilain qui traine dans le coin à la recherche de chair fraiche. Déroutant… Petite mention spéciale pour la musique qui apporte une dimension supplémentaire à cette sensation poisseuse. Un premier long métrage prometteur.

Thirst de Chan-Wook Park

Deuxième apparition sur scène de Dee Wallace (voir l’ouverture) qui est toujours aussi contente d’être là. Pour preuve de son enthousiasme, elle nous offre un cri mémorable (mon oreille gauche en siffle encore). Et comme a chaque fois qu’un invité se présente sur scène, Dee Wallace s’exécute et se lance dans l’interprétation de la chanson que Marilyn Monroe avait offerte au président JFK (Happy birthday mister président).

Les réalisateurs coréens nous ont habitué à un cinéma de qualité, par ailleurs souvent teinté de fantastique et cette dernière réalisation de Chan-Wook Park en est une fois de plus la preuve tangible.

Vous l’aurez remarqué comme moi, le thème du vampirisme a le vent en poupe actuellement ! De l’amourette pour adolescents dans Twilight, à la série tv True blood, en passant par l’adaptation d’un manga Blood : last vampire, une incursion futuriste Daybreakers, ou, beaucoup plus poétique, le magnifique Let the right one in, les buveurs de sang ont la cote !

Jeune prêtre coréen, Sang-hyun veut se dévouer un peu plus à la cause humaine et offre son corps à la science pour tester un vaccin expérimentale contre un nouveau virus mortel.Alors qu’il est déclaré mort, une dernière transfusion sanguine le ramène miraculeusement à la vie. C’est alors que Sang-hyun voit son comportement changer et se transforme petit à petit en vampire…

Un synopsis peut révélateur et qui n’est absolument pas à la hauteur du film. Chan-Wook Park, qui a révélé son talent dans la trilogie de la vengeance – Sympathy for Mr Vengeance (2002), Old Boy (2003) et Lady vengeance (2005) – nous offre ici une adaptation très libre du roman « Thérèse Raquin » d’Emile Zola. L’intégration du thème du vampirisme donne évidemment un sacré coup de fouet à l’histoire originale…

Il m’est relativement impossible d’analyser en profondeur ce film, vu le temps accordé à l’écriture de ces chroniques rapides et l’impossibilité pour moi de revisionner le film pour le moment. Je dirais simplement que tout est recherche dans ce dernier film et qu’il mérite une relecture pour en analyser certains détails importants… faites par exemple attention à l’évolution vestimentaire du prêtre tout au long du film, que se soit au niveau des couleurs ou des habits. Même constat par rapport au décor de l’appartement. Tout cela menant vers un climax final de plus en plus lumineux, et complètement à contrario de l’association entre vampire et lumière du jour…

Un film présenté en compétition au Festival de Cannes en 2009.

Brigitte Segers

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