– Hot 8 Brass Band – Rock With The Hot 8

Cette fanfare mélange allègrement les inspirations jazz, funk et hip-hop à la tradition des orchestres de cuivres de leur ville d’origine : la Nouvelle-Orléans. Le groupe fut fondé en 1995 par trois amis : Bennie Pete (tuba), Jerome “Bay Bay” Jones (trombone) et Harry “Swamp Thang” Cook (grosse caisse), et regroupa les musiciens de deux anciennes formations locales : la « Looney Tunes Brass Band » et la « High Steppers Brass Band ». Il est question ici de leur premier album, paru en 1997 sur le label anglais Tru Thoughts, connu pour ses productions trip-hop, broken-beat et funk, et ses artistes renommés comme Quantic, Bonobo, Alice Russell, Freddie Cruger, ou encore the Bamboos.

L’album s’ouvre sur une réinterprétation festive et énergique du « tube » sans intérêt de Snoop Doggy Dog « What’s My Name? » (qui samplait l’excellent « Atomic Dog » de George Clinton), en remplaçant les paroles originales par « Rock With The Hot 8 » et en y ajoutant des solos de cuivres irrésistibles. Le dosage entre les éléments jazzys et l’énergie funky des compositions, renforcée par les cœurs rappés prend toute son ampleur dans le deuxième morceau « It’s real ». « Fly away » fait plus la place aux influences jazzy de leur ville, et flirte clairement avec le negro-spiritual.

Mais le  sommet est atteint selon moi par la reprise du classique de Marvin Gaye « Sexual Healing » dont voici une version en concert :

A noter également, le majestueux « Rastafunk » qui est un reggae doté d’une tendre mélancolie qui doit beaucoup au blues, et peut-être à la dureté et la violence de la vie pour les jeunes de la Nouvelle-Orléans. Trois membres du groupe ont été tués violemment ces dernières années : En 1996, le trompettiste de 17 ans Jacob Johnson, retrouvé abattu dans sa maison, en 2004, le tromboniste Joseph « Shotgun Joe » Williams, abattu par la police qui prétexta la légitime défense malgré plusieurs témoins oculaires affirmant qu’il était désarmé et ses mains en l’air et en 2006, le batteur Dinerral « Dick » Shavers de 25 ans fut tué par erreur dans une fusillade.

Malgré la douleur et la difficulté, ce disque est un hymne à la joie de vivre et aux moments partagés, il est un vrai remède à la morosité ambiante.  A prescrire urgemment donc !

Samuel Mussen

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