– Festivals d’été – Esperanzah!

Et nous enchaînons avec le festival Esperanzah! qui se déroulera du 06 Aout au 08 Août à Floreffe près de Namur.

Il est difficile de vous parler de tous les artistes programmés lors de ce festival tant leur programmation est riche. C’est pourquoi je ne vous parlerai pas de Daara J Family, ni de Hocus Pocus, ni du Peuple de l’Herbe qui passent le vendredi 06 août mais plutôt de Baloji qui sera également de la partie pour l’ouverture des festivités. Initialement membre du groupe de rap Starflam, il sort un premier album solo en 2008, « Hotel Impala« , dans lequel il effleurait déjà ses origines congolaises.

Baloji ressent le besoin de retourner sur la terre qui l’a vu naître et dont il a été brusquement déraciné à l’âge de 3 ans. Il se rend donc au Congo pour travailler sur son nouvel album avec des musiciens locaux comme Konono n°1 ou La Chorale de la Grâce. De ses pérégrinations spirituelles et musicales va naître un deuxième opus, « Kinshasa Succursale« , sorti en janvier 2010. Dans ses valises, Baloji a ramené de nouvelles sonorités comme la rumba, le ska, le reggae et le funk nigérian, sons qu’il incorpore à des textes toujours aussi mordants. Sur scène, il sera accompagné par un orchestre de rumba congolais qui balance.

Abraham Inc. est une formation assez improbable composée de David Krakauer, clarinettiste de Klezmer (tradition musicale des Juifs ashkénazes, juifs d’Europe centrale et orientale), de Fred Wesley, tromboniste de jazz et funk (qui a notamment collaboré avec Count Basie et James Brown), et de SoCalled, Dj québécois et créateur du Klezmer-Hip-Hop. La formation donne à écouter une musique hétéroclite et haute en couleurs : la section cuivre, emmenée par Fred Wesley, se superpose aux samples de Socalled et au klezmer remuant des musiciens de Klezmer Madness, groupe de David Krakauer. Abraham Inc. ou comment la musique traditionnelle ashkénaze se mêle au groove afro-américain. Ca va swinguer…

Passons maintenant au samedi. Non, je ne vous parlerai pas d’Oli Cima, ni de Chico Trujillo, de Mouss et Hakim et de Ojos de Brujo non plus, mais bien de Klezmic Zirkus, quintet d’Aurélie Charneux, clarinettiste et compositrice, entourée d’un accordéoniste, d’un contrebassiste, d’un tromboniste, d’un batteur. Vous pourrez tanguer ou vous trémousser sur une musique klezmer (puristes s’abstenir), qu’ils assaisonnent d’influences balkaniques, d’airs jazzy  et d’une touche de guitare électrique nerveuse qui vient bousculer ce cocktail festif et enivrant.

Si vous n’avez pas pu la voir au Sfinks festival, vous pourrez vous déhancher sur les rythmes afro colombiens de cette jeune septuagénaire, Toto La Momposina. Elle pose sa voix sur un feu d’artifice musical où se côtoient les chants des anciens esclaves africains, le mysticisme indigène et les influences ibérico-mauresques. Son nouvel album « La Bodega » offre un voyage d’une force revitalisante. Laissez-vous ensorceler par cette grande dame de la musique colombienne et ses 12 percussionnistes.

Et les Staff Benda Bilili, ces artistes hors normes, qui vivaient dans les rues de Kinshasa, grattaient tous les après-midis leurs instruments jusqu’au jour où ils sont remarqués par deux documentaristes, Renaud Barret et Florent de la Tullaye, ceux-là même qui ont réalisé le documentaire dans les ghettos de Kinshasa, à la rencontre de ces innombrables musiciens qui se battent pour sortir du néant , « La danse de Jupiter ». Et c’est de fil en aiguille que le producteur belge, Vincent Kenis (qui a également découvert et produit Konono n°1, Kasaï AllStar et les Congotronics) du label Crammed disc, leur fait enregistrer leur premier album « Très très fort« , sorti en 2009. En voici un aperçu.

Nous voici arrivé au dimanche et dernier jour du festival. Je ne pourrai pas vous parler de tous, encore une fois, mais dans mon choix, nous passerons par la salsa colombienne pour ensuite se tourner vers du jazz éthiopien et terminer par la fièvre balkanique.

Leur version de la panthère rose, la « pantera mambo », a fait danser jusqu’au Japon avant qu’une maison de disque ne s’intéresse à eux. Composé de jeunes musiciens venus du rock comme du classique en passant par le ska le funk ou le jazz, La-33, tire son nom d’une rue de bogota où le combo a son local de répétition et ils ouvrent la voie à une scène salsa alternative en pleine expansion. En 2007, leur second opus, « Gozalo« , est élu meilleur album de l’année par la prestigieuse revue colombienne Semana. La-33 s’inspire des grands orchestres de salsa made in New York (piano, congas, trompette, saxo,…) et dépoussière la salsa dura des seventies. Surnomés les rockeurs de la salsa, ces musiciens colombiens et leurs rythmes latin-jazz endiablés feront monter la température avec élégance et panache. Un avant goût…

Et la température montera encore de quelques degrés avec Getatchew Mekuria & the Ex. Guetatchew Mekuria, surnomé le « Negus du Saxophone » est considéré comme le plus grand musicien de jazz éthiopien. Ce visionnaire (il est pionnier du free jazz), s’est inspiré du shellele, un chant guerrier traditionnel, pour créer un style musical unique. C’est en 2004 que le groupe punk-garage, The Ex, le sollicite pour venir partager la scène avec eux le temps d’une soirée à Amsterdam. Ce qui déclanchera l’enregistrement d’un album, Moa Anbessa, qui est sorti en 2007. Depuis, le jazzman de 75 ans et les 10 musiciens déchaînés de The Ex enflamment les scènes du monde entier avec leur mélange musical jubilatoire et leurs transes débordantes d’énergie. Un concert qui sera assurément chaud et puissant.

Et je terminerai avec Goran Bregovic. Dans les années 70, sa route croise celle d’Emir Kusturica, alors cinéaste amateur et bassiste dans un groupe punk. Il découlera de cette rencontre une fructueuse collaboration qui contribuera à faire déborder la musique balkanique de ses frontières. La musique de Goran Bregovic par son mélange de joies, de tristesses, de déchirures, de mélancolies, de … est une vraie rébellion, voire même une révolution!

Et voilà, je vous souhaite de bons moments et de bonnes découvertes.

A bientôt.

Anne Lecomte

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