-L’année Chopin prend bientôt fin…

L’année Chopin prend bientôt fin et je dois vous avouer que je ne me suis pas spécialement intéressé à la question. Tout simplement parce que Chopin, ce n’est pas ma tasse de thé.

Si quelques fois j’ai laissé tourner un cd de ce réputé très grand compositeur (et je ne doute pas un seul instant de son génie) jusqu’au bout, c’est que j’avais probablement les mains dans la vaisselle et que je ne voulais pas mouiller mon lecteur.  Disons que (pour tenir un discours moins carré) je n’y suis pas aussi sensible qu’à Liszt, Brahms ou Bach par exemple.

Alors ! Que s’est-il passé ce samedi d’octobre peu avant la fermeture?

Je n’en sais rien, il y avait un silence un peu pesant dans la salle et je ne savais plus très bien quoi mettre pour dynamiser cette atmosphère trop tranquille.

J’ai vu un boitier ou il était indiqué : « The legendary 1965 recording ».

La jeune dame, sur la photo du livret, paraissait véritablement inspirée et en totale concentration devant son instrument. Elégance, raffinement et pudeur se dégagent de cette très belle image. Tout ce qu’il fallait pour tenter ma curiosité.

Le nom de Martha Argerich ne m’était pas inconnu, mais je ne m’étais jusqu’à présent jamais attardé sur l’une ou l’autre de ses interprétations. Simple question de contingences sans doute.

Trois accords plaqués, une dizaine de notes arpégées une ligne mélodique à peine achevée et ce fut…le coup de foudre !

J’empruntai le cd, pointai en hâte, me faufilai dans la foule empressée de la gare et courus ensuite droit au bercail pour le loger dans mon lecteur …

Pauvre madame Argerich, comme vous devez depuis lors avoir les doigts bien endoloris, à force de me jouer matin et soir cette sonate en Si mineur, cette mazurka, scherzo et polonaise avec autant de brio.

Mais je me rassure, car à écouter la fougue et la passion avec laquelle vous les interprétez, je me dis que malgré leur probable élégance, vos mains ne craignent visiblement pas l’effort qu’exige un engagement artistique fort et authentique.

C’était il y a quarante cinq ans, et malgré ce laps de temps passé, ce piano chante, tinte et résonne aujourd’hui dans mes oreilles comme s’il avait été enregistré hier.

Il suffit parfois de quelques notes égrainées avec magie pour que l’ampleur du son prenne tout à coup une dimension monumentalement belle.

Eddy Maes.

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