– Orphée, Résonances d’un Mythe (4)

"Orphée"

 

Nous voici donc arrivés au quatrième  épisode consacré au mythe d’Orphée et à ses déclinaisons en musique classique.

Retrouvez les épisodes précédents et suivants:

Episode 1, épisode 2, épisode 3 et épisodes 5

 

Franz Liszt 1811 – 1886

L’Orpheus est le dernier des cinq poèmes symphoniques que Franz Liszt a écrits. Chacun des poèmes est mené par un personnage historique imaginaire ou réel en lutte, seul, contre le monde extérieur ou intérieur. La genèse de cet Orpheus date de 1854 lorsque la cour de Weimar, qui employait le compositeur, décide de présenter l’Orphée et Eurydice de Gluck et demande à Liszt d’écrire un prélude et un épilogue orchestral. Ces deux œuvres de courte durée donneront naissance au poème symphonique de courte durée que nous connaissons.

D’emblée, une question s’impose: par quoi Liszt a-t-il été influencé et inspiré pour la composition de cette œuvre? On sait que l’Orphée de Gluck l’a fortement marqué mais aussi qu’un vase étrusque vu au Louvre, représentant le premier poète musicien, l’a également inspiré.

En quoi consiste la trame de cette œuvre musicale où n’apparaît nullement la voix humaine? D’entrée de jeu, une simple mélodie est exposée pour ensuite se développer au fil de l’œuvre et devenir lyrique de caractère intime ou encore méditative voire idyllique.

Franz Liszt nous également laissé deux transcriptions de cette oeuvre orchestrale, une pour orgue et l’autre pour deux pianos.

Pour conclure, laissons la parole à l’auteur lui-même qui dans la préface de son oeuvre écrivait: «  … Aujourd’hui comme jadis et toujours, Orphée, c’est à dire l’Art, doit épandre ses flots mélodieux, ses accords vibrants comme une douce et irrésistible lumière, sur les éléments contraires, qui se déchirent et saignent en l’âme de chaque individu … ».

Extrait par BUDAPEST PIANO DUET , Tamas KERESKEDO Piano, Zoltan POZSGAI Piano, Sándor MARGITTAY Orgue , Janos FERENCSIK Direction, Chef d’orchestre , ORCHESTRE SYMPHONIQUE D’ETAT HONGROIS Orchestre symphonique réf: DL 5273

 

Jacques Offenbach 1819 – 1880

Compositeur essentiel sous le Second Empire, Jacques Offenbach, toujours prêt à rire des choses les plus sérieuses et manifestant un goût sans limites pour la parodie, s’attela avec l’aide du librettiste Hector Crémieux à la composition de « Orphée aux enfers » un opéra bouffe basé sur l’histoire mythologique. Crée en 1858, l’œuvre reçut un bon accueil du public malgré un accueil plus nuancé de la critique scandalisée par « la mise en boîte de l’Antiquité ». La vénération et la connaissance de la mythologie grecque étaient telles en cette moitié du 19ème siècle français, qu’il était inconcevable de s’en moquer sous quelque forme que cela fût.

Cela dit, les droits perçus par le compositeur, après les quelques 270 représentations de l’œuvre, lui permirent de se faire construire une villa à Etretat qu’il fit appeler « Villa Orphée ».

Offenbach écrivit deux versions différentes de l’œuvre: la première (version salée) en 1858, un opéra-bouffe en quatre tableaux où l’on retrouve un Orphée ébouriffant et charmant, la seconde en 1874 (version sucrée) un opéra féerie en douze tableaux plus proche de ce que l’on appellerait aujourd’hui une revue que d’un opéra.

Au lendemain de sa création le 21 octobre 1858, Jules Noriac, chroniqueur dans le Figaro écrivit ceci, sans plus: « Inouï, Splendide, Ébouriffant, Gracieux, Charmant, Spirituel, Amusant, Réussi, Parfait, Mélodieux ! ».

Il faut dire que dans sa production, Offenbach modifie et redessine la psychologie des personnages du mythe en introduisant l’élément de concurrence entre les protagonistes. La mentalité bourgeoise se substitue à l’héroïsme mythique » même si en apparence ce dernier reste omniprésent au travers de toute la trame.

Les versions de Michel Plasson avec la Capitole de Toulouse et de Patrick Davin avec l’Orchestre du Théâtre de la Monnaie font référence la version de 1858. Marc Minkowski avec l’Opéra National de Lyon quant à lui, a fait le choix d’augmenter la version de 1858 (opéra-bouffe) d’éléments de la version de 1874 (opéra-féerie).

Extrait par Marc MINKOWSKI Chef d’orchestre, Yann BEURON Ténor, Natalie DESSAY Soprano, Jean-Paul FOUCHECOURT Ténor, Contre-ténor, Saxophone, Laurent NAOURI Baryton [voix], Steven COLE Ténor, Etienne LESCROART Ténor, Jennifer SMITH Soprano, Ewa PODLES Contralto, Véronique GENS Soprano, Patricia PETIBON Soprano, Lydie PRUVOT Mezzo-soprano, ORCHESTRE ET CHOEURS DE L’OPERA DE LYON Choeurs et orchestre, ORCHESTRE DE CHAMBRE DE GRENOBLE Orchestre de chambre réf: DO 3405

 

A suivre …

Françoise Vandenwouwer, Philippe Cantaert

 

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