– Orphée, Résonances d’un Mythe (5)

"Orphée"

Nous voici donc arrivés au cinquième  épisode consacré au mythe d’Orphée et à ses déclinaisons en musique classique.

Retrouvez les épisodes précédents:

Episode 1, épisode 2, épisode 3 et épisodes 4

 

Orphée et Eurydice de Gluck, révisé par Berlioz (1859)

Quand Berlioz (1803-1869) entend pour la première fois Orphée et Eurydice en 1824, il est déjà depuis l’enfance passionné par la musique de Gluck dont il étudie les partitions. « Je lus et je relus les partitions de Gluck, je les appris par cœur ; elles me firent perdre le sommeil, oublier le boire et le manger ; j’en délirai. Et le jour vint où, après une anxieuse attente, il me fut enfin permis d’entendre « Iphigénie en Tauride » ; je jurai en sortant de l’Opéra que, malgré père, mère, oncles, tantes, grands-parents et amis, je serais musicien. J’osai même sans tarder, écrire à mon père pour lui faire connaître ce que ma vocation avait d’irrésistible » Hector Berlioz (Histoire de la Musique Occidentale, éd. Fayard). Berlioz publie en 1844 son « Traité d’instrumentation et d’orchestration modernes » dans lequel il emprunte de nombreux exemples à Gluck.

En 1859, le directeur du Théâtre Lyrique de Paris décide de remettre en scène l’Orphée de Gluck dont il veut confier le rôle à la cantatrice Pauline Viardot, et s’adresse à Berlioz pour l’adapter. La partition à remanier sera celle de la version parisienne de 1774 et le rôle d’Orphée transposé pour la voix de « la Viardot », diva de l’époque. Le XIXème siècle redécouvre Orphée qui sera désormais souvent interprété par une voix de femme.

Outre l’interprétation de cette partition révisée par Berlioz, par la Cappela Brugensis et le Collegium Instrumentale Brugense, nous vous proposons, et même vous recommandons, de regarder le DVD de l’enregistrement de l’Orphée et Eurydice, présenté pour la réouverture du Théâtre du Châtelet à Paris sous la direction musicale de John Eliot Gardiner qui a choisi la version de Berlioz, et mis en scène par Robert Wilson. Distribution et spectacle de toute beauté puisque ce sont Magdalena Kozena, Madeline Bender et Patricia Petibon qui interprètent respectivement, Orphée, Eurydice et l’Amour. La grâce et le talent, soutenus par l’Orchestre Révolutionnaire et Romantique de Gardiner et le Monteverdi Choir et l’envoûtante mise en scène et en lumières (ah ! ce bleu !) de Robert Wilson. A voir absolument !

Extrait par Patrick PEIRE Direction, Ewa PODLES Contralto, Raphaelle FARMAN Soprano, Marie-Noëlle de CALLATAY Soprano, CAPELLA BRUGENSIS Ensemble vocal, COLLEGIUM INSTRUMENTALE BRUGENSE Orchestre de chambre réf:  BG 5816

 

Igor Stravinsky 1882 – 1971

Si le nom d’Igor Stravinsky est avant tout lié aux ballets l’Oiseau de Feu (1910), Petrouchka (1911) et le Sacre du Printemps (1913) qu’il composa pour les Ballets Russes de Serguei Diaguilev, il y a lieu de mentionner la composition, en 1947, d’un Orphée. Musique de ballets à l’intention de la « Ballet Society » dirigé par George Balanchine. Ce dernier, chorégraphe, danseur, acteur et réalisateur russe fut un des pionniers du ballet aux Etats-Unis où il s’était établi en 1933. Stravinsky l’y rejoindra en 1940.

Dès 1920 le style d’écriture de Stravinsky change et se modifie profondément . D’une écriture où prédomine le rythme et la polytonalité, le compositeur évolue vers un style plus classique marqué par un retour à la Grèce Antique, du moins imaginaire dans le chef du compositeur. Ce sera la période néoclassique de Stravinsky et les œuvres marquantes de cette période seront Apollon Musagète (1928), Perséphone (1934) et Orphée (1947).

De courte durée, environ trente minutes, l’Orphée de Stravinsky est construit en trois tableaux séparés par de brefs interludes. Composé pour un petit ensemble, on dira de l’œuvre qu’il s’agit du « second concerto brandbourgeois » de Stravinsky, le Dumbarton Oaks (1938) étant le premier.

Dans l’ensemble, l’œuvre beigne dans une sorte de lueur crépusculaire due à une instrumentation discrète et à un rythme généralement lent et régulier à l’exception de deux danses dont celles des Bacchantes qui à la fin du deuxième tableau lacèrent Orphée juste avant qu’Appolon ne s’empare de sa lyre et élève son chant vers les cieux.

Une histoire sans parole qui se déploie comme dans  un rêve … à découvrir ou à redécouvrir.

Extrait par ORPHEUS CHAMBER ORCHESTRA Orchestre de chambre réf ES 8166

 

A suivre …

Françoise Vandenwouwer, Philippe Cantaert


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