– Les chouchous du rock dans le divan (32)

Premier épisode des chouchous du rock dans le divan présentés le samedi 12 février.


The Ex « Catch My Shoe »
– Ex Records 2010

The Ex : Tout un programme !

Groupe punk politiquement engagé formé en 1979, basé à Amsterdam, qui a plus de vingt albums à son actif, et même si la plupart des membres fondateurs ont changé, le groupe n’a jamais interrompu sa carrière durant toutes ces années. S’ils ont commencé leur carrière dans le genre punk, ils n’en sont pas restés là. Ils ont circulé dans différents genres, jazz, impro, musique africaine….ceci en collaborant souvent avec d’autres musiciens. Un groupe en constante mutation et prêt à toutes les expériences The Ex est un groupe de rencontres. Ils vont collaborer avec beaucoup de musiciens anglo-saxons et africains, je ne vais pas les citer car la liste serait trop longue.  Pourtant s’il ne fallait n’en citer qu’un,  nommons Tom Cora – violoncelliste et compositeur américain –  avec qui ils ont sorti « Scrabbling At The Lock » en 1991, un de leur plus gros succès commercial.

Ils font tellement partie du paysage musical rock, qu’on a parfois tendance à les oublier.C’est aussi pour ça que je vous en parle, ils sont toujours là,  et ça vaut vraiment la peine d’écouter leur « Catch My Shoe ».

Avec cet album, ils se sont rapprochés de leur rock incisif d’antan, ils ont mis les compositions de métissage africain de côté. A part « Eoleyo », une chanson traditionnelle éthiopienne qu’ils ont découverte sur une vieille cassette de Mahmoud Ahmed et qu’ ils ont  ajoutée à ce disque, le reste est bel et bien rock . Il est énergique, tendu, sans relâche. L’album est produit par Steve Albini. On souligne l’arrivée de deux nouveaux musiciens, Arnold de Boer au chant, guitare et sampler qui remplace G. W. Sok (membre fondateur), et Roy Paci, un trompettiste présent sur 2 titres.  De leurs aventures africaines ils garderont une rythmique tripante, quasi tribale, leur jeu de guitare conserve aussi une empreinte de ces influences. Un disque sans temps mort.

Moon Wiring Club « A Spare Tabby At The Cat’s Wedding » – Gecophonic 2010

Depuis un peu plus d’un an, un genre nouveau est apparu dans le cercle musical electro/pop c’est l’hauntology – ou spectralité. Qu’est-ce ?

« En (très)gros, c’est une forme de nostalgie, mais avec un twist, puisqu’il s’agit d’un genre de rétro-futurisme, en clair, la nostalgie du futur (l’an 2000 et tout ça) tel qu’on le voyait dans les années 60 et 70, dans la science–fiction bien sûr, mais aussi dans les émissions de télé, notamment pour enfants (les feuilletons comme les émissions éducatives). c’est une période assez optimiste, voire utopiste, et le moins qu’on puisse dire, c’est que 50 ans plus tard, ce fameux futur ne s’est absolument pas réalisé, d’où les regrets et la nostalgie …

Et donc tous ces artistes, qui ont en commun cette fascination pour cette période, et les pronostics (ratés) sur le futur qui avaient court alors, recyclent, samplent, imitent, etc.. le son de la télé et de la radio (anglaise) de cette époque (et la musique qui l’accompagnait, le BBC radiophonic workshop, Basil Kirchin, la library-music que le label trunk réédite, par exemple …) »

Le catalogue du label Ghost Box est également dédié à l’hauntology. Il est très bien représenté dans nos collections.

Pour ce quatrièeme album de Moon Wiring Club, « la majorité des samples viennent de feuilletons télé british comme Le Prisonnier, ou Doctor Who, et des choses plus obscures qui ne sont pas arrivées chez nous (The Flumps, Casting the Runes, Raffles ou Ace of Wands).

Il a en plus une fascination pour l’enfance, l’imagination des enfants, les histoires pour enfants, etc… et l’idée d’un monde imaginaire tel que les enfants en construisent, et qui sont l’autre inspiration de sa musique (son website par exemple est construit comme l’office du tourisme d’une ville fictive nommée Clingskell. Et pour la petite histoire le monsieur de Moon Wiring Club fait sa musique au joystick, sur une playstation 2. »

En résumé, c’est un disque qui se ballade entre la pop et l’electro, les plages sont relativement courtes et ’il y a du texte entrelacé de musique. Le matériel sonore qu’il a pioché dans ses séries est coupé en micro séquences, qui sont ensuite recollées, montées à l’envers, redécoupées accélérées…. le résultat est ludique et très narratif.

Pour en savoir encore plus sur l’hauntology.http://noreille.wordpress.com/2010/04/07/hauntology/

Article réalisé avec l’aide de Benoit Deuxant, que je remercie.

Peg Simone « Secrets From the Storm » – Radium records 2010

Guitariste new-yorkaise dont c’est le quatrième album, mais le premier à la médiathèque.

Elle fonctionne dans le genre blues, et pour cet album elle est accompagnée de Jonathan Kane qui est co-fondateur des Swans, qui a également travaillé avec Rhys Chatham, ou La Monte Young et qui, sous son propre nom a sorti des disques de blues assez personnels.

Peg Simone nous propose également un blues quelque peu à part.

L’album s’ouvre sur « Levee /1927 » un très long morceau de vingt minutes, une musique entêtante, répétitive toute en crescendo, Peg commence toute seule à la guitare et petit à petit Kane et les autres musiciens vont la rejoindre, pour finir la partie sur un gémissement de guitares. Une vraie splendeur
Le titre original « When The Levee Breaks » (quand la digue se rompt) a été écrit par la blues woman Memphis Minnie, en 1929, suite à la grande crue du Mississippi en 1927, c’est devenu un standard du blues , il a été repris plus tard par Led Zeppelin mais aussi par une foultitude de musiciens.

Pour la partie texte du reste du disque, elle reprend ceux de la poétesse Holly Anderson.  Elle ne chante presque pas, elle récite, elle parle, c’est  un peu comme si elle nous racontait des histoires soutenues par des guitares délicatement enchevêtrées. Les textes sont très très sombres, « Boilmakers » par exemple nous parle d’un voyage nocturne sur une route parsemée d’animaux morts.

Franchement ce disque est une pure perle !

Voici une video qui illustre une chanson sur un disque précédent.

Bonne écoute et bonnes découvertes !
Merci à Fabonthemoon pour ses photos.

Brigitte

 

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