– Florilège (2)

« Le petit recueil de nouveautés classique »

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Ludwig van Beethoven – Symphonie n°9 – version deux pianos

Face à la Neuvième Symphonie de Beethoven, Liszt a éprouvé de nombreuses difficultés à rendre toute la richesse harmonique et sonore avec un seul piano. Il y est cependant parvenu, ce qui lui a permis de faire publier les neuf symphonies transcrites pour clavier en 1865. Mais c’est la version pour deux pianos, que nous découvrons ici. Le but de ces transcriptions était de faire connaître de grandes oeuvres au public avec des moyens plus accessibles que ceux pour lesquels elles étaient écrites, et ce sans en trahir l’esprit. Il s’est donc attaché à en donner une lecture la plus littérale possible, tout en mettant en valeur « les nuances et petits détails qui participent de manière si importante à la perfection de l’ensemble » (Liszt). (NR)

Thomas Oliemans – Franz Schubert – Schwanengesang …

Elève de Dietrich-Fischer Dieskau, de Dieter Müller et de Margreet Honig, Thomas Oliemans avait 25 ans lorsqu’il remporta en 2002 le Prix Bernac de l’Académie Internationale de Musique Maurice Ravel et débuta à l’opéra dans le « Policino » de Hans Werner Henze. En abordant les lieder de Schubert, plus ou moins à l’âge où ce dernier les composa, il reconnait avoir été confronté au défi d’aller au delà d’un premier niveau de lecture que l’abondance des enregistrements et arrangements ont fait entrer dans l’oreille. Il s’attache aux aspects de la partition qui vont bien plus loin que la simple harmonisation et essaie d’exprimer toute la complexité induite par les tonalités choisies , certaines mises en contraste et toute une série de nuances qui maintiennent un degré de tension et orientent la compréhension. (JL)

Jose Maceda – Ugnayan

Jose Maceda est né à Manille en 1917. C’est dans cette même ville qu’il terminera la classe de piano de Victorina Lobregat pour se rendre ensuite à Paris où il suivra les cours d’Alfred Cortot de 1937 à 1941. De 1946 à 1947, on le retrouve à San Fancisco prenant des cours privés de piano chez E. Robert Schmitz avant d’entamer des études de musicologie au Queens College et à la Columbia Universiy. Il va ensuite se consacrer à l’étude de l’anthropologie et de l’ethnomusicologie dans les universités de Chicago et de Los Angeles. En 1958 il collabore au Groupe de Recherches Musicales de Paris. Ses travaux en ethnomusicologie lui ont valu de nombreuses distinctions honorifiques venant d’universités du Japon, d’Italie et aussi en France où il reçut la Légion d’Honneur. Après avoir été aux Philippines un pionnier de la composition française pour piano, Maceda se fit ambassadeur de la musique contemporaine en se centrant principalement sur les oeuvres de Varèse et Xenakis tout en s’attachant parallèlement à réveiller et valoriser le patrimoine musicale de l’Asie du sud-est, d’Afrique et d’Amérique Latine. A l’exemple de Bartok ou Kodaly, il constitua, à partir d’enregistrements sur le terrain, une collection de 1760 heures d’enregistrements et de 1936 bandes audios. La collection Maceda fut présentée et recommandée à l’inscription au Registre Mémoire du Monde en 2007.  » Ugnayan « , qui passe pour une des oeuvres les plus marquantes et significatives de Maceda, n’est pas sans rappeler Xenakis et opère une synthèse des esthétiques orientales et occidentales. Remixant vingt rediffusions radiophoniques différentes, Maceda mêle les chants polyphoniques locaux aux instruments traditionnels en relevant le défi de concilier l’atonalité d’après-guerre aux modes traditionnels asiatiques. (JL)

Georg Friedrich Haendel – Ombra Cara

Cet album présente une variété d’arias de Haendel (1685-1759), extraits d’opéras, que l’on rassemblait à l’époque pour une prestation d’un virtuose du chant. La plupart des pièces de cet enregistrement ont été composés pour le chanteur populaire de l’époque, Francesco Bernardi detto Senesino. Ils sont interprétés ici par Bejun Metha, contre-ténor sous la direction de René Jacobs. Un enregistrement de toute grande qualité. (FVW)


Angelika Kirchschlager – Joseph Marx – Ausgewählte Lieder

La mezzo autrichienne Angelika Kirchschlager affiche dans sa carrière une prédilection marquée pour le répertoire du lied et de la mélodie. Après Zorngold et Wolf, elle nous chante des lieder choisis parmi l’abondante production de Joseph Marx, dont les oeuvres, teintées de nostalgie, se distinguent par un esprit de fusion de courants contemporains et du passés, entre post- romantisque et impressionnisme. (NR)

Trio Wanderer – Smetana – Trio Op.15

Le thème de la mort était pour les romantiques le pivot de toute une palette d’expressions. Le trio op.15, qui fut composé par Smetana après le décès de sa fille de quatre ans, mêle un cri de douleur à l’évocation de souvenirs. C’était la première fois qu’un trio faisait office d’œuvre élégiaque. Il était logique de l’associer aux Elégies de Franz Liszt étant donné l’admiration de celui-ci pour une œuvre qui fut dans l’ensemble assez mal accueillie. Le Trio Wanderer, tout en retenue et demi-teintes, s’appuie sur les sonorités d’instruments historiques (Jean-Marc Phillips joue un violon Giovanni Battista Guadagnini (1738)et Raphaël Pidoux un violoncelle Gioffredo Cappa (1680)). (JL)

Francisco Lopez – Through the Looking-Glass

Francisco Lopez rassemble ici 15 années de travaux en offrant la possibilité de retracer l’évolution de son approche acoustique. De la restitution d’un environnement sonore non retravaillé (Selva, Building) en montant progressivement vers une transformation virtuelle (Belle confusion 969, Qal’at Abd’al-Salam,O Parladoiro Desamortuxado ), Lopez en arrive avec Untitle 2008 à une transfiguration totale de l’environnement où celui-ci n’est plus identifiable. Lopez fait reposer le processus de création et de transformation sur l’expérience phénoménologique, loin des liens sémantiques, mémoriels ou conceptuels qui modélisent la perception de la réalité et font barrage à la teneur spirituelle du monde perceptif. (JL)

Antonio Vivaldi – Les Quatre Saisons

Si les Concertos de l’op.8 sont peut-être victimes aujourd’hui de leur immense popularité, ils n’en demeurent pas moins de petits chefs-d’œuvre du baroque vénitien. En proposer encore une nouvelle version aujourd’hui pourrait paraître vain si ce n’était la grande liberté d’interprétation laissée par les compositeurs de l’époque. Ainsi, Luigi Piovano a voulu marquer l’interprétation des Musici Aurei d’ « Une empreinte authentiquement italienne, basée sur l’effet du clair-obscur et sur une étude minutieuse de l’articulation baroque ainsi que de chaque petit détail de la partition »« … Et voilà que les quatre Concertos les plus célèbres de l’op.8, grâce à une surprise continue, dévoilent un Vivaldi bizarre, inquiet, plein de passion et de fantaisie et, en arrière- plan toutes les couleurs de sa merveilleuse Venise » Grazia Raimondi, premier violon. (AG)

Jordi Savall – Montserrat Figueras – El Cant de la Sibil.la

Montserrat Figueras prête sa voix aux prophéties incantatoires de la Sybille, chants antiques, oracles imprégnés de sacré dont les visions sont souvent très sombres quant au destin des hommes. Jordi Savall en reconstitue l’évolution à partir du Xème siècle avec son expérience d’historien de la musique et présente trois Sibylles, la latine, la provençale et la catalane. Un album envoûtant qui restitue le mystère imprégné de mysticisme et d’antique sagesse de ces chants prophétiques. (FVW)

Clemens Non Papa – Missa Pro Defunctis

Compositeur du XVIème siècle, parmi les plus prolifiques et les plus grands de son temps, Clemens non Papa se distingue des musiciens de son époque par sa technique de composition, appuyant la mélodie plutôt que la technique contrapuntique, créant ainsi des textures harmonieuses et parfois surprenantes. L’interprétation du Brabant Ensemble restitue toute la beauté de l’œuvre dont la douceur apportée par la recherche de la mélodie, efface l’austérité et amène l’esprit vers l’apaisement d’une spiritualité sereine. (FVW)

Orpheus in England – Dowland & Purcell – Emma Kirkby & Jakob Lindberg

Les deux célèbres compositeurs anglais furent de leur temps comparés à Orphée. Les chansons de Dowland étaient accompagnées au luth, texte et musique s’unissaient subtilement dans leur expression poétique et mélancolique et c’était un « ravissement de l’esprit ». Purcell composait pour plusieurs instruments mais le luth s’accorde aussi intimement aux poèmes de ses chansons. La voix d’Emma Kirkby, souple, claire et sans affect restitue toute la vitalité poétique des textes, gaie ou mélancolique, unie au jeu délicat du luthiste Jakob Lindberg. (FVW)

Die Kunst der Fugue – Akademie für Alte Musik Berlin – J.S Bach

L’Art de la Fugue est issu d’un processus créatif qui évolua durant plusieurs années, nourri tant par l’intérêt que portait Bach pour le contrepoint et la technique de la fugue que par la richesse d’invention et la maîtrise de la composition qui l’habitaient, lui permettant d’entrevoir les possibilités de magnifiques et complexes variations que cette technique lui ouvrait. Interrompant régulièrement son travail pour d’autres œuvres, l’Art de la Fugue ne fut édité qu’après sa mort et apparaît comme la représentation sublime de son art et de son génie créateur. L’Akademie für Alte Muzik en livre une interprétation pour formation musicale, l’instrumentation de l’œuvre étant permise par la partition. (FVW)

Thomas Tallis & William Byrd – Cantiones Sacrae 1575

Le 27 janvier 1575, la reine Elisabeth 1ère accordait à William Byrd un privilège de 21 ans lui permettant d’imprimer autant de musique vocale qu’il souhaitait. C’est en reconnaissance de ce privilège que le recueil Cantiones Sacrae vit le jour. Il comprenait 17 motets en latin de Thomas Tallis et autant de Byrd, le nombre 17 ayant été choisi pour commémorer les 17 ans de règne de la suzeraine. L’ensemble Alamire dirigé par David Skinner sont remontés aux sources pour nous offrir cette interprétation inédite. Ainsi ils ont respecté l’ordre des pièces prévu par les compositeurs ce qui a entrainé des difficultés d’enchainement dans le disque. Le diapason n’étant pas encore fixé au 16ème siècle, des transpositions ont été permises. La disposition des groupes vocaux renforce la singularité des tessitures et des timbres des chanteurs. Bref, voici bien une entreprise inédite qui révolutionnera nos habitudes d’écoute en ce domaine. (AG)

Contributeurs :

Au service des collections :

Nathalie Ronvaux (NR) ~ Anne Genette (AG) ~ Andrée Forster (AF) ~ Marie de Wautier (MDW)

Jacques Ledune (JL)

A le Média Bxl :

Françoise Vandenwouwer (FVW)

Philippe Cantaert (PC)

A propos La média de bxl

La médiathèque de Bruxelles Centre : un repaire de découvertes et de passions. Nous aimons les musiques, les films, le multimédia. dans tous les genres, tous les courants. A la recherche de titres précis ou envie de découvertes ? Nous vous proposons plus de 100.000 titres musicaux et audiovisuels en accès direct, ainsi que des sélections ciblées. La médiathèque, c’est cinquante ans d’histoires culturelles enrichies au quotidien par des mélomanes et cinéphiles rodés au défrichage de répertoires et tendances sans cesse renouvelées. Bienvenue !
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