Parcours fan-tas-tique (1) : les films clés de l’horreur

Le 29ème Festival du Film Fantastique vient à peine de se terminer (dans la plus grande joie et la bonne humeur) qu’il est difficile de se couper entièrement de ce genre pas comme les autres. Voici donc un parcours « fan-tas-tique » pour vous plonger ou replonger dans l’ambiance…

Pour vous, c’est quoi un bon film fantastique ?

Quel est le meilleur film de Science-fiction ?

Est-ce que vous pourriez me conseiller un film d’horreur ?

… Des questions auxquelles nous essayons de répondre en créant ce parcours fan-tas-tique. L’idée est de faire ressortir les « meilleurs » films de ce genre un peu fourre-tout, vous faire découvrir les titres « indispensables » sur toute l’histoire du cinéma et vous donner une vision globale du genre. Pour éviter de tomber dans les travers du hit-parade, car il est plutôt vain de vouloir comparer des films entre eux, les titres apparaissent par ordre chronologique, et non par ordre d’importance.

Et pour remettre les pendules à l’heure, osons aborder les définitions : fantastique, science-fiction, horreur et fantasy…

Le Fantastique désigne un genre dans lequel les faits qui s’y déroulent sont créés par l’imagination et n’existent pas dans la réalité. Le Fantastique traite de choses qui ne sont pas et ne peuvent pas être.

La Science-Fiction est un genre qui fait intervenir le scientifiquement possible.

« La Science-Fiction traite de choses qui ne sont pas, mais qui pourront être un jour. » (Frédéric Brown)

Les films d’Horreur ont pour but de cultiver la peur. On parle de cinéma d’horreur lorsque l’histoire intègre cruauté, violence physique et dégoût afin que le spectateur ressente un sentiment de répulsion.

La Fantasy regroupe des récits parlant de magie, de pouvoir surnaturel (super-héros), de merveilleux, de quête initiatique, de fées, trolls et gobelins.

(1) Films clés du cinéma d’horreur :

Notion subjective – « ça vous fait peur vous ? », classement délicat – « c’est quoi la différence entre un film fantastique et un film d’horreur ? », la perception de l’horreur tient surtout à la sensibilité même de chaque personne. Mais passées toutes ces considérations, on parle de cinéma d’horreur lorsque l’histoire intègre cruauté, violence physique et dégoût afin que le spectateur ressente un sentiment de répulsion, le sous-genre gore poussant ce sentiment jusqu’à l’insupportable… Les dénominations de film d’épouvante et de film de terreur sont très voisines, elles concernent des œuvres qui font appel plus à l’effroi qu’au haut-le-cœur. Certains y verront des titres qui les feront certainement rire, mais qui ont néanmoins marqué l’histoire du cinéma d’horreur. Il faut se dire aussi que nous vivons actuellement une époque où il en faut tellement pour nous effrayer, qu’on se demande ce qu’on pourra encore inventer à part écorcher à vif un bébé en direct…

Nosferatu / Nosferatu eine symphonie des grauens (1921)

Murnau utilise avec une perfection rarement égalée le style expressionniste pour ce film considéré comme l’un des plus beaux du cinéma muet allemand. Sur le plan technique, l’atmosphère d’épouvante est rendue par la lenteur des gestes, l’éclairage changeant des objets. (Tulard)

Dracula de Tod Browning (1931)

C’est le film qui popularisa la figure de Dracula dans le cinéma américain, relançant la vogue du fantastique. Tod Browning réalise ce film d’après une pièce de théâtre de 1927 (adaptée directement du roman de Bram Stoker). Le ton des répliques et la mise en scène assez statique en sont la preuve. Malgré tout, ce film réussit à faire peur. Que dire alors de Bela Lugosi, déjà présent dans la pièce de théâtre, qui se découvrit une telle passion pour son personnage que sa vie ensuite devint un rôle perpétuel. (Bela Lugosi dormait dans un cercueil et fut enterré à sa demande dans son costume de Dracula). (BS)

Freaks / La monstrueuse parade de Tod Browning (1932)

Bouleversant, chef-d’œuvre longtemps méconnu, interdit, censuré. Ce sont de vrais « monstres » que l’on voit à l’écran, montrés sans complaisance exhibitionniste, dans leur dignité d’êtres humains. (Tulard)

La Fiancée de Frankenstein / The Bride of Frankenstein de James Whale (1935)

Probablement l’œuvre la plus achevée du cycle : beauté des maquillages dus à Pierce ; trucages extraordinaires de Fulton…(Tular)

Cat people / La Féline de Jacques Tourneur (1942)

Admirable film fantastique où tout est suggéré faute de moyens mais aussi volontairement, pour faire d’avantage peur. Revoir la fameuse scène se déroulant dans la piscine. Le film aura droit à sa suite : La malédiction des hommes-chats de Robert Wise (1944) ainsi qu’à un remake étonnant de Paul Schrader (1982).

Le Cauchemar de Dracula / Dracula de Terence Fisher (1958)

L’un des premiers films à avoir redonné un sang nouveau (si l’on ose le dire) au film d’épouvante. Côté dense et sombre du scénario et de son traitement. Pas de grandiloquence ni renchérissement d’hémoglobine. (Tulard)

Les Yeux sans visage de Georges Franju (1960)

Franju mêle des images de terreur médicale (les opérations cliniquement filmées) à un climat d’onirisme surréalisant appuyé par le thème aussi envoûtant qu’obsessionnel de Maurice Jarre. (Larousse des films)

 Village des damnés / Village of the damned de Wolf Rilla (1960)

L’un des premiers et l’un des meilleurs films de SF sur le thème des enfants diaboliques. L’originalité de l’œuvre tient avant tout à son style : extrême froideur ; sobriété ; condensation des événements dans une dramaturgie plus proche de la nouvelle que du roman ; absence d’effets d’horreur. Le film tient le spectateur en haleine jusqu’aux dernières secondes. (Dictionnaire du cinéma)

Les Innocents / The Innocents de Jack Clayton (1961)

On se trouve là devant un fantastique toujours suggéré plutôt que montré, qui provoque chez le spectateur peur et malaise. Adaptation du roman « Le tour d’écrou » de Henry James et scénarisé par Truman Capote et William Archibald.

Les Oiseaux / The Birds de Alfred Hitchcock (1963)

Classique et chef d’œuvre indiscutable du réalisateur au sommet de sa gloire. Grâce à des prouesses techniques, utilisant autant des animaux dressés que des effets spéciaux, l’agression des oiseaux peut également être prise comme une fable écologique. (Larousse des films)

La Maison du diable / The Haunting de Robert Wise (1963)

Œuvre fascinante et effrayante, The Haunting mérite le terme de chef-d’œuvre. Rarement dans l’histoire du fantastique la peur aura eu un visage aussi présent que réel. (Tulard)

Répulsion de Roman Polanski (1965)

Un grand film obsessionnel qui traque, avec un acharnement presque sadique, les symptômes de la folie sur le visage atone et d’autant plus révélateur de Catherine Deneuve. (Larousse du cinéma)

La Nuit des morts-vivants / The Night of the leaving-dead de George A. Romero (1968)

Une date dans l’histoire du cinéma fantastique : les maquillages sont morbides à souhait, tout est malsain dans la présentation, pas de vedette, ce qui donne plus de crédibilité à l’histoire. (Tulard)

Rosemary’s baby de Roman Polanski (1968)

Le triomphe de la suggestion, l’angoisse y est distillée très progressivement et d’une façon diabolique. Un film au climat de tension et de peur sans aucun « effet spéciaux ». Un des meilleurs films de Roman Polanski. (Larousse des films)

La Dernière maison sur la gauche / Last house on the left de Wes Craven (1972)

Inspiré de l’histoire racontée dans le film La Source de Ingmar Bergman (1960), ce premier film de Wes Craven a marqué son époque à cause de la violence gratuite rarement montrée jusque là au cinéma. Wes Craven peut se targuer d’avoir inventé le genre « rape and revenge » et ce film fut interdit d’exploitation au Royaume-Uni pendant 30 ans. (BS)

L’Exorciste / The Exorcist de William Friedkin (1973)

Enorme succès (une première pour un film de ce genre) qui remporta d’ailleurs l’oscar du meilleur scénario et du meilleur son. Le réalisateur mise sur le réalisme de l’envoûtement qui touche, qui plus est, une enfant. Ce triomphe marque aussi la fin d’une suprématie anglaise et l’accès aux budgets importants dans les années 70-80. (Larousse des films)

 Massacre à la tronçonneuse / Texas chainsaw massacre de Tobe Hooper (1974)

Devenu un film culte, ce titre reste tout à fait particulier dans son genre et inspirera de nombreux films. Œuvre glauque, dérangeante, efficace, utilisant beaucoup la caméra à l’épaule (nous sommes en 1974 !). (Tulard)

 Les Dents de la mer / Jaws de Steven Spielberg (1975)

Spielberg adapte un médiocre premier roman, supprimant des chapitres entiers. Structure en crescendo bien architecturée qui joue de la connaissance erronée qu’ont les protagonistes des dimensions réelles du squale. La musique suit également chaque apparition du requin. (Tulard)

Eraserhead de David Lynch (1976)

Derrière une histoire somme toute simple, celle d’un homme dépassé par les événements qui se réfugie dans un monde imaginaire avant de commettre l’irréparable, David Lynch a dissimulé une multitude de sous-couches qu’il donne en pâture au spectateur, le laissant maître de toute interprétation. Son film n’est pas à comprendre mais à ressentir, et chacun est libre d’y discerner les reflets qu’il désire. (filmdeculte.com)

Carrie de Brian De Palma (1976)

Un gros succès de terreur et le petit quelque chose en plus qui distingue De Palma d’un simple auteur de films d’horreur. A travers l’épouvante, une critique du fanatisme religieux. (Tulard)

La Nuit des masques / Halloween de John Carpenter (1978)

Le meilleur film de Carpenter, mêlant suspense et horreur avec une redoutable efficacité. La fin laisse entendre que le tueur est une incarnation du mal, ouvrant les portes à une véritable saga (on compte actuellement 8 films et 2 remakes). (Tulard)

Amityville la maison du diable / Amityville horror de Stuart Rosenberg (1979)

Fondé sur des faits authentiques, ce film renouvelle, grâce aux effets spéciaux, le thème de la maison hantée. Il aura deux suites. (Tulard)

Alien de Ridley Scott (1979)

Habile mélange d’horreur et d’anticipation, Alien rompt avec le fonctionnalisme épuré qui régnait dans la SF depuis 2001 : l’Odyssée de l’espace et crée un environnement réaliste, évolutif et contrasté, où s’opposent l’hyper-technologie moderne et les forces primitives de la vie.

Cannibal holocaust de Ruggero Deodato (1980)

Malsain, écœurant mais assez saisissant par le réalisme des images, cadavres mutilés et dépecés, viols, repas de chair fraîche… Le voyeurisme bat son plein. (Larousse des films)

Shining de Stanley Kubrick (1980)

Un film fascinant sur les phénomènes parapsychologiques extrasensoriels. Non seulement, une attention très grande est accordée au son, mais utilisant une caméra steadicam, Kubrick multiplie les travellings et fondus dans les scènes réalistes ; pour la partie imaginaire au contraire, il privilégie les plans fixes. Ainsi naît un climat d’angoisse proche de celui des romans de Stephen King dont Shining est d’ailleurs tiré. (Tulard)

Vendredi 13 / Friday the Thirteenth de Sean Cunningham (1980)

Un film d’horreur particulièrement sanglant (le « gore ») et bien fait par la façon dont il joue des nerfs des spectateurs. Un succès qui engendrera une saga comptant plus de 10 films. (Tulard)

Evil dead de Sam Raimi (1981)

Le scénario est improvisé au jour le jour, on remarque tout de même une référence à l’œuvre de l’écrivain Howard Phillips Lovecraft (1890-1937), lorsqu’il est question du Livre des Morts, ou Necronomicon, un livre écrit avec du sang et relié avec de la peau humaine par le dément Abdul Alhazred. Sam Raimi s’est rendu célèbre pour l’originalité de ses plans et pour l’usage de la caméra subjective : dans certaines scènes, ce qui est filmé représente ce que voit la force malfaisante tapie dans les bois. Un film culte sur le thème de la maison hantée. (Filmdeculte.com)

Le Loup-garou de Londres / An american werewolf in London de John Landis (1981)

Une nouvelle adaptation du mythe du loup-garou qui sort néanmoins du lot grâce à des effets spéciaux époustouflants dont la célèbre scène de transformation de l’homme en animal sans plan de coupe. (BS)

La Chose / The Thing de John Carpenter (1981)

Un remake amélioré de La Chose d’un autre monde de Hawks et Niby (1951). Des effets spéciaux où les métamorphoses à vue ont une réalité organique écœurante mais étonnante, qui donnent la première équivalence valable à l’univers de Lovecraft au cinéma, dans le contexte d’une lutte entre les éléments naturels qui joue sur les contrastes feu-glace, neige-sang. (Larousse)

La Mouche / The Fly de David Cronenberg (1986)

La force du film et sa supériorité sur la première mouture (La Mouche noire) tiennent certes à sa simplicité narrative préservée ou à sa perfection plastique, mais surtout à la hauteur philosophique du propos qu’il manifeste… une sorte de parabole qui évoque irrésistiblement le Kafka de la Métamorphose. (Dictionnaire des films)

Les Griffes de la nuit / A nightmare on Elm street de Wes Craven (1984)

Ce film reste à ce jour le chef-d’œuvre de Wes Craven, auquel le jury du Festival d’Avoriaz 1985 décerna le prix de la critique. Les séquences s’enchaînent et rebondissent sans laisser au spectateur, terrifié mais séduit, le temps de reprendre haleine. Le personnage de Freddy Krueger sera repris de nombreuses fois à la télévision comme au cinéma. (Tulard)

Scream de Wes Craven (1996)

Scream est un slasher, et il le demeure même à travers son aspect satirique et ironique, et c’est d’ailleurs ainsi qu’il manifeste son génie. La cagoule du tueur ricanant a connu une popularité encore plus grande que le masque de Boris Karloff dans Frankenstein et a malheureusement inspiré à des adolescents l’idée de tuer. Craven a soigné sa mise en scène : les premières minutes du film sont terrifiantes. Une œuvre culte qu’on ne peut ignorer. (Tulard)

 Ring-1 de Hideo Nakata (1998)

Ce film renoue avec l’art de la suggestion et du hors-champ et instaure, en quelques plans seulement, une angoisse quasi palpable. Des décors épurés au jeu tout en retenue des comédiens, en passant par le rythme lent et contemplatif du récit et de la réalisation à la fois sobre et intense. Incursion du cinéma asiatique qui ne quittera plus le genre avec ses histoires de fantômes aux longs cheveux. Un chef-d’œuvre du cinéma d’épouvante contemporain hors USA. (Tulard)

The Projet Blair Witch / The Blair witch project de John Myrick (1999)

Peu de moyens, un refus des effets sanglants, une forêt : la terreur naît d’un rien et s’insinue peu à peu chez le spectateur qui, croyant à un documentaire, s’identifie aux personnages. Le succès du film a été considérable.

28 jours plus tard / 28 days later de Danny Boyle (2002)

Le film de zombie devient cinéma d’auteur avec des images splendides de la campagne anglaise ou d’une capitale déshumanisée. Un scénario fortement inspiré du film Le Survivant pour la thématique de l’épidémie ainsi que le meilleur des zombies de Romero. (BS)

The Descent de Neil Marschall (2005)

Le film joue sur de nombreuses phobies possibles : le noir, le vide, l’ambiance de claustrophobie qui en émanent en font l’un des meilleurs films d’horreur des dix dernières années.  Un vrai film d’horreur qui fait vraiment peur. (BS)

[Rec] de Jaume Balaguero (2007)

Tout comme dans Le Projet Blair Witch, ce film utilise l’idée du reportage télé et de la caméra subjective, qui entraîne le spectateur dans l’horreur. Nous sommes censés voir la bande vidéo brute filmée par le caméraman de l’émission. À un degré plus élevé de réflexivité, cette caméra renvoie au regard du téléspectateur et du public dans la salle.

Cloverfield de Matt Reeves (2008)

L’utilisation de la caméra subjective version Youtube. Tout ce que l’on voit dans Cloverfield a été enregistré par la caméra qui passe entre les mains des différents personnages. En réduisant à l’extrême le point de vue, le spectateur vit la cavale, la peur et l’état d’incompréhension dans lequel sont plongés les personnages. Contrairement à certains films du genre, il ne s’agit pas, pour le personnage principal, de sauver le monde, mais de sauver sa peau, ce qui le rend d’autant plus crédible. (Critikart)

A suivre, chapitre (2) : les films clés du cinéma de science-fiction

BS

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