Parcours fan-tas-tique (2) : les films clés de la science-fiction


C’est un genre dans lequel tout est permis ou presque, tant que cela soit scientifiquement plausible. Et tout comme la magie ou le surnaturel, c’est un genre qui a souffert des limites techniques lors des adaptations cinématographiques. Lorsqu’ils sont utilisés à bon escient, les effets spéciaux ont permis d’explorer de nouveaux horizons. Le cinéma de SF reprend soit des idées originales, soit des adaptations d’œuvres littéraires du genre.

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Metropolis de Fritz Lang (1926)

Dans cette réalisation, Fritz Lang aborde, et très probablement crée, deux des thèmes principaux de la science-fiction telle que nous la connaissons aujourd’hui: l’intelligence artificielle et la perte du contrôle des hommes sur leurs créations technologiques. Thèmes récurrents tout au long de l’histoire du cinéma de science-fiction. (Filmdeculte.com)

L’Homme invisible / The Invisible man de James Whale (1933)

Fidèle et talentueuse adaptation du chef-d’œuvre de Wells. Les trucages et effets spéciaux constituent évidemment l’élément le plus spectaculaire du film. L’invisibilité, cette faculté miraculeuse et enviable, qui fait rêver, se révèle dans la réalité quotidienne un attribut infernal plein de désavantages. (Dictionnaire du cinéma)

Le Jour où la terre s’arrêta de Robert Wise (1951)

Important film de SF, conte philosophique autant qu’œuvre d’anticipation, mêlant science-fiction et thriller, ce film est considéré comme l’un des plus réussis de Robert Wise. (Tulard)

Guerre des mondes / The War of the world de Byron Haskin (1952)

Encore une fois, Wells n’est pas trahi par le cinéma. Les trucages de Pal sont excellents pour l’époque et les scènes de panique convaincantes. Une réussite.

Planète interdite / Forbidden planet de Fred M. Wilcox (1956)

Le film représente une date dans l’histoire de la SF cinématographique moderne car trois éléments originaux donnent au film son importance : le caractère spectaculaire provenant de la couleur et des décors de la planète Altaïr ; premier robot célèbre de la SF au cinéma et qui est devenu une figure légendaire du genre ; présence d’un « alien » surprenant né à la fois du subconscient des Krels et de leur très haut niveau intellectuel. Un sommet. (Dictionnaire du cinéma)

L’Invasion des profanateurs de sépultures / Invasion of the body snatchers de Don Siegel (1956)

Renouvelant subtilement le thème de l’invasion extraterrestre, ce scénario remarquablement agencé, où la terreur va crescendo, illustre avec une efficacité confondante le thème de la paranoïa – à tel point qu’il a souvent été considéré, au-delà de son prétexte de science-fiction, comme une parabole déguisée sur le maccarthysme. Bien sûr, les haricots géants venus d’ailleurs peuvent symboliser, comme le rhinocéros de Ionesco, toute forme de totalitarisme. C’est ce qui fait la force du film. (Larousse des films)

L’Homme qui rétrécit / The incredible shrinking man de Jack Arnold (1957)

Un remarquable scénario de Matheson et des trucages superbes (le combat de Grant Williams avec l’araignée), l’angoisse du héros devant la nouvelle dimension de l’univers et l’absence de happy-end font de ce film l’un des plus grands chefs-d’œuvre de la science-fiction. (Tulard)

La Mouche noire de Kurt Neumann (1958)

Tiré d’une nouvelle de George Langelaan, le film traite un sujet de SF original, saugrenu et stimulant pour l’imagination : la translation de la matière dans l’espace par désintégration instantanée de ses atomes. Toute l’efficacité du film provient de sa sobriété, s’expliquant à la fois par la volonté des auteurs et par le respect des conventions et de la prudence de l’époque. (Dictionnaire du cinéma)

Fahrenheit 451 de François Truffaut (1966)

Le livre de Bradbury est un récit dystopique de science-fiction. Le film de Truffaut, beaucoup moins. Il témoigne d’un certain souci de réalisme dans le mode de vie des gens et dans  les petits objets de tous les jours. Aussi Truffaut a-t-il abandonné l’idée des chiens-robots de Bradburry. La civilisation de Fahrenheit 451 est donc volontairement décrite comme la nôtre, dotée d’un esprit intellectuel et d’un discernement à l’état végétal. Une société désincarnée, comme inhabitée. Truffaut a réussi à créer une atmosphère de tristesse, d’abrutissement collectif. Le malaise de cette société n’est pas à proprement parler souligné dans le film, mais il est palpable et dérangeant. C’est là que Fahrenheit 451 réussit quelque chose d’intéressant. Seule incursion de Truffaut dans la SF. (Filmdeculte.com)

La Planète des singes / The Planet of the apes de Franklin J. Schaffner (1967)

Adapté du roman éponyme de Pierre Boulle, ce film fut et reste un choc. Mené par un Charlton Heston musclé, indépendant et macho, le film nous dépeint des singes parlant et agissant comme nous, tandis que les humains, dénués de parole voire d’intelligence, sont enfermés dans des cages et soumis à des expériences. John Chambers fut récompensé par un Oscar pour ses maquillages, saisissants pour l’époque (le film fut également oscarisé pour ses costumes et sa musique). La Planète des singes alterne adroitement scènes d’action et de réflexion, les psychologies humaine et simiesque étant très importantes pour le déroulement de l’histoire, jusqu’à son incroyable dénouement final, qui en a définitivement fait un film culte. (Filmdeculte.com)

2001 l’odyssée de l’espace / 2001 a space odyssey de Stanley Kubrick (1968)

Le film a été tiré de la nouvelle La Sentinelle, et non du roman 2001, l’odyssée de l’espace (2001, A space odyssey, 1968) qui fut écrit à partir du scénario du film. C’est la rencontre, à travers les siècles, de l’humanité avec les manifestations d’une intelligence cosmique supérieure. Un chef d’œuvre de la SF et un chef d’œuvre tout court. (BS)

THX 1138 de George Lucas (1970)

THX 1138 annonce tout ce qui fait le George Lucas d’aujourd’hui, cette tension entre une démarche d’auteur, aux thèmes familiers, et la hantise du succès commercial. Car THX 1138 ne rentre pas dans cette catégorie de films comestibles et contient pourtant les thèmes qui ont fait le succès des premiers Star Wars. La grandeur de THX réside dans l’approche systématique et consciencieuse d’un univers d’anticipation aseptisé. (Filmdeculte.com)

Orange mécanique / A clockwork orange de Stanley Kubrick (1971)

Un voyage atroce dans un avenir proche, une histoire sombre teintée d’ironie qui met en scène un futur d’une violence extrême. Une fable brutale et satirique dont le personnage central lutte, viole et tue sans pitié, comme un grand fauve. Soumis à un cruel traitement destiné à le rendre à nouveau « sociable », Alex paraît sain mais fonctionne selon des réflexes qu’il ne contrôle même plus. La société ne peut rien, ni pour lui ni contre lui, il a développé une totale inaptitude à se défendre. Un propos qui ne cesse de nous interpeller pour un film qui aura sans conteste marqué son époque.

Solaris de Andrei Tarkovsky (1972)

Un ton différent dans la SF. « L’homme et la conscience humaine, explique Tarkovski, rencontrent dans l’espace des phénomènes inconnus. Mais quelle est la mesure de la morale pour définir le visage humain dans ce nouveau système de coordonnées ? Comment rester un homme dans une situation inhumaine ? ». (Tulard)

Soleil vert / Soylent green de Richard Fleischer (1973)

Un chef-d’œuvre de la SF qui propose une vision radicalement pessimiste de l’an 2000 : la nourriture, le travail, les conditions de vie, tout s’est dégradé. Un grand moment : la mort de Sol Roth retrouvant fugitivement la vision de la Terre d’autrefois à jamais perdue. (Tulard)

La Guerre des étoiles / Star wars de George Lucas (1977)

Premier épisode d’une saga désormais entrée dans la légende. Pour mettre en œuvre cette épopée, George Lucas a réussi à forger avec habilité une mythologie nouvelle, s’inspirant des chansons de geste, des récits mystiques et des romans de cape et d’épée. L’importance inédite des moyens et la qualité impressionnante des effets spéciaux font que Star Wars marqua une date dans la SF et fut, accessoirement, un des plus importants succès commerciaux du cinéma mondial. (Larousse des films)

Rencontres du troisième type / Close encounters of the third kind de Steven Spielberg (1977)

Rencontres du troisième type est à la fois profondément ancré dans son époque (une Amérique post-Watergate, comme en témoigne notamment l’intervention d’un gouvernement menteur dans le film, mais désireuse de croire en un ailleurs plus accueillant) mais demeure également un chef-d’œuvre intemporel. Il s’impose comme le premier film visuellement spielbergien, précédant multiples merveilleuses rencontres à venir, qu’il s’agisse à nouveau d’extra-terrestres ou bien de dinosaures. Outre sa propre filmographie, Spielberg a influencé avec ce film de nombreuses œuvres à venir. (Filmdeculte)

Mad Max de George Miller (1979)

En quelques minutes, le temps pour George Miller de filmer des kilomètres de bitume avalés par des punks motorisés, Mad Max impose une icône, une vraie. Celle d’un flic à la dérive, traumatisé par un monde au bord du gouffre dont sa femme et ses enfants ont été les premières victimes. Mais au delà du personnage – évolutif dans trois épisodes passionnants même si un rien inégaux -, le film impose un style (le heavy metal filmique). (Filmdeculte)

New-York 1997 / Escape from New York de John Carpenter (1980)

Fort d’un scénario puissant et racé qu’il transcende d’une de ses meilleures compositions musicales et par une mise en scène à la fois novatrice et référentielle, New York 1997 est une œuvre impérissable qui, en plus d’apposer une solide pierre  à l’édifice, dévoile l’ensemble des thématiques du maître, sa vision du cinéma et sa façon de travailler.  (ecranlarge.com)

Blade runner de Ridley Scott (1981)

Visuellement splendide, ce film introduit la magie du film noir des années 40 dans une bande de science-fiction. Grâce au sujet inspiré de Philip K. Dick, le film est aussi une réflexion sur le problème de la conscience : peut-elle se communiquer ? Mentionnons enfin les superbes effets spéciaux  de Douglas Trumbull pour dire que Blade Runner est un monument du cinéma de SF. (Tulard)

E.T.,  l’extraterrestre / E.T. The extraterrestral de Steven Spielberg (1982)

E.T. est vraiment un grand film. Ou un grand petit film. Un petit film personnel, tourné pour 10M$ par un metteur en scène propulsé star en moins d’une décennie. Après les succès consécutifs de grosses machines comme Les Dents de la mer, Rencontres du 3e type et Les Aventuriers de l’Arche Perdue (et malgré l’échec financier de 1941), Steven Spielberg réalise ici l’un des films les plus représentatifs des récurrences thématiques qui caractérisent sa carrière. (Filmduculte.com)

Brazil de Terry Gilliam (1984)

Brazil est une sorte de conte fantastique, fortement inspiré de Kafka ou de George Orwell. Brazil, c’est une ville cauchemardesque, rafistolée (problèmes de tuyaux), à l’architecture froide, prisonnière de la bureaucratie, et où une simple mouche tombée dans l’imprimante va faire basculer la vie de plusieurs personnes (Tuttle-Buttle). Brazil, c’est aussi une chanson bossa-nova dont le thème lancinant ne vous quittera plus. Brazil, c’est encore une ville homonyme exotique dont l’architecture un peu folle aurait inspiré Terry Gilliam. (BS)

Terminator de James Cameron (1984)

En quelques mots, Terminator c’est tout simplement la quintessence du cinéma SF, la Roll’s Royce de la série B, le must du tournage guérilla. Découpage minutieux, moderne, nerveux, et qui donne tout son sens au mot « efficacité ». Malmené avec délice par l’excellent monteur Mark Goldblatt (Terminator 2, Armageddon), le découpage insuffle une éblouissante énergie, depuis tristement disparue du royaume hollywoodien. La mise en scène du génie Cameron se matérialise aussi bien dans les nombreuses courses poursuites que dans les scènes du Terminator en action. (Filmdeculte.com)

Retour vers le futur de Robert Zemeckis (1985)

LA trilogie qu’on ne présente plus. Robert Zemeckis a voulu moderniser le sujet en plaçant la machine à voyager dans le temps dans une DeLorean. Une comédie familiale. (BS)

Armée des 12 singes / Twelve monkeys de Terry Gilliam (1995)

Inspiré de La Jetée de Chris Marker, le film n’en est pas le remake. Le scénario propose une réflexion sur le temps et la mémoire ainsi que sur le dédoublement de la personnalité. On reconnait le style de Terry Gilliam, son goût notamment des architectures monumentales.

Bienvenue à Gattaca / Gattaca de Andrew Niccol (1997)

Multipliant les expériences, additionnant les genres, mélangeant science-fiction, enquête policière, histoire(s) d’amour(s) et destins tragiques, Niccol construit son monde en refusant de le simplifier. Mieux que cela, il met un point d’honneur à dépasser son sujet, potentiellement riche en scènes démonstratives, pour créer une œuvre contemplative où la poésie de l’instant emboîte le pas sur les vicissitudes d’une intrigue pourtant charnue. (Filmdeculte)

Matrix des frères Wachowski (1998)

Matrix est une œuvre de geeks, d’anonymes, de noctambules cinévores et webophiles, des adolescents attardés théorisant sur la période « costume bleu » de Superman et la rencontre Greedo/Han Solo cuvée 97. Franchissant le cap ô combien ardu de la maturité, les frères Wachowski sont parvenus à concentrer ce flot monstrueux pour réaliser le rêve d’une foule fanatique intransigeante. La méticuleuse précision du tout est la première qualité du métrage. Quand un film d’action d’une telle ampleur (genre action tendance hétéroclite) et d’une rare intelligence pour notre ère cinéphilique hyper productive, force le respect d’un public qui en a pourtant vu d’autres, alors le culte n’est pas volé. Il est indispensable. (Filmdeculte.com)

District 9 de Neill Blomkamp (2009)

Peter Jackson ne s’est pas trompé en produisant ce premier film du réalisateur sud-africain inconnu jusqu’alors. Une histoire de crevettes géantes extra-terrestres qui vont se retrouver parquées (dommage que ce ne soit pas des moules) dans des camps de réfugiés et traitées comme des immigrés clandestins. Une transposition intelligente des thèmes de l’expulsion et de la xénophobie. (BS)

Moon de Duncan Jones (2009)

Moon est un huit-clos spatial inévitablement comparé à 2001 l’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick. Premier film surprenant autant au niveau de l’originalité du scénario que pour la performance de l’acteur Sam Rockwell. A souligner également la musique qui colle parfaitement au film, écrite par Clint Mansell (auteur attitré entre autres de B.O.. des films de Darren Aronofsky). (BS)

Avatar de James Cameron (2009)

Avatar ouvre l’ère de la 3D, ce qui lui vaut une place dans ce parcours des films clés de la SF. Si certains lui trouveront finalement un scénario assez plat, le grand paradoxe cultivé par Avatar repose sur la défense de valeurs écologiques essentielles par le biais d’une technologie plus que jamais suffisante.

Inception de Christopher Nolan (2010)

Comme Blade Runner ou Matrix, Inception est le genre de classique instantané qui n’arrive qu’une fois tous les dix ans au cinéma. Ce blockbuster à la fois introspectif et spectaculaire a de quoi combler toutes les sensibilités. Nolan distille par sa mise en scène virtuose, son amour pour les comédiens (la manière dont ils évoluent dans le cadre, les regards, les attitudes, les confrontations) et sa capacité à créer des atmosphères torves (la mélancolie urbaine, déjà présente dans les Batman) un charme qui hante durablement. (excessif.com)

A suivre, chapitre (3) : les films clés du cinéma de la fantasy

BS

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