Florilège (6)

« Le petit recueil de nouveautés classique »

 

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Ronald Brautigam – Mozart – Concertos pour piano

  Cet enregistrement est le premier d’une série que Ronald Brautigam consacrera aux œuvres pour piano et orchestre de Mozart exécutées sur instruments anciens. Tout au long de cette entreprise, l’instrument soliste sera accompagné par un orchestre à la dimension variable, à l’image des contextes variés dans lesquels Mozart a exécuté ces œuvres. Ronald Brautigam joue ici sur la copie d’un pianoforte Anton Walter de 1795. Si le concerto k271 en mi bémol majeur dit « Jeune homme », une œuvre en fait écrite pour la virtuose Victoire Jenamy, demande une technique sans faille et un réel talent pour l’expression rhétorique, il n’en est pas de même pour le concerto K414 en la majeur qui fait partie d’un groupe de trois concertos composés pour la saison de concerts du printemps à Vienne. Ces œuvres qui pouvaient être exécutées avec orchestre, mais aussi plus simplement avec quatuor à cordes, devaient satisfaire les connaisseurs, tout en étant agréables pour les amateurs sans éducation musicale. (AF)

Anne Renouprez & Eliane Reyes – Debussy – Recueil Vasnier

  Anne Renouprez et Eliane Reyes enregistrent ici leur premier album consacré au œuvres de jeunesse de Debussy. Entre « Sur des poèmes de Théodore de Banville » et « Sur un poème de Stéphane Mallarmé » le CD présente en première mondiale les 13 pièces du Recueil Vasnier que Debussy avait dédié à Marie-Blanche Vasnier de 1882 à 1884. (JL)

Kris Defoort – The Woman Who Walked Into Doors

  Quelles sont les pensées qui peuvent assaillir une femme lorsque la police lui annonce que son mari vient d’être abattu après avoir commis un crime violent ? Dans le premier acte de l’opéra de Kris Defoort, ce sont deux femmes, une chanteuse et une actrice, qui vont donner vie au ressenti de Paula Spencer, personnage du roman de l’écrivain irlandais Roddy Doyle. Ce dispositif bicéphale se trouve renforcé par la vidéo ainsi que par deux orchestres dévolus chacun à un style musical différent: le jazz pour Dreamtime, la musique de chambre pour Prometheus Ensemble. Ces moyens, le compositeur les met au service du message qu’il souhaite transmettre: la souffrance d’une femme victime de violence conjugale. Au fil des trois actes, nous découvrons toute l’étendue du drame vécu par Paula, drame sur lequel elle a toujours gardé le silence, jusqu’à la création de l’opéra en 2001. Sujet sordide ? Fable sociale ? Quotidien des faits divers ? Détrompez vous. Ce thème, traité avec une efficacité redoutable par le metteur en scène Guy Cassiers et porté par une musique des plus expressives, nous atteint tous dans les tripes, provoquant une catharsis salutaire permettant à nos coeurs de se remettre à battre. (AG)

Beethoven – Intégrale de Neufs Symphonies – Emmanuel Krivine

  Emmanuel Krivine et la Chambre Philharmonique ne revendiquent pas l’authenticité historique pour elle-même ; l’instrumentation ancienne est choisie ici pour sa richesse de sonorités, sa capacité de faire parler Beethoven à travers le matériau qui était le sien. Il en résulte évidemment un débit et une élocution peu habituelles et qui, même si elles peuvent déconcerter à certains endroits, dégagent un charme naturel qui fait mouche. (JL)

Itaipu – Philip Glass

  Le barrage d’Itaipu est la plus grande centrale hydroélectrique du monde, elle alimente en énergie le Brésil et le Paraguay. Pour réaliser cette merveille technologique, il a fallu inonder le Salto de Sete Quedas, site touristique et naturel. Pas d’omelette sans oeufs cassés. Ce paradoxe a inspiré à Phil Glass une œuvre pour chœur et orchestre en quatre mouvements dans laquelle son écriture répétitive prend un caractère lancinant.

Ecrit pour le trois cent cinquantième anniversaire d’existence du Québec, les Three Songs pour choir a cappella transposent à la voix le procédé orchestral cher au compositeur: les notes répétées. Les textes sont de Leonard Cohen, Raymond Levesque et Octavio Paz. (AG)

Franz Peter Schubert – Schubertiade Nachtmusik

  Composé de 12 solistes, l’ensemble « Orpheon » fut créé dans l’orbite du Collegium Vocale de Gand avec le désir de faire revivre la tradition du choeur d’hommes, la « Liedertafel » qui se développa dans la période dite « Biedermeier » du début du 19ème siècle. L’enregistrement s’inspire des « Schubertiades » qui offraient à l’époque un cadre idéal d’épanouissement pour le Lied. Jan Vermeulen accompagne ici avec le piano forte Nannette Streicher de 1826. (JL)

Lucien Durosoir – Le Balcon

  La carrière de soliste international de Lucien Durosoir fut interrompue par la guerre de 14-18 pendant laquelle il devait se lier d’amitié avec le compositeur André Caplet et le violoncelliste Maurice Maréchal, tous deux mobilisés avec lui. De soliste il devint compositeur et sut développer un style personnel qui, quoique sobre et structuré, prenait pas mal d’audaces avec la tonalité en maintenant notamment les résolutions en suspens et en jouant sur la hardiesse des contrastes. Le CD, qui nous fait connaître deux de ses rares oeuvres vocales, offre une palette représentative de l’évolution de son style et aussi de sa capacité d’adapter la poésie à la musique. (JL)

Waves – Peter Adriaansz

  Peter Adriaansz est né à Seattle en 1966 mais étudia la composition aux conservatoires de La Haye et Amsterdam où Peter-Jan Wagemans, Louis Andriessen et Brian Ferneyhough figurèrent parmi ses professeurs. A partir de 1993, Adriaansz composa essentiellement sur commandes, celles-ci provenant d’ensembles et de musiciens de tous pays. Toute sa musique est placée sous le signe de la recherche et l’interrogation existentielle, très perceptible dans son travail sur le temps, imprègne aussi bien la recherche de structures que l’exploration sonore. « Waves » interpelle notre posture d’écoute par la lenteur de ses micro-transformations, amenant l’oreille à se relativiser elle-même au travers du son et à atteindre une zone de sensibilité et de flottement où les niveaux de perception et de compréhension se confondent. (JL)

Jerusalem Quartet – Mozart K.157, 458 & 589

  Après les deux admirables lectures de quatuors de Haydn que le Jerusalem Quartet a enregistrées, nous découvrons un Mozart à mi-chemin entre classicisme et romantisme. Clarté de l’architecture accentuée par un vibrato savamment dosé, chaleur et velouté des graves, lyrisme des lignes mélodiques… On pourrait regretter le manque de légèreté et d’insouciance dans le K.157, œuvre de jeunesse (Mozart avait 16 ans), mais l’intelligence et le raffinement général nous font vite oublier cette réserve mineure. (NR)

Gustav Holst – Les Planètes

  Considéré par un large public comme le créateur d’une seule œuvre (« Les Planètes »), Holst composa bien d’autres pièces caractéristiques. Les « suites orientale et japonaise » font partie de cet enregistrement qui prône les pièces écrites entre 1909 et 1916. A cette époque, le compositeur s’était écarté des œuvres d’influence wagnérienne et se rapprochait de la musique traditionnelle anglaise par le biais de Vaughan Williams. (MDW)

Carl Stamitz – Symphonies – L’Arte del Mondo

  Fils de Johann, fondateur de l’Ecole de Mannheim et promoteur de la symphonie, Carl Stamitz devait connaître un purgatoire de plusieurs centaines d’années avant de pouvoir se faire à nouveau entendre. Virtuose du violon, de l’alto et de la viole d’amour, Carl connut la vie d’un musicien itinérant, allant de cours en cours et de villes en villes, subsistant grâce à des concerts et ses compositions qu’il vendait. Il n’est pas toujours facile de dater les œuvres du compositeur, seule la presse donne des indications précises quant aux dates de publication. Ainsi le Mercure de France annonce en 1773, la publication de la Symphonie en Fa majeur « La Chasse », descriptive à souhait et dans laquelle on remarquera l’usage fait des clarinettes qui depuis l’Ecole de Mannheim faisaient parties de l’orchestre. Autre particularité instrumentale, la partie d’alto s’individualise ce qui est une grande nouveauté pour le 18ème siècle. On appréciera aussi l’expressivité dramatique de la musique, digne d’un représentant de l’Empfindsamkeit et que l’interprétation de l’Arte del Mondo porte au bon niveau d’incandescence. Vraiment à découvrir. (AG)

Evgeni Bozhanov – Frédéric Chopin

  Né à Rousse (Bulgarie) en 1984, Evgeni Bozhanov a pu s’affirmer, au delà de ses nombreuses distinctions dont le second prix au Concours Reine Elisabeth et de la quatrième place au Concours Chopin de Varsovie, par une expressivité très marquée et une sensibilité très personnelle. L’enregistrement eut lieu dans la salle de « La Chaux-de-Fonds » en Suisse et constitue le premier récital en tant que soliste de Bozhanov. (JL)

Tedi Papavrami – Bela Bartok & J.S Bach

  Déjà l’auteur de transcriptions de sonates pour clavier de Domenico Scarlatti (BS2815), Papavrami réédite l’exploit de transposer des partitions destinées à l’orgue pour le violon. Ces transcriptions encadrent à merveille l’impressionnante Sonate pour violon seul de Bartok. Un programme étonnamment équilibré. (NR)

Sir John Tavener – Towards Silence

  Towards silence réunit quatre quatuors à cordes et un grand bol de temple tibétain. L’œuvre est inspirée par la lecture du livre du métaphysicien français René Guénon (1886-1951) « L’homme et son devenir selon le Vêdânta ». John Tavener propose une méditation en musique sur les quatre stades de l’Atma. Le matériau sonore se base sur la symbolique d’où le choix de l’instrumentation. Avec Towards silence, on atteint un sommet de musique contemplative, il y a peu d’événements sonores à proprement parler mais plutôt une présence permanente du son, de quoi s’intérioriser ou au contraire se sentir être dans l’instant. (AG)

Diana Damrau – Richard Strauss – Lieder

  La version pour orchestre des Lieder de Strauss était l’occasion pour Diana Damrau de démontrer sa capacité d’explorer non seulement les richesses serties dans la musique de Strauss mais aussi les correspondances subtiles que celui-ci réussit à tisser entre la musique et le texte poétique. Au delà de cette complicité bavaroise qui relie Damrau, Thielemann et Strauss, un enthousiasme et une adhésion profonde à la force poétique se révèlent convaincants dès les premières mesures. (JL)

Gyorgy Ligeti – Sonate pour Alto – Geneviève Strosser

  Geneviève Strosser porte son instrument au point d’incandescence dans ce récital qui réunit un faisceau de pièces virtuoses pour l’alto. Trema de Heinz Holliger dont nous connaissions déjà la version pour violoncelle, demande une conception à la fois verticale et horizontale de la musique ainsi qu’une implication totale de l’instrumentiste. La Sonate de Ligeti est exigeante pour l’instrument, utilisant à plaisir la corde la plus grave de ce dernier et imaginant un spectre harmonique qui ouvre tout droit les portes de la micro-tonalité. Chez Donatoni, c’est le geste qui importe dans la création d’un discours fantasque, en marge de l’instrument. Une autre surprise attend l’auditeur avec la Toccatina d’Helmut Lachenmann, pièce écrite à l’origine pour le violon et que Geneviève Strosser s’approprie avec brio. L’alto devient ici une sorte de koto dans un espace vide de son mais totalement habité. Avec Scelsi, c’est une plongée dans l’essence sonore dans une recherche de vibrations. Tout ce qui porte cordes est appelé à vibrer: les cordes de l’alto et les cordes vocales de l’interprète dans un bain de micro-sons à la fois fascinant et désorientant. Un grand moment instrumental. (AG)

Contributeurs :

Au service des collections :

Nathalie Ronvaux (NR) ~ Anne Genette (AG) ~ Andrée Forster (AF) ~ Marie de Wautier (MDW)

Jacques Ledune (JL)

A le Média Bxl :

Françoise Vandenwouwer (FVW)

Philippe Cantaert (PC)

A propos La média de bxl

La médiathèque de Bruxelles Centre : un repaire de découvertes et de passions. Nous aimons les musiques, les films, le multimédia. dans tous les genres, tous les courants. A la recherche de titres précis ou envie de découvertes ? Nous vous proposons plus de 100.000 titres musicaux et audiovisuels en accès direct, ainsi que des sélections ciblées. La médiathèque, c’est cinquante ans d’histoires culturelles enrichies au quotidien par des mélomanes et cinéphiles rodés au défrichage de répertoires et tendances sans cesse renouvelées. Bienvenue !
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