Les clés du rock : Steve Albini (15)

Compte-rendu des divans du rock du samedi 14 mai.

Qui est Steve Albini ?

Depuis le temps que je vous en parle….

Musicien, guitariste et producteur installé à Chicago. Comme musicien et guitariste il est une figure importante du rock indépendant  depuis la moitié des années 80. Et comme producteur, il est l’un des plus couru,  il a produit des dizaines et des dizaines d’albums de groupes d’indie rock, des albums mythiques comme  « In Utero » de Nirvana, « Surfer Rosa » des Pixies ou « Rid of Me » de PJ Harvey, mais aussi « Walking Into Clarcksdale » de Jimmy Page et Robert Plant et surtout une multitude de jeunes groupes émergents – suivez ce lien et vous verrez que la liste impressionnante.
Commençons par Albini – le musicien. Au début des 80’s, il rédige des articles incendiaires sur la société américaine dans des fanzines, mais il abandonne assez vite le journalisme pour se consacrer à la musique.

Il fonde Big Black, et dès sa naissance le groupe a un genre bien à lui. Albini le défini comme punk rock, dans l’esprit oui c’est indéniable mais musicalement je dirais que c’est plutôt hardore, indus, très radical en tous cas. Les premiers EP’s que l’on retrouve rassemblés sur « The Hammer Party » laissent entendre un musique robotique, glaciale, avec des claviers et un sax qui disparaitront très vite. Une musique et des textes sans concessions.  Albini est à la guitare et au chant, une guitare acérée et les textes sont plus clamés que chantés, déformés par des filtres. En 1987, sur leur deuxième et ultime album « Songs About Fucking » on  trouve déjà les bases de ce que sera Shellac quelques années plus tard.  Un disque très radical, brutal, puissant, une tuerie. Mais Big Black se sépare peu après.

Il fonde Rapeman la même année, avec lequel il sortira 2 albums et qu’il dissoudra en 1988.

En 1992, il fonde Shellac avec Bob Weston à la basse (et également producteur)  et Todd Trainer à la batterie. En neuf ans, ils n’ont sorti que quatre albums.
Sorte de trio infernal, un rock incisif, un batteur métronomique, sec et ultra précis.
Rock minimal aussi, de même que leur matériel sur scène par exemple qui se résume à de gros amplis ayant chacun un bouton on/off c’est tout, pas plus de fioritures pour le matériel que pour la musique.  Du brut !  Albini porte sa guitare ceinturée à la taille.

Les titres n’entrent pas dans un canevas couplet-refrain, les compositions sont à la fois complexes et répétitives, il y a des breaks, des accélérations et décélérations qui perturbent nos habitudes dites rock. Leur son  métallique vient de l’aluminium qui entre dans la fabrication de leurs instruments et Albini utilise un plectre en métal également.

Pour les concerts, ils ont également une démarche assez personnelle qui est de ne  pas  faire de tournées en fonction de leur actualité, mais plus en relation avec le lieu, la saison, leur envie de quitter le studio d’enregistrement de Chicago. En fait pour eux, une tournée équivaut à des vacances. C’est aussi pour cette raison, que sur scène ils sont détendus et même blagueurs puisqu’ils jouent pour leur plaisir et le notre par la même occasion.

Albini le producteur est aussi particulier qu’Albini le musicien. Il accepte de faire ce travail par plaisir et intérêt personnel.  Si le musicien ou le groupe demandeur ne l’attire pas il refusera le travail. On dit qu’il y a une « couleur » Albini, mais non, pas forcément, il respecte le genre musical et la demande du client (exemple Robert Plant et Jimmy Page). Il impose peu, si ce n’est qu’il travaille en analogique et qu’il préfère les enregistrements live. Il laisse l’artiste s’exprimer librement et lui propose ses compétences, d’ailleurs en général il est crédité comme ayant enregistré le disque, et non comme l’ayant produit.
Voici une interview dans laquelle il explique sa notion du show business.

Appréciation toute personnelle : j’ai eu l’occasion de voir Shellac sur scène à plusieurs reprises, et à chaque fois ce fut une bonne claque. Des concerts qui laissent des traces.

Petite discographie sélective :

Big Black « Songs About Fucking »

Shellac « At Action Park »

Shellac « Excellent Italian Greyhound »

Bonnes découvertes.

Brigitte

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