Parcours fan-tas-tique (5 et fin) : les films clés du cinéma fantastique

Le sous-genre « Fantastique » est probablement le plus difficile à sonder car c’est souvent sous cette appellation que l’on classe pêle-mêle les films SF, Horreur ou Fantasy. Nous parlerons donc bien du fantastique, dans le sens strict du terme, celui qui intègre des éléments étranges et inexplicables (point déterminant qui le distingue de la Science-fiction) évoquant l’intrusion du surnaturel dans un cadre familier. On y classera donc des films impliquant des vampires, des phénomènes surnaturels, des diableries sans intention de faire peur…

Faust / Faust eine deutsche volkssage de Friedrich W. Murnau (1926)

C’est à l’évidence l’un des films les plus ambitieux de l’histoire du cinéma tant sur le plan thématique que formel. Murnau a voulu dépeindre l’affrontement de Dieu et du diable, de la lumière et de l’obscurité, de l’homme et des forces occultes, grâce à une utilisation maximale des pouvoirs du cinéma dans des domaines de l’espace, de la photographie, de l’interprétation. Faust est peut-être bien le chef-d’œuvre du cinéma de caractère fantastique et légendaire. (Dictionnaire du cinéma)

King Kong de Ernest B. Schoedsack (1933)

Cette variation très consciente du thème de la Belle et la Bête a suscité le mythe cinématographique le plus durable de l’histoire du cinéma avec celui de Tarzan. King Kong est le premier film parlant dont les effets relèvent d’une série de méthodes de trucage qui ne cesseront d’être utilisées pendant des décennies : animation image par image, transparence en grandeur réelle et en miniature, peinture sur verre, superposition de plusieurs images dans le même plan. (Dictionnaire du cinéma)

Dr Jekyll & Mr Hyde de Rouben Mamoulian (1931)

Pour beaucoup, la meilleure adaptation de Stevenson, parce qu’elle met l’accent sur la sexualité refoulée du prude Jekyll devenu le sadique et pervers Mr Hyde, et parce que les transformations de Jekyll en Hyde sont particulièrement réussies. (Tulard)

C’est arrivé demain de René Clair (1944)

Très amusante comédie fantastique sur le postulat de la machine à explorer le temps. René Clair trouve un ton cocasse et légèrement ironique qui le rapproche de l’humour anglo-saxon, flirtant volontiers avec le macabre. La construction du film est toute en finesse, jouant sur les paradoxes temporels inhérents à ce type de scénario.

La Belle et la bête de Jean Cocteau (1945)

Le chef-d’œuvre de Cocteau. Il illustre à la perfection un genre, le merveilleux, qu’il renouvelle de fond en comble avec son innocence et son invention de poète. La Belle et la Bête appartient à cette lignée de films qui, par tel ou tel de leurs éléments, ont quelque chose d’unique. (Dictionnaire du cinéma)

Manuscrit trouvé à Saragosse / Rekopis znalezinoy W Saragossie de Wojciech Has (1964)

Folie baroque et surréaliste vénérée par Martin Scorsese et Francis Ford Coppola, adaptée d’un livre dont l’auteur, Jan Potocki, s’est suicidé en 1815. Rejeton déviant de la méconnue nouvelle vague polonaise, d’une frontalité plastique que ne renierait pas le cinéma iranien populaire de la fin des années cinquante (on songe par exemple à Shabneshini dar Jahanam de Samuel Khatchikian et Movashagh Sorouri, fascinante virée en enfer elle-même inspirée par les envolées picturales de Georges Méliès) ou l’avant-gardisme buñuelien (le grand Luis n’a d’ailleurs jamais dissimulé son amour pour le film de Has) de L’Age d’or, le titan de Has ne se lasse pas d’éblouir. (Filmdeculte.com)

Malpertuis de Harry Kumel (1972)

Excellente adaptation de l’un des meilleurs romans de Jean Ray. Décors, personnages (la distribution est éblouissante), éclairages, tout contribue à créer une atmosphère étrange et poétique. Ce film occupe une place originale dans le cinéma fantastique. (Tulard)

Pique-nique à Hanging Rock / Picnic at Hanging Rock de Peter Weir (1975)

Ce chef-d’œuvre du fantastique australien est aussi le premier film où s’exprime la poétique de la dissolution chère à Peter Weir, et sa sensibilité particulière aux éléments naturels. Le soleil, la roche, le vent, l’eau composent ici un univers de tentations insidieuses où s’abolissent tous les repères traditionnels de la rationalité. Un parcours initiatique, un film envoûtant, sensuel et lyrique, dont l’écho se fera entendre à travers toute l’œuvre de Peter Weir. (Larousse des films)

La Malédiction / The Omen de Richard Donner (1976)

Sobre et économe, La Malédiction est en contradiction totale avec ces agressions publicitaires (deux fois le budget du film). Ce qui fait sa réussite, c’est l’équilibre constant entre le fantastique et le réalisme. Le film tient la posture qui définit le fantastique en tant que genre littéraire: il ne s’agit pas d’obtenir une réponse quant à ce qui a lieu, mais bien de douter, et seulement de douter. Damien est-il vraiment le fils du Diable? La Malédiction a réellement sa place, parce qu’il a œuvré pour la pérennité du fantastique à Hollywood, et parce que Richard Donner put ensuite réaliser Superman, son chef d’œuvre. (Filmdeculte)

Stalker de Andrei Tarkovsky (1979)

Ce film se présente comme un voyage initiatique dont le début, qui montre les difficultés « extérieures » de l’accès à la zone, est une suite de séquences en noir et blanc qui ont toutes les apparences du cauchemar, tandis que les scènes en couleurs qui suivent à l’intérieur de la zone correspondent plus à une quête intérieure où les personnages se cherchent dans un labyrinthe imaginaire. La chambre des désirs n’y semble exister qu’à titre de virtualité. Ce qui est une autre façon de dire que l’objet de la quête était dans l’itinéraire et que le but n’avait guère d’importance. Ce qui comptait, c’était la beauté et la terreur des choses vues et donc le film lui-même en tant que moyen et finalité de voyage. (Larousse des films)

Gremlins de Joe Dante (1984)

Des monstres ravageurs envahissent une ville et y sèment le désordre. Sur ce thème un peu usé, Joe Dante plaque un formidable humour. Une étonnante réussite. (Tulard)

Blue Velvet de David Lynch (1986)

Le film est intéressant pour aborder l’univers de Lynch : l’ensemble des obsessions sont là, dans le cadre d’un schéma narratif encore linéaire, ce qui sera de moins en moins le cas par la suite. Le rapport au spectateur repose largement ici sur le processus d’identification, dans une veine hitchcockienne fondée sur le suspense. (Tulard)

Angel heart / Aux portes de l’enfer de Alan Parker (1987)

Faust en film noir : un univers glauque, inquiétant, outré ; des meurtres à la pelle et surtout le fabuleux duo Rourke-De Niro. Le meilleur film de Parker et l’un des sommets du film noir-fantastique. (Tulard)

L’Echelle de Jacob / Jacob’s ladder de Adrian Lyne (1990)

On plonge dans un univers névrotique et angoissant, où l’anecdote de début ne constitue plus qu’une trame nécessaire mais estompée au développement d’un récit passionnant dans sa construction. Indéniablement Adrian Lyne réussit ici un coup de force, en transformant un sujet très utilisé en un délire narratif fantastique et très original. (Tulard)

Edward aux mains d’argent / Edward scissorhands de Tim Burton (1990)

Conte de fées pour adultes, travail de recherche esthétique, pamphlet sur l’exclusion, ce film est tout ça à la fois. Tim Burton impose ici définitivement son talent, par le regard unique qu’il porte sur le monde, un regard empreint de poésie et de cruauté mélangées. Un classique. (BS)

Dracula / Bram Stocker’s Dracula  de Francis Ford Coppola (1992)

Coppola dépoussière le mythe et lui donne une véritable dimension historique et psychologique, tragique, pathétique et paradoxalement humaine, beaucoup plus fidèle au roman de Bram Stoker que les précédentes adaptations. La réalisation est splendide et baroque, inventive et ironique. Superbe.

Entretien avec un vampire / Interview with a vampire de Neil Jordan (1994)

Adapté des romans à succès d’Anne Rice, ce film mêle le romantisme au thème du vampirisme comme on ne l’avait encore jamais vu. Même si l’histoire d’amour gothique du Dracula de Coppola était magnifique, elle était assez conventionnelle. Ici, nous voyons naître la relation qui unira pour l’éternité (puisque les vampires sont immortels) Louis à Lestat, son créateur. Ainsi, Entretien avec un vampire, doté de toutes ces qualités, figure parmi les incontournables des films dits « de vampires », se démarquant des autres tant par son avant-gardisme que par son érotisme. (Filmdeculte.com)

The Crow de Alex proyas (1994)

Adapté du comics du même nom crée par James O’Barr, The Crow réussit à conter une histoire d’amour à laquelle même la mort ne parvient à mettre un terme. Se situant dans un décor violent (la ville est contrôlée par les gangs), le film emprunte au mouvement gothique son esthétique sombre ainsi que son romantisme. Le décès accidentel de l’acteur Brandon Lee lors du tournage a renforcé le mystère autour du film. (Larousse des films)

Le Sixième sens / The sixth sense de M. Night Shyamalan (1999)

Enorme succès pour ce film que l’on hésite à classer dans le genre fantastique et qui vaut surtout pour son scénario habilement agencé et le coup de théâtre final qui a fait le triomphe de l’œuvre. On ne peut en dire plus, si ce n’est « à voir jusqu’au bout ». (Tulard)

Donnie Darko de Richard Kelly (2001)

Oscillant entre le drame, le fantastique, la satire et l’onirisme, ce conte philosophique et macabre est une pure merveille. Le scénario, passionnant d’un bout à l’autre quoique assez touffu nous entraîne dans l’esprit d’un adolescent solitaire et tourmenté, et promène le spectateur dans un univers fascinant, flirtant avec le surréalisme. Parallèlement à son récit, Kelly développe, en outre, un violent réquisitoire contre l’Amérique puritaine et conservatrice qui pourrit la société de l’intérieur et offre une vision désenchantée de la jeunesse yankee. (Tulard)

L’Echine du Diable de Guillermo del Toro (2001)

Guillermo del Toro renoue ici avec le cinéma fantastique d’auteur et signe, n’ayons pas peur des mots, un chef-d’œuvre du genre. L’échine du diable est un film mystérieux et angoissant, doublé d’une magnifique exploration du monde de l’enfance. Un film sensible, intelligent, poétique et torturé, qui catapulte définitivement del Toro parmi les meilleurs réalisateurs de sa génération. (Tulard)

The Others / Les Autres de Alejandro Amenabar (2001)

Chef d’œuvre du film d’angoisse, où tout est suggéré et où le spectateur est comme envoûté par l’action qui se déroule devant lui, jusqu’au coup de théâtre final.

Twilight de Catherine Hardwick (2008)

Même si on peut discuter de la qualité de ce genre d’adaptation, on ne peut nier le succès que cette saga a engendré. Le mythe du vampire a fortement rajeuni et a le vent en poupe auprès des jeunes adolescentes. L’air du « bit-lit », une littérature mettant en scène de jeunes et belles héroïnes en prise avec des créatures qui mordent comme les vampires ou les loups-garous, est lancé… (BS)

Sélection réalisée par Brigitte Segers.

Textes issus de diverses sources.

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