Les chouchous du rock dans le divan (43)

 Compte rendu du divan du samedi 14 mai 2010

Nicolas Jaar « Space Is The Only Noise » – Wordandsound Compact 2011

Nouveau nom dans le paysage de l’electronica new-yorkaise, Nicolas Jaar est un très jeune homme a l’imagination débordante quant aux collages textes/ musique.
En 2010 il a sorti deux E.P  « Time For Us » et « The Student » sur le label new-yorkais Wolf+Lamb.

Il est le fils d’Alfredo Jaar, artiste conceptuel chilien, il a passé son enfance au Chili et s’est ensuite installé à New-York avec ses parents. En écoutant son album, il parait clair que sa connaissance de la culture artistique européenne est très étendue.
Il entremêle harmonieusement des fields recordings, des textes et des interviews de Jean-Luc Godard, Serge Daney (critique aux Cahiers du Cinéma), Vito Acconci (vidéaste américain),  Tristan Tsara (poète roumain, un des fondateurs du mouvement Dada).
Petit, il a suivi quelques cours de piano, instrument qui sert d’ossature à plusieurs plages. Mélodies aux rythmes alternés  rapides – lents , des notes désaccordées, des dissonances  – jeu fortement influencé par Satie.

Le disque s’ouvre sur « Etre », des bruits d’eau, de vaguelettes, sur lesquels il a posé les voix de Godard et Serge Daney.  Viennent ensuite le piano et des petits cris d’enfants et d’adultes au loin, un peu comme quand on somnole sur une plage. C’est doux, c’est relaxant.
« Too Many Kids Finding Rain In The Dust » un magnifique morceau lent et ouatiné, « I Got A » un texte de Tristan Tzara  avec un échantillon de  « I Got A Woman »  de Ray Charles pourrait attirer les amateurs de down tempo. Dans une interview donnée au Inrocks, Jaar considère « Space Is Only Noise If You Can See » comme le single pop tubesque de l’album, celui qui sera le plus téléchargé, le garçon ne se fait pas trop d’illusions quant à la manière dont le public « consomme » la musique aujourd’hui. « Les gens ne se fatiguent plus à acheter un disque en entier et se contentent d’une chanson, alors je leur mâche le travail en glissant un titre immédiat dans un ensemble expérimental, difficile.”   C’est vrai, mais son disque n’est ni expérimental ni d’un abord difficile. C’est un album posé et  hypnotique qui glorifie la lenteur.

Le corps mince de Françoise « Love And Nature » – Heavenly Records 2011

Quel drôle de nom ! Pourquoi pas Libellule ou Papillon.
Les groupes pop ont l’art de se trouver des noms à coucher dehors dans la langue de Molière, c’est la preuve qu’ils ne se prennent pas au sérieux et c’est très bien comme ça.

Il y avait déjà les britanniques « Où est le swimming pool », les Américaines « Au revoir Simone »  et aujourd’hui les Finlandaises « Le corps mince de Françoise ».

Groupe mené par les sœurs Kemppainen aux voix, guitares et programmations, elles sont accompagnées de deux musiciens qui tiennent la basse et les synthés. Il s’agit donc bel et bien d’electro pop.
A l’écoute du premier titre on sait immédiatement à quoi on a affaire, c’est dansant, léger, festif. Bon passons à « Gandhi » – plage 2, c’est un peu pareil mais pas lassant du tout finalement que du contraire, non seulement on tape du pied mais on remue le popotin en plus, et quand vient « Cool & Bored » avec son petit refrain en français, ça y est ! On est convaincu, vive les groupes à nom bizarre et leur enthousiasme contagieux.

« Cool & bored  – Je suis la fille qui ne veut pas faire la fête » et pourtant elles font tout pour que nous ayons envie de faire la nouba en les écoutant !

Votre disque de Tom Tom Club qui  vous procurait du soleil dans la tête pour la journée est tout griffé et usé ?
Essayez Le corps mince de Francoise.

How To destroy Angels  « How To destroy Angels » – Null Corporation 2010

Trio américain dans lequel on trouve Trent Reznor, Mariqueen Maandig et Atticus Ross avec lequel il a également écrit la très bonne bande-originale  du film « Social Network ». qui a reçu un Golden Globe et un Oscar.
Je brosse un rapide portrait pour ceux qui ne connaissent pas l’artiste.

C’est un musicien américain, compositeur, multi-instrumentiste et producteur. Il fonde Nine Inch Nails en 1988, groupe metal – electro – indus. Quand je dis groupe, c’est vrai et faux dans la mesure où ce n’est un groupe que pour les prestations scéniques et certains enregistrement, la conception globale lui revient.
Les textes sont assez explicites concernant le sexe, les pratiques S-M en général.
C’est avec son troisième album « The Downward Spiral » qu’il atteint une qualité supérieure et qu’il affirme une réelle personnalité dans ses compositions. Disque incontournable de sa discographie, concept album qui raconte l’auto destruction d’un homme allant jusqu’au suicide. C’est strident, explosif, furieux. Ses albums suivants sont toujours tendus et sombres mais n’atteignent pas la qualité créative du pré-cité.
En 2009, il annonce la fin de Nine Inch Nails en tant que tel. Voilà pour l’histoire.

Quant à ce nouveau projet, et bien il circule toujours dans les eaux troubles de l’electro-indus, mais la grosse différence c’est le chant. Ce n’est plus la voix du ténébreux qui vient nous  hanter mais  les murmures plus lumineux de Mariqueen Maandig. L’aspect allégé au niveau du vocal est largement compensé par l’enchevêtrement des sons triturés et saturés par la technologie, la guitare qui soufre et expire et les glitches (distorsion et/ou compression des sons numériques).
Pour moi « Fur Lined » est la déception de l’album,  il me donne l’impression d’être un vieux restant réchauffé de NIN. Sinon pour le reste,  pour être vraiment honnête, il n’y a pas de réelle surprise, mais par contre un plaisir retrouvé à l’écoute des compositions un peu glauques du bonhomme. Plaisir avoué et consommé !

Bonnes découvertes.

Brigitte

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