Le Discours d’un roi : quand le bonheur est dans la voix

Saviez-vous que le Duc d’York, futur Roi George VI et père de l’actuelle Reine Elisabeth II d’Angleterre a failli rater l’accès au trône à cause d’un simple problème d’élocution ? Moi, je ne le savais pas, ce qui me réconforte dans mon jugement lorsque je disais que mes cours d’histoire étaient totalement inintéressants à l’école…

Et si vous êtes, vous aussi, passé à côté de cette histoire assez secrète, vous ne pourrez par contre pas rater le film « le Discours d’un Roi / the King’s speech » de Tom Hooper tant on en a parlé lors de sa sortie en salle. Il faut dire que le film a remporté tellement de prix qu’on ne pouvait l’ignorer. Mais comme ce genre de couronnement ‘ne veut pas dire charette’, autant se faire sa propre opinion.

Le film démarre en 1925 lorsque le Duc d’York, amené à s’adresser à la population via un système radiophonique se retrouve bouche bée. Après cette ultime humiliation, son épouse et lui décident de consulter différents logopèdes jusqu’au jour où ils tombent sur un certain Lionel Logue « spécialiste en élocution » réputé pour ses méthodes peu orthodoxes. L’homme est australien, refuse de se déplacer à domicile et s’autorise à surnommer le Duc ‘Bertie’ feignant le protocole royal d’usage. S’ensuit de nombreuses séances durant lesquelles Bertie devra surmonter son bégaiement jusqu’à son avènement royal.

Ce qui est le plus marquant dans ce film, c’est finalement sa simplicité. Pas d’histoire rocambolesque mais bien un problème somme toute banal d’une personne amenée à devoir parler en public et qui se trouve affublée d’un défaut d’élocution, même s’il s’agit du futur roi d’Angleterre.

Et cette simplicité permet de prendre pleinement conscience du magnifique jeu des acteurs, car si Colin Firth s’en tire avec tous les honneurs qu’il se doit, il ne faut pas oublier la performance sublime de Geoffrey Rush en logopède improvisé aux doux accents australiens. Helena Bonham Carter clôt à merveille ce trio d’acteurs.

Le déroulement de l’histoire est limpide, sans aucune fausse note, permettant au metteur en scène de s’offrir quelques plans très originaux grâce à l’utilisation d’une lentille fish-eye (très grand angle) accentuant les sensations d’oppression ressenties par le Duc lors d’apparitions en public. Certains cadrages aussi sont tout à fait décentrés par rapport au sujet, donnant une dimension incongrue à la scène. Même les papiers peints de l’intérieur minable de Logue deviennent des peintures d’art à part entière.

Bref, un sujet simple, une mise en scène épurée, un très grand film et un nouveau ‘coup-de-cœur’ du médiathécaire en fiction que je vous conseille d’emprunter très rapidement.

Petit complément d’information historique ici

Brigitte Segers

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