Florilège (11)

« Le petit recueil de nouveautés classique »

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Damien Guillon & Eric Bellocq – John Dowland

  Pour son premier récital, le contre ténor Damien Guillon a choisi des ayres de Dowland auxquels il prête la beauté particulière et la clarté du timbre de sa voix. Au XVIIème siècle, l’Angleterre cultive la mélancolie et Dowland en est l’expression la plus poétique. Ses Lute songs comptent parmi les œuvres les plus souvent interprétées de la musique anglaise. Héritier d’une tradition polyphonique, Dowland découvrit en Europe les nouveaux courants esthétiques liés à la naissance de l’opéra (voir sur ce blog nos articles sur le mythe d’Orphée) qui toucheront sa sensibilité poétique nourrissant son inspiration singulière et mélancolique. L’album de Sting, Songs from the Labytinthe, nous a rappelé que ces œuvres touchent encore d’autres interprètes que ceux de formation classique.

Ici, il s’agit d’artistes reconnus pour leurs talents d’interprétation des musiques de la Renaissance et du Baroque. Damien Guillon est accompagné au luth par Eric Bellocq et cet album est le fruit d’une exploration personnelle des œuvres de Dowland. Eric Bellocq joue du liuto forte, instrument conçu par le luthiste André Burguete, le luthier Günter Mark et l’ingénieur Benno Streu. (FVW)

Wilhelm Friedemann Bach – Concerti & Trios

  Fils ainé de JS Bach, formé par lui, Wilhelm Friedemann Bach a développé son propre style, animé par un idéal artistique visionnaire et libre, concédant peu aux goûts de son époque. Son œuvre est complexe, d’une virtuosité toute en tensions, jouant des ruptures et reprises surprenantes, des digressions et des dissonances. C’est une œuvre animée d’une force de création singulière ce dont témoignent les quatre pièces présentées sur cet album par six instrumentistes chevronnés, passionnés par les œuvres du compositeur. (FVW)

Epos Epos – Musique de l’ère carolingienne

  On peut parler d’une renaissance carolingienne (VIIIème-IXème siècles) car l’époque renoua après une période de déclin avec le classicisme romain retransmis par la culture hellénistique et enrichi d’apports de Byzance, de l’Orient et du monde anglo-celtique. Le manuscrit dont sont extraites certaines œuvres de cet album peut être considéré comme le testament culturel de l’ère carolingienne. L’interprétation de ces œuvres par l’Ensemble Cantilena Antiqua est le fruit d’une étude sur la notation musicale et la reconstitution d’instruments de l’époque. Ces poèmes mis en musique laissent une impression douce et mélancolique… (FVW)

Julia Fisher -Poème

  C’est en compagnie de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, sous la baguette de Yakov Kreizberg, que la violoniste Julia Fisher nous propose un récital du nom de « Poème ».

Quatre poèmes originaires de quatre pays différents nous transmettent une palette sonore et descriptive du romantisme tardif des compositeurs que sont Respighi, Suk, Chausson ou encore Vaughan Williams. Sous l’archet de Julia Fisher, ce répertoire se fait tantôt douceur, poésie, subtilité, sensibilité ou opiniâtreté lorsque l’écriture musicale le demande. Une mention supplémentaire pour le travail de l’orchestre en parfaite symbiose et de connivence avec la soliste. Un ravissement de la première à la dernière note. (PC)

Francisco Peñalosa– Missa nunca fue pena Mayor

  « Il n’y a pas longtemps que mourut le célèbre Francisco de Peñalosa, maître de chapelle de Ferdinand le Catholique, qui, dans l’art de la composition et de la voix, surpassa Apollon, l’inventeur de la musique ». Voilà ce qu’écrit Cristobal de Villalon dans son « Ingénieuse comparaison entre l’ancien et le présent » 1539.

Francisco de Peñalosa exerça son art dans les trois institutions musicales les plus importantes de son époque : la chapelle royale d’Aragon, la cathédrale de Séville et la chapelle papale de Léon X.

Il fut un compositeur aussi talentueux que prolifique et démontra son art dans la composition de messes, magnificat, motets, hymnes, chansons, œuvres pour lesquelles il déployait tous les styles, expérimentant techniques et combinaisons nouvelles. « Les Sacqueboutiers » et « l’Ensemble Gilles Binchois », nous révèlent par un travail remarquable d’interprétation la beauté et l’histoire de l’œuvre complexe du compositeur. (FVW)

Sigurd Berge – Early Electronic Works

  Elève de Finn Mortensen, le compositeur norvégien Sigurd Berge sera, dès la fin des années cinquante, un pionnier de la musique expérimentale et électronique en Europe du Nord. D’inspiration tonale et atonale, son écriture saura englober avant-gardisme et racine populaire dans le soucis notamment de combler le fossé entre la démarche contemporaine et son acceptation dans le public. L’aspect didactique, dans ce sens, est toujours très présent dans son travail et une œuvre symphonique comme « Chroma » (1963), par exemple, a souvent été rapprochée du « Young person’s guide to the orchestra » (1946) de Britten. Les pièces du présent CD proviennent de trois bandes retrouvées en Norvège dans les archives musicales du Henie Onstad Art Centre dont Sigurd Berge devait utiliser pendant plusieurs années le studio de musique électronique. Cette compilation permet de découvrir les premières expériences à partir d’enregistreurs à bandes et de synthétiseurs de la fin des années soixante et du début des années septante. « Delta » (1970) où il collaborera avec le trio de jazz d’avant-garde Svein Finnerud témoigne également de l’intérêt de Berge pour la musique concrète tandis que le dernier morceau « BLIKK » rassemble des extraits d’une œuvre créée à partir de la première installation multimédia en Norvège. Commandée en 1970 pour le Henie Onstad Art Centre, cette création devait associer les sculptures cinétiques de Salo Jaeger, la poésie abstraite de Jan Erik Vold et la musique électronique de Sigurd Berge, le tout fondu dans un spectacle de sons et lumières-laser réglé par computer, une première en Norvège. (JL)

Jean-Philippe Collard Neven – Fleeting Music

  Cet enregistrement reprenant 7 improvisations a été enregistré lors d’un concert donné dans le cadre du Festival Ars Musica en mars 2009. Une musique venue de nulle part, créée de rien, voilà ce que se veut une improvisation. Mais il faut bien un canal pour que cette musique se fasse son pour une oreille à l’écoute. Le canal, c’est l’interprète qui, avec la meilleure volonté du monde, ne peut être totalement neutre. Il a son métier, ses doigts, sa mémoire, ses goûts et quoi qu’il fasse, il laissera une partie de lui-même colorer sa production sonore, lui donner une personnalité, souvent la sienne. (AG)

Contributeurs :

Au service des collections :

Nathalie Ronvaux (NR) ~ Anne Genette (AG) ~ Andrée Forster (AF) ~ Marie de Wautier (MDW)

Jacques Ledune (JL)

A le Média Bxl :

Françoise Vandenwouwer (FVW)

Philippe Cantaert (PC)

A propos La média de bxl

La médiathèque de Bruxelles Centre : un repaire de découvertes et de passions. Nous aimons les musiques, les films, le multimédia. dans tous les genres, tous les courants. A la recherche de titres précis ou envie de découvertes ? Nous vous proposons plus de 100.000 titres musicaux et audiovisuels en accès direct, ainsi que des sélections ciblées. La médiathèque, c’est cinquante ans d’histoires culturelles enrichies au quotidien par des mélomanes et cinéphiles rodés au défrichage de répertoires et tendances sans cesse renouvelées. Bienvenue !
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