Florilège (12)

« Le petit recueil de nouveautés classique »

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 Ophélie Gaillard – J.S Bach – Cello Suites

  Bach compose les six Suites pour Violoncelle entre 1718 et 1720. L’instrument est nouveau, il y a donc dans ces Suites un aspect expérimental, Bach teste l’instrument, déploie toute son imagination et son intuition à en sonder les possibilités expressives.

C’est bien plus tard que Pablo Casals fit véritablement découvrir les Suites pour Violoncelle aux musiciens et au public. Il les révéla comme chef-d’œuvre. Elles sont actuellement parmi les œuvres de Bach les plus connues et les plus souvent interprétées.

La musique de l’instrument seul, dépouillée du verbe et de tout accompagnement, seule à se confronter au silence, érige son existence éphémère dans l’instant de grâce qui lie le musicien et l’instrument à l’œuvre. Les cordes, celles du violon comme celle du violoncelle provoquent avec une intensité singulière cette émotion qui nait dès l’instant où la musique émerge du silence.

Ophélie Gaillard imprégnée de la spiritualité de l’œuvre de Bach, cherche, interroge l’œuvre et compare le manuscrit des Suites à un texte sacré dont l’interprète n’aurait de cesse de percer le mystère. Elle est de ces violoncellistes qui pratiquent Bach comme un exercice spirituel. Elle cite Hermann Hesse,  « C’est le secret de la musique qu’elle n’exige que notre âme, mais qu’elle la veuille toute entière. ». Elle parle de son violoncelle comme d’un partenaire et l’on ressent bien à l’écoute de ce merveilleux enregistrement la place que prend l’instrument dans la symbiose entre ses propres ressources expressives et celles de la musicienne. Il y a là une rencontre spirituelle, une histoire d’âmes… (FVW)

Jean Gilles – Lamentations

  Les Lamentations de Jean Gilles se démarquent des œuvres semblables écrites par ses contemporains, généralement composées pour une ou deux voix et continuo à l’instar des Leçons de ténèbres de Lambert, De Lalande, Couperin ou Charpentier. Jean Gilles en fait au contraire un imposant motet à la française écrit pour quatre solistes, chœur et orchestre. Deux ans après avoir enregistré le Requiem (BG4620) de ce même compositeur, Jean-Marc Andrieu nous présente ses Lamentations dans une interprétation majestueuse qui n’enlève rien à la profondeur spirituelle de l’œuvre. (AF)

Florian Noack – Initium

  Première apparition au cd de ce jeune pianiste virtuose bruxellois. Issu d’une famille de musiciens, c’est à l’âge de quatre ans qu’il fit ses premiers pas au clavier. Arrivé à l’âge de 20 ans, Florian Noack a été remarqué comme « l’un des pianistes les plus prometteur de sa générations » (concertclassic).

En effet, et le programme de cet enregistrement ne dément en rien le propos. En première instance, l’artiste nous fait don d’une transcription de son cru : une suite de concert pour piano d’après le Lac des Cygnes de Tchaïkovski. Une transcription réalisée dans l’esprit même de la composition originale où, comme le dirait Anne Queffélec, « sa virtuosité exceptionnelle s’accompagne d’un état d’esprit toujours en éveil… » La suite du programme propose une étude-tableau de Rachmaninov, la Grande Sonate (Concerto sans Orchestre) de Schumann, un Nocturne de Chopin et, pour conclure, une Paraphrase d’après « Frühlingsstimmen » de Strauss où savoir faire tant su le plan de la forme que du fond sont au rendez-vous.

Un artiste qu’il s’agit de suivre tant à la scène qu’au cd. (PC)

Jan Garbarek – Mnemosynes

  Lors d’un précédent Florilège, je vous ai présenté l’album « Officium Novum », troisième opus de la collaboration de Jan Garbarek, le célèbre saxophoniste de jazz et du quatuor vocal The Hilliard Ensemble, après Officium (1994) et Mnemosyne (1998). C’est celui-ci que je vous invite à réécouter aujourd’hui. Sous l’impulsion de Manfred Eicher (musicien fondateur du label ECM), le musicien et le quatuor vocal se sont retrouvés pour cet album, toujours enregistré au monastère de St Gerold, pour découvrir et improviser sur des fragments « enfuis sous les reliures de vieux livres ou ensevelis pendant des siècles dans le sable du désert ». Une expérience magique où l’improvisation se fait toujours méditative révélant le caractère spirituel des morceaux choisis. L’inspiration harmonieuse entre les voix des quatre chanteurs et celle du saxophone, crée des sonorités rares qui emportent l’esprit dans cet univers de la pensée que seule la musique nous rend accessible. (FVW)

Jephta – Georg Friedrich Haëndel

   Haendel composa la plupart de ses oratorios après qu’il eut cessé d’écrire des opéras. Jephta, son dernier oratorio, fut terminé alors que s’imposait à lui une inexorable cécité. Depuis plusieurs années, il souhaitait élargir le domaine de l’oratorio et en développer les aspects plus profanes, même lorsque le texte était biblique, ce qui est le cas dans Jephta. Son immense talent et l’expérience qu’il avait acquise dans le domaine de l’opéra lui permit de faire preuve, dans ce genre, d’un lyrisme plus affirmé, en approfondissant les caractéristiques individuelles de chaque personnage. D’ailleurs, le sous-titre « un oratorio ou drame sacré » est souvent imprimé dans ces partitions. L’oeuvre est servie par une distribution de toute grande qualité. (AF)

Jean-Baptiste Lully – Bellorophon – Christophe Rousset

  Exhumée par Christophe Rousset l’été dernier au festival de Beaune, Bellérophon est la dernière tragédie en musique de Lully à nous être proposée en disque. L’oeuvre a été enregistrée en décembre 2010 à la Cité de la musique de Paris. Bellérophon a connu un succès phénoménal lors de sa création en 1679. Il est vrai qu’on y retrouve tous les ingrédients appréciés par le public d’alors: un héros vainqueur d’un monstre, la Chimère, sur fond d’amour, de jalousie et de rivalité. Le livret attribué à Thomas Corneille, le frère du grand Corneille, n’a sans doute pas la profondeur des livrets écrits par le poète Quinault, librettiste attitré de Lully jusqu’alors, tombé en disgrâce pour avoir déplu à la Montespan; mais la richesse des récitatifs accompagnés, le réel enchantement des duos et la place mesurée qu’occupent les divertissements dans l’ensemble ne manqueront pas de surprendre agréablement les auditeurs. L’interprétation en première mondiale de cette oeuvre sur laquelle les lullystes convaincus se précipiteront est tout simplement éblouissante. (AF)

Contributeurs :

Au service des collections :

Nathalie Ronvaux (NR) ~ Anne Genette (AG) ~ Andrée Forster (AF) ~ Marie de Wautier (MDW)

Jacques Ledune (JL)

A le Média Bxl :

Françoise Vandenwouwer (FVW)

Philippe Cantaert (PC)

A propos La média de bxl

La médiathèque de Bruxelles Centre : un repaire de découvertes et de passions. Nous aimons les musiques, les films, le multimédia. dans tous les genres, tous les courants. A la recherche de titres précis ou envie de découvertes ? Nous vous proposons plus de 100.000 titres musicaux et audiovisuels en accès direct, ainsi que des sélections ciblées. La médiathèque, c’est cinquante ans d’histoires culturelles enrichies au quotidien par des mélomanes et cinéphiles rodés au défrichage de répertoires et tendances sans cesse renouvelées. Bienvenue !
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