Florilège (14)

« Le petit recueil de nouveautés classique »

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Impressions Françaises – Juliette Hurel et ses amis

  Entourée de ses amis musiciens Hélène Couvert – piano, Arnaud Thorette – alto, Christine Icart – harpe, Florence Darel – récitante, Juliette Hurel – flûte traversière nous fait don d’un enregistrement de musique de chambre consacré à Poulenc, Fauré et Debussy.

Enregistré en octobre 2010 en l’Église du Bon-Secours à Paris, il correspond chez Juliette Hurel au besoin de partager l’immense plaisir que ces « impressions françaises » lui procurent. Et, à l’écoute on ne peut que se réjouir d’y retrouver transparence, lumière, couleur tendresse et mélancolie … une série d’ingrédients qui caractérisent  la musique de chambre et la mélodie française romantique, impressionniste et moderne . (PC)

 

Bon Voyage – Musique de Giavanni Paolo Foscarini

  Personnage fantasque, Giovanni Paolo Foscarini est l’initiateur d’une nouvelle manière de jouer la « chitarra spagnola » qu’il a développé en ajoutant à la technique de jeu du luth et du théorbe la technique typique de frappe des « guitaros » espagnols et italiens. Véritable « guitar heroe » avant la lettre, il a sillonné l’Europe avec son trio, un ensemble répondant à la distribution guitare-basse-percussion quatre cent ans avant notre époque. Au cour de ses nombreux voyages, il faisait danser les gens monnayent ses dédicaces pour faire bouillir la marmite. C’est en Italie qu’il a fondé l’Academia del Galiginosi detti Il Furioso, son nom d’artiste. L’importance de son apport est unanimement reconnu dans le petit monde des guitaristes. (AF)

 

Monteverdi – Vespro della Beata Virgine – l’Arpeggiata & Christina Pluhar

  Plébiscitée par le grand public, l’interprétation des Vêpres de la Vierge Marie de Monteverdi par Christina Pluhar est pourtant sévèrement jugée par certains critiques musicaux. Qu’est-ce qui peut expliquer que boudé par les puristes (au nom de quel idéal !), un disque puisse néanmoins séduire un grand nombre d’auditeurs ? La genèse de l’œuvre ne peut être établie avec certitude. Elle aurait été écrite à Mantoue alors que Monterverdi cherchait à se libérer de son emploi auprès de duc de Gonzague, découragé par le mépris que lui témoignait son employeur, notamment lorsqu’il s’agissait de le payer. Si les Vêpres ont été dédiées au pape Paul V, un Borghia, c’est probablement dans l’espoir d’être engagé à Rome. Mais c’est finalement à Venise que Monterverdi travaillera dès 1613 comme Maître de Chapelle de Saint-Marc. Au frontispice des différentes parties des Vêpres, on peut lire ceci: A la très Sainte Vierge: messe à six voix pour les chœurs d’église et Vêpres à chanter à plusieurs voix, avec des concerts spirituels, convenant aux chapelles ou aux appartements des princes. Doit-on voir là une stratégie de marketing en vue de promotionner l’œuvre auprès de différents publics ? En tous cas, Monterverdi avait prévu la possibilité d’une exécution simplifiée de ses Vêpres. Christina Pluhar a opté pour une version de concert, brillante donc, avec des effectifs composés de chanteurs et instrumentistes virtuoses, semblables à ceux qui officiaient à la cour de Mantoue au début du 17° siècle. Ce superbe enregistrement a été fait dans une des plus belles salles de concert d’Europe, celle de l’Arsenal de Metz. (AF)

 

Un Camino de Santiago – Arianna Savall – Jean Tubéry & Ensemble la Fenice

  Réunis en 2007 sous la houlette de Jean Tubéry dans les églises de Franc-Warêt réputée pour ses qualités acoustiques (province de Namur) et de Saligny (Yonne), l’ensemble la Fenice et Arianna Savall ont concocté un programme sortant de l’ordinaire. Programme qui attendra plus de quatre ans pour paraître sous le label Ricercar. Il s’agit d’une illustration musicale des chants, musiques et poésies qui ornaient les sentes et sentiers des pèlerins du 17ème siècle sur les chemins de France et de Navarre alors qu’ils étaient en route vers Saint Jacques de Compostelle. Cet itinéraire sort de l’ordinaire car, de coutume, ce sont des chants et musiques bien antérieures au 17ème qui nous sont proposés, et, trouve par là même un intérêt tout particulier.

Faut dire que pour les pèlerins d’alors, comme pour ceux d’aujourd’hui, la musique et le chant entonnés à chaque étape étaient avant tout un moyen de communication confraternel où les différences linguistique se fondaient rapidement dans le néant au même titre que les doutes et les peurs se transformaient en joie et allégresse d’un moment unique partagé … sur ces chemins de Saint Jacques. (PC)

 

Pergolesi – L’Olimpiade

  En 1734, Pergolèse alors âgé de 24 ans aborde le théâtre de Métastase qui recueille en tant que poète et librettiste toutes les faveurs du public. Le musicien a déjà composé plusieurs opéras et intermèdes, dont La Serva Padrona, sur un livret d’un poète de l’école de Métastase, et compte alors parmi les nouveaux talents de la scène napolitaine. Pergolèse s’intéresse à l’opéra comique qui l’éloigne de la rigueur de l’opera seria et permet plus de liberté dans l’étude des caractères, plus d’ironie voir de causticité.

Au XVIIIème siècle, l’opera seria ancre sa structure dramatique dans le texte, et la musique s’inféode au livret selon plusieurs principes, se faisant l’écho du sens et des affects portés par le verbe et donc par les voix. Le livret de L’Olimpiade est considéré comme un chef-d’œuvre d’intrigue romanesque, multipliant les rebondissements, restituant la sensibilité des personnages, leurs angoisses, leur désespoir, leurs terreurs, tout en observant les protagonistes du drame avec une certaine ironie. L’intrigue se déroule sur fond de Jeux Olympiques et met en scène deux couples aux amours contrariées par l’autorité de leurs pères et des contraintes d’honneur, l’action opérant autour des sentiments, amour, amitié, colère, vengeance, désespoir… Pergolèse va travailler sa composition dans le style et l’esprit de la comédie musicale napolitaine. Conservant avec virtuosité le caractère héroïque et tragique du drame, il s’attache à la qualité sentimentale de l’œuvre de Métastase, créant une dynamique dans les airs chantés par les amants et entraînant la structure du drame dans une mouvance plus libre. La musique est raffinée, s’adapte subtilement au livret tant dans le caractère dramatique que dans ses allusions ironiques. Pergolèse initie ainsi un renouveau du théâtre musical qui vint à maturité dans l’Europe de la seconde moitié du XVIIIème siècle. Cet aspect novateur ne recueillit pas immédiatement l’intérêt assez extraordinaire qu’il suscita pourtant jusqu’à la fin du XIXème siècle.

L’Olimpiade avait été commandé au compositeur par un théâtre de Rome. Le sort s’acharna contre sa création, multipliant les difficultés jusqu’à l’annulation de représentations suite au décès d’une princesse. Si L’Olimpiade ne trouva que peu de diffusion lors de sa création, des extraits, adaptations publiées dans des recueils de partitions et copies, circulèrent dans toute l’Europe du XVIIIème. L’œuvre acquit ainsi en quelques années une renommée exceptionnelle, tant chez les amateurs d’opéra que chez les critiques. Des extraits furent pris et repris comme modèles par des contemporains du compositeur et par des musiciens des générations suivantes.

L’interprétation de l’Academia Montis Regalis, dirigée par Alessandro de March fut présentée au Festival d’Insnsbrück dans une mise en scène d’Alexander Schulin, décors et costumes d’Alfred Peter avec Raffaella Milanesi – Aristea, Ann-Beth Solvang – Argene, Olga Pasichnyk – Megacle, Jennifer Rivera – Licida, Martin Oro – Alcandro, Jeffrey Francis – Clistene, Markus Brutscher – Aminta. Elle s’accorde au chef-d’œuvre de Pergolèse et de Métastase, avec tout le talent de ses interprètes, une merveille! (FVW)

 

Contributeurs :

Au service des collections :

Nathalie Ronvaux (NR) ~ Anne Genette (AG) ~ Andrée Forster (AF) ~ Marie de Wautier (MDW)

Jacques Ledune (JL)

A le Média Bxl :

Françoise Vandenwouwer (FVW)

Philippe Cantaert (PC)

A propos La média de bxl

La médiathèque de Bruxelles Centre : un repaire de découvertes et de passions. Nous aimons les musiques, les films, le multimédia. dans tous les genres, tous les courants. A la recherche de titres précis ou envie de découvertes ? Nous vous proposons plus de 100.000 titres musicaux et audiovisuels en accès direct, ainsi que des sélections ciblées. La médiathèque, c’est cinquante ans d’histoires culturelles enrichies au quotidien par des mélomanes et cinéphiles rodés au défrichage de répertoires et tendances sans cesse renouvelées. Bienvenue !
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