Les clés du rock : Portishead « Dummy » (17)

« Dummy » un frisson nocturne.

Avec Massive Attack, Portishead est l’un des groupes phare du trip hop (genre musical né à Bristol et dans sa région proche au début des années 90, une musique down tempo qui contient des éléments dub et acid jazz, une rythmique dr’n’bass très ralentie, avec utilisation de platines, de scratches et échantillons de musiques de films).

Ce trio est le résultat de la rencontre de Geoff Barrow (claviers, samples, percussions, platines), Beth Gibbons (chant) et Adrian Utley (guitare, basse). Fin 80, Barrow est un musicien passionné de hip hop, il habite à Portishead, une petite ville située près de Bristol où il côtoie les membres de Massive Attack.

Peu de temps plus tard il rencontre les deux autres futurs membres du groupe et, ensemble avec l’ingénieur du son Dave McDonald ils vont former Portishead.

En 1994 ils sortent « Dummy » leur premier album qui, dès sa parution, apparait comme un album qui ferait date dans l’histoire de la pop-rock et de ses dérivés. Un disque qui tire sur la corde sensible de son auditeur. Des musiques très riches  qui livrent  de nouvelles subtilités à chaque écoute.

La combinaison des scratches, des échantillons de B.O et de musique soul, des touches de guitare écorchée avec la voix douce parfois torturée mais toujours extrêmement touchante de Beth Gibbons, nous entraîne dans un monde ténébreux et angoissant mais tellement attirant. Pour exemple : dans « Sour Times », désespérée elle constate que  « Nobody Loves Me, It’s True, Not Like You Do »  sur un échantillon de Lalo Schiffrin. 

Dans  « Glory Box » elle implore  « Give Me A Reason To Be A Woman »  sur fond de violons et de guitare gémissante, sans oublier le claustrophobique « Wandering Star » dans lequel l’orgue Hammond joue un rôle prépondérant dans l’ambiance obscure et inquiétante.

Portishead est également un excellent groupe de scène, ils parviennent à y magnifier leurs chansons. Je suis allée les voir à Londres en juillet dernier et voici ce que ça donnait :

Et si je peux me permettre un lien tordu entre Portishead et le cinéma, je citerais bien volontiers un autre de mes chouchous « Play Misty For Me » (Un frisson dans la nuit) de et avec Clint Eastwood. Le film est sombre et angoissant, l’histoire se focalise sur un dj qui présente une émission de jazz à la radio la nuit. Il passe des musiques crépusculaires et langoureuses, et se fait harceler par une fan.

Brigitte

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