Florilège (20)

« Le petit recueil de nouveautés classique »

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Sound The Bells – The Bay Brass – JohnWilliams & Michael Tilson Thomas

  The Bay Brass, un brass band américain a voulu montrer la vitalité et la diversité de ce répertoire dans leur pays. Ils ont donc passé commande à des compositeurs connus et moins connus et présentent dans cet enregistrement le résultat de leur démarche. L’interprétation est d’excellente tenue et le dynamisme au rendez-vous. Il ne vous reste plus qu’à découvrir ces 63 minutes de bonne musique.

John Williams et Michael Tilson Thomas n’ont nul besoin d’être présentés. Chez l’un, des échos de Star Wars percent encore ça et là, chez l’autre, on peut apprécier la parfaite connaissance des timbres orchestraux. Morten Lauridsen a surtout écrit de la musique chorale sacrée et profane. O Magnum mysterium est une transcription pour ensemble de cuivres d’une œuvre pour chœur à cappella. Bruce Broughton a suivi les traces de John Williams, écrivant musique de films sur grand et petit écran. Les 4 pièces enregistrées ici bénéficient de cet apport. Le jeune compositeur Kevin Puts est une figure montante de la musique classique aux Etats Unis. Son catalogue d’œuvres est impressionnant: 4 symphonies, 6 concertos pour solistes et orchestre et de nombreux autres opus. Scott Hiltzik n’est pas de reste avec ses quelques 600 opus pour divers effectifs. Son œuvre mixe musique classique, jazz et world music pour créer le Beau. Spirals n’est pas sans évoquer certaines pages de Leonard Bernstein. (AG)

  

Adrien François Servais – Souvenir de Spa

   Les trompettes de la renommé ne sonnent plus pour Adrien François Servais qui fut, à l’égal de Paganini, Chopin ou Liszt, un des grands interprètes virtuoses du 19ème siècle, le  » Paganini du violoncelle  » aurait dit de lui Hector Berlioz. Né à Halle près de Bruxelles le 6 juin 1807, Servais commença à étudier le violon mais après avoir entendu un concert de Nicolas Joseph Platel, il décida d’apprendre le violoncelle. C’est avec ce dernier que Servais étudia au Conservatoire de Bruxelles, il devint son assistant dès 1829. Sa carrière de virtuose commença par Paris en 1834, se poursuivit par des concerts à Londres en1835 ainsi que des tournées en Europe allant jusqu’en Russie. Il succéda à Platel au Conservatoire en 1848 formant une génération de virtuoses du violoncelle. Il est indubitable que Servais élargit les possibilités techniques de l’instrument, menant l’art de jouer du violoncelle à des sommets insoupçonnés jusqu’alors. Sa sonorité était intense et pure, son maniement de l’archet lui permettait un jeu staccato et des arpègements rapides tandis que sa main gauche voltigeait sur la touche. Ces possibilités furent exploitées dans ses propres compositions, s’étirant à l’extrême. Il dota le violoncelle de sa pique permettant ainsi une plus liberté du corps de l’interprète qui ne devait plus caler l’instrument entre ses jambes. Le style de Servais est construit sur celui de l’opéra répondant ainsi au goût du public de son époque comme en témoigne sa Grande Fantaisie sur le Barbier de Séville de Rossini. A l’égal de Liszt, Servais maniait parfaitement l’art de la paraphrase, dans la Fantaisie et Variations brillantes il brode un landler des plus modestes de Schubert avec une verve incomparable. Je terminerai en rappelant que la vie musicale sur le territoire belge en cette première moitié du 19ème siècle était brillante : Charles de Bériot, Jacques-Nicolas Lemmens, François-Joseph Fétis, François-Auguste Gevaert, Henri Vieuxtemps et bien d’autres ont contribué à ce dynamisme. (AG)

Alexander Glazounov – Quatuor à cordes n° 6 – Utrecht String Quartet

  L’Utrecht String Quartet poursuit son intégrale des quatuors à cordes d’Alexander Glazounov. Si ce dernier s’est penché sur cette forme, c’était pour en repousser les limites. Certes, la musique de chambre était moins prisée que l’opéra, en Russie comme en France au 19ème siècle. Il fallait aussi y faire apparaître des traces de folklore national. Même s’il se tourne vers l’Europe de l’Ouest, Glazounov emprunte quelques tournures aux chants populaires russes sans oublier la mélancolie de l’âme slave. Ainsi ce sixième quatuor à cordes, écrit en 1921, contient ces ingrédients dans une forme distendue. Les mouvements extrêmes présentent une envergure inhabituelle pour un quatuor, le final explorant les ressources de la variation. Les Novelettes op.15 sont de charmantes pièces de caractère destinées aux soirées musicales entre amis pendant lesquelles le compositeur se mettait au violoncelle. On admirera à nouveau l’art de coloriste de Glazounov qui dans ces 5 pièces nous mène de l’Espagne à la Hongrie, en passant par l’Orient. Un régal pour les oreilles. (AG)

Johannes Brahms – André de Groote, Yuzuko Horigome & Viviane Spanoghe

  Si Brahms avait 33 ans lorsqu’il composa sa première sonate pour violoncelle et piano, il devait attendre plus de 10 ans avant d’écrire la seconde et ses sonates pour violon et piano. Oeuvres de la maturité, ces dernières compositions alternent un lyrisme parfois puissant avec une mélancolie toute atmosphérique que l’interprétation du trio Horigome, Spanoghe, De Groote, avec une retenue et une lenteur pudique, saura exprimer dans un jeu clair où le mystère a aussi sa place. L’enregistrement se termine sur une transcription au violoncelle de la première Sonate op.78. (JL)

  

Tusschen de Twee – Oxalys & Els Van Laethem

  Guido Gezelle (1833-1899) est un des grands poètes belges de langue néerlandaise du 19e siècle. La langue qu’il utilise est ardue à comprendre pour qui ne manie pas en profondeur le néerlandais. En effet, Gezelle fait usage d’archaïsme ou de régionalisme mais cela n’empêche pas d’être touché par l’incroyable humanité qui émane de ses vers. Cette émotion, la voix limpide d’Els Van Laethem nous la transmet à travers la musique de Dick van der Harst, musicien belge attaché aux mots. Arrangeur et compositeur, Van der Harst s’est impliqué, entre autre, dans le théâtre musical. En 2001, il a reçu le Prix Louis Paul Boon  » pour son engagement social et son rapport étroit à l’être humain, perceptible dans l’ensemble de son œuvre « . Est-ce pour cette raison qu’il s’est trouvé des affinités avec l’œuvre de Guido Gezelle ? En tout cas, sa musique enrobe la poésie, la laissant respirer tandis que la diction sans faille de Van Laethem permet de suivre, sans hésitation, le fil du discours. Voilà une réalisation que rafraîchit et dynamise tout en manquant pas d’humour. A découvrir sans se priver. (AG)

  

Johann Sebastian Bach – Motetten

 

Les motets occupent à plusieurs égards une place singulière dans l’œuvre de Jean-Sébastien Bach. Indépendants des œuvres composées dans le cadre de sa fonction de cantoor à l’Eglise Saint-Thomas de Leipzig, les motets répondaient à des commandes particulières, ne s’inscrivant pas dans un ensemble ou un cycle tel que celui des cantates ou des oratorios. Les différents contextes de leur composition restent encore troubles de même qu’une certaine confusion a régné sur l’authenticité de leur attribution. A l’époque où Bach les composa, le genre du motet tombait en désuétude au profit des cantates mais appartenait encore aux œuvres vocales de la tradition liturgique et paradoxalement les motets de Jean-Sébastien Bach ont été maintenus sans interruption à travers les siècles dans le répertoire du chœur de Saint-Thomas. Si Bach trouva des sources d’inspiration dans les recueils de motets de ses ancêtres, il insuffla au genre le génie de son écriture musicale, multipliant la variété des mouvements vocaux aux lignes contrapunctiques complexes et raffinées et leur conférant une force d’expression poétique et spirituelle de toute beauté. Il enrichissait ainsi le répertoire des motets de quelques chefs-d’œuvre.

Lorsqu’ils enregistrèrent les motets de Bach, il y a une trentaine d’années, Philippe Herreweghe et l’ensemble Collegium Vocale Gent, faisaient figure de pionniers, interprétant les motets avec un petit groupe de chanteurs alors qu’ils avaient toujours été entendus par de grandes formations, interprétation engendrée par un travail de recherche sur une nouvelle approche de l’œuvre de Bach et de la musique baroque. Depuis, le Collegium Vocale a interprété toutes les grandes œuvres de Bach et par ce nouvel enregistrement des motets, témoigne de la qualité de son évolution. Les voix suivent avec aisance les lignes complexes des contrepoints, nous emmènent dans des variations parfois surprenantes et virtuoses, parfois poétiques et mélancoliques, expriment toute la spiritualité et la ferveur qui inspiraient Jean-Sébastien Bach. (FVW)

  

Contributeurs :

Au service des collections :

Nathalie Ronvaux (NR) ~ Anne Genette (AG) ~ Andrée Forster (AF) ~ Marie de Wautier (MDW)

Jacques Ledune (JL)

A le Média Bxl :

Françoise Vandenwouwer (FVW)

Philippe Cantaert (PC)

A propos La média de bxl

La médiathèque de Bruxelles Centre : un repaire de découvertes et de passions. Nous aimons les musiques, les films, le multimédia. dans tous les genres, tous les courants. A la recherche de titres précis ou envie de découvertes ? Nous vous proposons plus de 100.000 titres musicaux et audiovisuels en accès direct, ainsi que des sélections ciblées. La médiathèque, c’est cinquante ans d’histoires culturelles enrichies au quotidien par des mélomanes et cinéphiles rodés au défrichage de répertoires et tendances sans cesse renouvelées. Bienvenue !
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