Florilège (23)

« Le petit recueil de nouveautés classique »

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Rose of Sharon – Joel Frederiksen

  « Ce programme ressemble à un kilt américain – chaque partie est unique et très différente des autres, mais l’ensemble forme un patchwork magnifique. Je voudrais donner à l’auditeur un aperçu de certaines des traditions qui se sont développées à partir de l’héritage européen, mais qui ont fleuri et se sont épanouies à leur manière unique dans le Nouveau Monde ». » (Joel Frederiksen)

Voici une jolie façon de présenter cet enregistrement qui nous emmène dans un autre monde, le nouveau monde. Ce ne sont pas par les sentiers battus que nous conduisent la belle voix de Joel Frederiksen et de l’Ensemble Phoenix Munich, mais à la découverte des courants qui ont irrigué les oeuvres de Copland, Ives, Bernstein et d’autres. Musique de l’Eglise morave venue tout droit de l’Europe germanophone ou cantiques des Shakers ont donné leurs premiers sons à l’Amérique naissante. Le premier combat pour la liberté est l’acquisition de l’indépendance à la fin du 18ème siècle. Celle-ci donne naissance à des airs patriotiques sous lesquels se cachent quelques mélodies écossaises ou irlandaises. Apparaît ensuite William Billings, considéré comme le père de la musique américaine. Il se consacra au répertoire religieux et c’est de ce contexte qu’émergèrent les rudiments de l’enseignement musical. Puisqu’il était possible de lire des partitions grâce à une ingénieuse notation, des recueils de chants virent le jour. Ce fut le cas pour les communautés religieuses dont on connaît la diversité aux Etats-Unis. De 1861 à 1865, les américains connurent la Guerre Civile entre les états du nord et ceux du sud. Là aussi, la musique soutint le moral des troupes comme c’est le cas pour le célèbre Dixie’s land de Daniel D. Emmett. La suite du 19ème siècle est esquissé par une mélodie de Stephen Collins Foster, auteur de quelques grands « tubes » comme O, Susannah ou Old Black Joe. Voici donc pour cette rétrospective fort bien interprétée et qui donne envie de revoir ou de relire Autant en emporte le vent. (AG)

  

L’Amore Mi Fa Sollazar – Leonardo da Vinci 

  Le titre de ce CD est un anagramme (amo-re-mi-fa-sol-la…) imaginé par Leonard de Vinci (1452-1519). Il s’agit d’un jeu basé sur le nom des notes de musique, jeu auquel s’est pris Eduardo Paniagua pour notre plus grand plaisir. Il a reconstitué un ensemble renaissance composé, entre autres, d’instruments conçus par Leonard de Vinci lui-même et spécialement reconstruits pour l’occasion. Génie universel, le peintre était aussi apprécié de ses contemporains en tant que musiciens et improvisateur de talent sur sa « lira da braccio », une lyre à sept cordes, métaphore voulant représenté les sept planètes qui produisent « l’harmonie du monde ». Leonard de Vincy a beaucoup travaillé sur le son. Observateur pointu, il a proposé des solutions originales pour améliorer les instruments de son époque. On lui doit notamment la « viole organiste », instrument purement expérimental reconstruit d’après une description trouvée dans le Codex Atlanticus (ouvrage rédigé par Leonard de Vinci) et un « orgue portatif » qui préfigure l’instrument que nous connaissons aujourd’hui. Pour faire revivre les sonorités de ces instruments d’un autre temps, un choix de pièces du XVI° siècle et un ensemble de tout premier plan. Un moment de bonheur ! (AF)A emprunter aussi si le sujet vous intéresse: « Léonard de Vinci – L’harmonie du monde » par l’ensemble Douce Mémoire sous la direction de  Denis Raisin Dadre.

Encantar – La déclinaison de la femme 

  Les quatre chanteuses de l’ensemble Encantar axent leur travail sur les répertoires polyphoniques des XIVe, XVe et XVe siècles. Elles explorent ici des compositions dont certaines issues de chansonniers de Marguerite d’Autriche et qui toutes chantent la femme, souvent inaccessible en la personne de la bien-aimée, divine et compassionnelle en celle de la Vierge Marie. Œuvres choisies parmi celles de Josquin des Prez, Pierre de la Rue, Alexandre Agricola, Adriaan Willaert… Les souffrances du cœur se chargent d’un sens spirituel, s’épanchent en prières et lamentations. Et l’album est une petite merveille. Acompagnées d’un luth et d’une harpe, les voix dans leurs clartés, semblent porter la mélancolie ou la prière en toute humilité, dans une sorte de sincérité du sentiment vécu et c’est cela qui émeut dans cette interprétation qui nous relie à ces temps lointains en de poétiques fragments de tristesse. (FVW)

  

Quatuor Alfama – Quartettsatz 

  L’immense talent du Quatuor Alfama ne cesse de se révéler concerts après concerts, disques après disques. Fondé en 2005 par des musiciens belges, le Quatuor Alfama nous propose ici un programme intelligent consacré aux pages  » orphelines  » c’est-à-dire des pages pour quatuor à cordes isolées au sein de la production de grands compositeurs. Cette mosaïque musicale nous emmène du romantisme du Langsamer Satz de Webern au Alla Marcia de Britten en passant par la Sérénade d’Hugo Wolf et la Romance en sol mineur de Rachmaninov avec tantôt le dynamisme, tantôt la subtilité selon ce qui convient à la pièce elle-même. Un plaisir d’un grand raffinement que d’écouter ces 56 minutes 30 secondes d’excellente musique. (AG)

  

Claude Debussy – Mélodies -Spinette & Van der Crabben

  « Le musicien de l’amour »? oui, parmi tant d’autres ….Il est vrai qu’entre 1875 et 1915, Claude Debussy compose plus de 80 mélodies. Par les spécificités de la langue française, ses inflexions, son « expressivité élégante et discrète » , le compositeur y trouve le genre idéal pour développer le style d’un langage musical bien à lui. Ses mélodies sont une sorte de jeux d’ombres et de lumières qui font miroiter audaces rythmiques et souplesse du « récitatif mélodique ». Tel est bien le challenge du duo van der Crabben-Spinette: parvenir à faire savourer ce répertoire de mélodies françaises, jugé si souvent maniéré et désuet! A mon sens, c’est réussi. (MDW)

 

Georges Onslow – Musique de chambre avec vents

  On doit à Georges Onslow d’avoir défendu la musique instrumentale de qualité en France au cours de la première moitié du 19ème siècle. Son style le rattache plutôt à la tradition allemande de Beethoven à Spohr, entre classicisme et pré-romantisme. Né à Clermont-Ferrand, le 27 juillet 1784, Onslow est un compositeur français dont le père arriva d’Angleterre en 1781. De janvier 1799 à juillet 1800, il étudia le piano avec J.L. Dussek à Hamburg, complétant sa formation musicale en Angleterre avec J.B. Cramer. Amateur doué, il écrivit ses premières œuvres avant 1807; elles furent publiées par Pleyel. En 1808, il demande à Reicha de lui apprendre la composition et commence une vaste production de trios, quatuors et quintettes. Il apprend le violoncelle pour pouvoir jouer avec ses amis et passe ses hivers à Paris où ses œuvres sont interprétées. En 1842, il succède à Cherubini à l’Académie des Beaux-Arts ; sa carrière décolle. En 1852, des ennuis de santé mettent fin à sa période créative. Sa musique de chambre pour instruments à vent est moins abondante que celle destinée aux cordes mais elle révèle une belle mise en valeur de leurs capacités. Ces pièces de grande envergure trouvèrent leur public dans les pays germaniques alors que le public français les qualifiait de  » musique érudite et sérieuse « . Il nous reste à découvrir un patrimoine d’œuvres de très bonne facture, agréable d’écoute et témoignant d’une époque charnière dans le 19ème siècle. (AG)

  

Contributeurs :

Au service des collections :

Nathalie Ronvaux (NR) ~ Anne Genette (AG) ~ Andrée Forster (AF) ~ Marie de Wautier (MDW)

Jacques Ledune (JL)

A le Média Bxl :

Françoise Vandenwouwer (FVW)

Philippe Cantaert (PC)

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A propos La média de bxl

La médiathèque de Bruxelles Centre : un repaire de découvertes et de passions. Nous aimons les musiques, les films, le multimédia. dans tous les genres, tous les courants. A la recherche de titres précis ou envie de découvertes ? Nous vous proposons plus de 100.000 titres musicaux et audiovisuels en accès direct, ainsi que des sélections ciblées. La médiathèque, c’est cinquante ans d’histoires culturelles enrichies au quotidien par des mélomanes et cinéphiles rodés au défrichage de répertoires et tendances sans cesse renouvelées. Bienvenue !
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