Florilège (25)

« Le petit recueil de nouveautés classique »

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Rameau au piano Jean-Pierre Ferey

  Si c’est en 1722 que l’on découvrit l’Ile de Paques ou encore que la cour revint s’installer à Versailles après 7 ans d’absence sous la Régence, l’année 1722 est également celle qui vit deux géants de la science musicale faire paraître des œuvres cruciales dans leur production respective. En effet, en Allemagne Jean Sébastien Bach publie le premier cycle du « Clavier bien tempéré » tandis qu’en France Jean-Philippe Rameau publie son fameux « Traité d’harmonie ».

Théoricien émérite dans le domaine musical, connu du grand public par le ballet « Les Indes Galantes », Jean-Philippe Rameau compositeur, organiste et claveciniste publia une série de suites dédiées à ce dernier instruments.

Bien que les sujets d’inspiration de l’artiste étaient destinés à la haute société de l’époque, celui-ci ne lésinait pas à user de sujets empruntés à la vie quotidienne de toute la société française. Les titres de ces pièces y font nommément référence : « Villageoise, la Folette, ou autre Rigaudon » ne rappelle-t-ils pas la vie rurale et provençale ?

Plus près de nous, Jean-Pierre Ferey, claveciniste, organiste et pianiste nous propose deux suites et deux extraits de suite interprétées non pas au clavecin mais au piano. Si les puristes y verront un sacrilège, les autres pourront apprécier la lecture novatrice que l’interprète donne des partitions, quasi tri-centenaire, de Rameau. Et le choix d’un piano « Fazioli » n’est pas étranger au résultat sonore obtenu. Celui-ci possède une grande richesse de timbres dans tous les registres et des sons dont la résonance naturelle est longue ce qui rapproche l’instrument du clavecin bien mieux que ne le ferait un piano de facture moins récente. (PC)

  

Music for a Retro Future

  Cette compilation de musique électronique des années cinquante se veut représentative de l’engouement suscité par les premiers synthétiseurs et du futur prometteur qu’ils laissaient entrevoir. Les 18 plages du CD nous replacent dans un climat sonore qui, s’il est technologiquement dépassé et révolu, reprend vigueur aujourd’hui, non seulement comme évocation poétique du passé, mais aussi pour ses qualités spécifiques. Elles passent en revue les différentes façons de décliner le son électronique, enchaînant les démonstrations à la fois didactiques et ludiques (synthétiseurs RCA, IBM, modulateurs de rythmes) avec les applications cinématographiques (Planète Interdite) et les approches musicales les plus contrastées (Varese, Jean-Jacques Perrey). (JL)

Kuniko – Plays Steve Reich

  La virtuose du marimba Kuniko Kato a une prédilection pour la musique de Steve Reich. Pour se l’approprier, elle a effectué elle-même les arrangements d’oeuvres requérant plusieurs percussionnistes afin de pouvoir les enregistrer seule, grâce aux miracles de la techniques. Ceci nous vaut cet enregistrement qui fait surgir dans des pièces bien connues, des timbres inattendus. Le procédé répétitif cher à la musique du maître trouve ici une nouvelle application. Le support de la bande magnétique oblige l’interprète à tenir un tempo infaillible, pas d’inflexion  » humaine « , pas de fléchissement. On y va, tout droit. Admirons la performance. (AG)

  

Graziani – Gaetano Nasilio – In Viaggio verso Breslavia  

  Nous ne savons rien des débuts de Carlo Graziani en Italie. Il faut attendre que la presse s’en mêle pour obtenir quelques informations sur ce virtuose du violoncelle. Sa présence à Paris, au Concert Spirituel fut annoncée en 1747. On sait qu’ensuite, il rejoint l’orchestre de Monsieur de La Pouplinière, fréquemment dirigé par Jean-Philippe Rameau. Le 14 décembre 1758, il obtient un Privilège Général de 10 ans qui lui permet de publier son recueil de sonates pour violoncelle et basse continue opus 1. Le 2 octobre 1760, il obtient un second Privilège et publie son opus 2, à nouveau des sonates pour violoncelle. La presse parisienne de décembre 1762 annonce le décès de La Pouplinière, ceci impliquant la dissolution de son orchestre. Que devient Graziani ? C’est le journal intime de Léopold Mozart qui nous apprend que le violoncelliste est à Londres où il se produit en concert et donne des leçons. Il faut ensuite attendre le 23 septembre 1770 et l’annonce d’un concert dans la presse allemande pour savoir que Graziani est à Frankfurt, avec son épouse. Cette dernière est cantatrice et trouve un emploi à l’opéra de Berlin tandis que son mari est invité à la cour pour y donner des leçons et jouer dans l’orchestre. Son opus 3, des sonates pour violoncelle, est dédié à Friedrich Wilhelm II qui fut couronné roi en 1786. Son éloge funèbre fut prononcé à Berlin en 1787. Ainsi Graziani publia quelques 18 sonates pour violoncelle et basse continue réparties en 3 recueils publiés et 18 autres sonates restées à l’état de manuscrit. Son langage le rattache au style galant avec des caractéristiques personnelles comme des phrases courtes, des structures symétriques, des contrastes de dynamiques et une absence de polyphonie, le tout concourant à la sensation d’allant de sa musique. « 77 minutes agréables comme un bon verre d’asti bien spumante ». (AG)

 

Richard Strauss – Quatuor à clavier Op.13 – Prazak Quartet

  On chercherait en vain à reconnaître le style caractéristique du compositeur du Rosenkavalier dans le Quatuor à clavier Op.13 enregistré ici. Richard Strauss avait un peu plus de vingt ans lorsqu’il traça sur le papier la première note de cette page aux élans romantiques passionnés. Ce n’était pas son coup d’essai, il venait d’achever sa Deuxième Symphonie, une forme déployée sur quarante minutes ne lui faisait pas froid aux yeux. Il se lance donc dans les quatre mouvements de ce quatuor commençant pas un allegro bipartite aux climats contrastés. Le scherzo qui suit est enlevé de main de maître tandis que l’andante est des plus lyriques, une romance sans parole. Le final, un vivace, est brillant jusqu’à l’héroïsme. Et oui, les années de jeunesse de Strauss correspondent aux années de maturité de Brahms et de Tchaïkovski. Faisant un bond dans l’histoire, le programme de ce disque s’achève par le Capriccio pour sextuor à cordes écrit en 1940. Cette page postromantique par excellence pourrait faire écho au Verklärte Nacht de Schoenberg si le ton n’en était pas aussi élégiaque. Ici la patte du compositeur est clairement reconnaissable avec des modulations par enharmonie qui nous promènent de droite et de gauche avant d’atterrir dans une clairière de stabilité, avant la promenade suivante. Nous entendons donc grâce à cet enregistrement une part moins connue de l’œuvre du grand Richard, l’autre. (AG)

  

Contributeurs :

Au service des collections :

Nathalie Ronvaux (NR) ~ Anne Genette (AG) ~ Andrée Forster (AF) ~ Marie de Wautier (MDW)

Jacques Ledune (JL)

A le Média Bxl :

Françoise Vandenwouwer (FVW)

Philippe Cantaert (PC)

A propos La média de bxl

La médiathèque de Bruxelles Centre : un repaire de découvertes et de passions. Nous aimons les musiques, les films, le multimédia. dans tous les genres, tous les courants. A la recherche de titres précis ou envie de découvertes ? Nous vous proposons plus de 100.000 titres musicaux et audiovisuels en accès direct, ainsi que des sélections ciblées. La médiathèque, c’est cinquante ans d’histoires culturelles enrichies au quotidien par des mélomanes et cinéphiles rodés au défrichage de répertoires et tendances sans cesse renouvelées. Bienvenue !
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