Florilège (27)

« Le petit recueil de nouveautés classique »

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John Adams – Son of Chamber Symphony & String Quartet

  Successeur de la « Chamber Symphony » datant de 1992, la « Son of Chamber Symphony » a été écrite en 2007 et paraît aujourd’hui dans la version de l’ « International Contemporary Ensemble » sous la baguette du compositeur. De l’œuvre se dégage un esprit fou, le premier mouvement n’est pas sans rappeler l’énergie rythmique et vitale des scherzos symphoniques de Beethoven suivi par un second mouvement empli de mystères discursifs que l’on retrouve ça et là au sein de certaines b.o de films. Quant au troisième mouvement, l’épanchement énergético-rythmique reprend de plus bel dès la première note pour se terminer dans une apothéose martelée et déconcertante.

Le quatuor enregistré en seconde partie de programme par le Saint Lawrence String Quartet apparaît comme une série de mouvements (bien qu’il n’y en ait que deux) ou séquences lentes et sombres de par leur teinte sonore se succèdent en alternance avec des instants farouchement expressifs. A certains moments, on se surprend à penser que John Adams n’était pas le seul dans l’acte créateur mais que dans sa tâche il était accompagné par quelques compositeurs français du vingtième siècle qui, cachés derrière le rideau, lui insufflait une partie de leur génie. (PC)

Miklos Rozsa – Oeuvres pour orchestre – Rumon Gamba 

  Héritier directe de l’école polyphonique allemande, rigoureuse, soucieuse de discipline formelle initiée par Jean-Sébastien Bach, Miklos Rozsa (1907-1995) nous est avant tout connu comme compositeur de musiques de films. Citons parmi les nonante cinq bandes originales qu’il a composées : Ben Hur, Le Livre de la Jungle, Ivanhoé ou encore Quo Vadis. Ceci dit, c’est à partir d’une rencontre fortuite en 1937 avec le compositeur suisse Arthur Honegger que Miklos Rozsa devient compositeur de musiques de films. Ce premier lui propose de se lancer dans la composition de la bande originale du films « Le Chevalier Sans Armure » de Jacques Feyder, Rozsa accepte plus par besoin nutritionnel que par réelle envie. Par la suite, l’écriture de bandes originales allait devenir une de ses occupations artistique principales qui pourtant ne l’éloignera pas de l’écriture de musiques classiques puisque son répertoire compte pas moins de quarante cinq opus.

Le présent enregistrement nous propose quatre œuvres issus de ces 45 opus, dont la conception s’étale entre 1929 et 1968.

Tout comme ses aînés Bela Bartok et Zoltan Kodaly, Miklos Rozsa n’hésite pas à aller puiser son inspiration dans le folklore hongrois, celui de son enfance, s’inscrivant ainsi en ardent défenseur d’une musique « nationale ». L’autre source inspiratrice dans l’écriture de Rozsa est indéniablement sa langue natale, le hongrois, idiome fortement accentué aux nombreuses inflexions qui ne manquent pas de se retrouver dans chacune de ses œuvres.

Je vous invite, sans plus attendre, à retrouver ces différents aspects sur ce deuxième volume consacré aux œuvres pour orchestre de Monsieur Rozsa ; le tout par le BBC Philarmonic sous la baguette de Rumon Gamba. (PC

  

George Enescu – Quatuor à clavier 1 & 2 – Schubert Ensemble of London

 

George Enescu fut la figure de proue de la vie musicale roumaine de la première moitié du 20ème siècle. A la fois célèbre violoniste virtuose et compositeur, il commença ses études au Konservatorium der Gesellschaft der Musikfreunde à Vienna en 1888. Lauréat en 1893, il fréquenta la classe de composition de Robert Fuchs pendant un an avant de continuer ses études au Conservatoire de Paris. Là, il étudia la composition avec Massenet et Fauré, la fugue avec André Gédalge, l’harmonie avec Ambroise Thomas et Théodore Dubois. Au nombre de ses condisciples figurent Ravel, Schmitt, Koechlin, Roger-Ducasse, Casella, Cortot et Thibaud. Le principal intérêt d’Enescu était la composition; un premier concert consacré à ses œuvres fut donné à Paris en 1897 et l’année suivante Edouard Colonne dirigeait son Poème roumain op.1. Le succès fut aussi au rendez-vous en Roumanie où la presse le désigna comme une figure d’importance nationale. 1904 marque la fondation du Quatuor Enescu composé d’Henri Casadesus, de Louis Fournier et de Fritz Schneider. Partagé entre sa vie de concertiste et de chambriste, Enescu réservait la composition aux périodes de vacances. Le Premier quatuor à clavier vit le jour à la fin de l’année 1909. D’une durée de près de 40 minutes, cette pièce de grande envergure adopte un caractère héroïque faisant une place de choix au piano. La musique coule à gros bouillons comme le torrent que viennent de temps à autres freiner une pierre ou un tronc d’arbre mais dont le cours de s’interrompt pas. Une énergie fougueuse émane de cette page. Le second quatuor à clavier est dédié à la mémoire de Gabriel Fauré dont la manière est presque tangible dans cette œuvre. Enescu vient de passer les quatre années de guerre en Roumanie, le dynamisme de sa jeunesse a fuit et des soucis d’argent commencent à se faire sentir. Ce quatuor adopte un ton intériorisé, presque nostalgique. Le piano y est moins présent au profit de l’harmonie des cordes. Le dernier mouvement vient renouer avec la frénésie du premier quatuor, dans un sentiment plus angoissé. (AG)

 

Steve Reich – The Desert Music & Three Movements

  Ce qui est nouveau dans cet enregistrement d’œuvres qui ne le sont pas, c’est le fait que le chef n’a pas essayé d’araser le discours comme il est de mise de la faire dans de la musique de phases. Kristjan Järvi met en avant les timbres de l’orchestre, fait surgir soudain un pupitre de la pâte sonore créant ainsi non plus des phases mais des vagues déferlant les unes après les autres. La musique de Steve Reich révèle, dans cet enregistrement, une richesse expressive inouïe. Une grande surprise. (AG)

 

Contributeurs :

Au service des collections :

Nathalie Ronvaux (NR) ~ Anne Genette (AG) ~ Andrée Forster (AF) ~ Marie de Wautier (MDW)

Jacques Ledune (JL)

A le Média Bxl :

Françoise Vandenwouwer (FVW)

Philippe Cantaert (PC)

A propos La média de bxl

La médiathèque de Bruxelles Centre : un repaire de découvertes et de passions. Nous aimons les musiques, les films, le multimédia. dans tous les genres, tous les courants. A la recherche de titres précis ou envie de découvertes ? Nous vous proposons plus de 100.000 titres musicaux et audiovisuels en accès direct, ainsi que des sélections ciblées. La médiathèque, c’est cinquante ans d’histoires culturelles enrichies au quotidien par des mélomanes et cinéphiles rodés au défrichage de répertoires et tendances sans cesse renouvelées. Bienvenue !
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