Florilège (29)

« Le petit recueil de nouveautés classique »

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Johann Christian Bach – Missa da Requiem

  Respectant le style polyphonique traditionnel tout en le parant de traits plus contemporains, Le Requiem de J-CH. Bach équilibre un jeu complexe et raffiné des mouvements et des voix, révélant une composition originale, d’une grande beauté. La séquence Dies irae est magnifique, les Arias déploient des mélodies que les voix des solistes colorent de leurs affects tandis que l’intervention des chœurs apporte une ampleur émotionnelle intense à la composition. Le Miserere s’inscrit dans la même veine d’inspiration, ample et sensible, équilibrant les mouvements des solistes, des chœurs et de l’orchestre. Les deux œuvres sont remarquablement servies par l’interprétation de l’Akademie für Alte Musik Berlin et du Rias Kammerchor dirigés par Hans-Christoph Rademan, interprètes qui font éclater les multiples couleurs de la composition, respectant l’équilibre de la diversité des parties tout en révélant deux œuvres d’une architecture parfaitement harmonieuse. (FVW)

Hélène Grimaud – Mozart – Masques et Magie

  C’est toujours un plaisir de retrouver Hélène Grimaud. Elle nous revient aujourd’hui dans un programme entièrement mozartien. Les deux concertos devaient initialement être enregistrés lors d’un concert à Bologne avec l’Orchestra Mozart dirigé par Abbado, mais les circonstances ont fait que c’est finalement lors d’un concert reprenant le même programme à Munich avec l’Orchestre de chambre de la radio bavaroise que le projet a été finalisé. Dans une interview parue dans le Classica de novembre 2011 à l’occasion du Choc Classica que son disque a reçu, Hélène Grimaud évoque une rencontre magique avec le Kammerorchester des Bayerischen Rundfunks: l’osmose qui s’est opérée entre elle et l’orchestre a créé les conditions d’une « liberté partagée », ce sont ses mots, qui a permis de dépasser les questions de stylisation pour accéder à quelque chose de plus fondamental à ses yeux. Hélène Grimaux nous confie apprécier de plus en plus les conditions du live qui implique un dépassement de soi dont elle estime que la musique sort gagnante. Revendiquant la simplicité de la lecture qu’elle fait des compositions de Mozart, elle conseille tout simplement de ne pas « gêner la musique ». Mozart était avant tout un être de passion, il ne se cachait pas derrière des artifices comme d’aucuns le pensent, mais exprimait librement ses émotions. Pour nous en convaincre, elle a choisi trois œuvres parmi celles qu’elle ressent comme les plus magiques, un mot qui, avec passion, revient fréquemment dans ses propos, notamment le sublime adagio du Concerto pour piano en la majeur K.488 dont elle pense que « Même si ce mouvement était tout ce que nous avions, cela suffirait » Le résultat est … magique ! (AF).

 

Iphigenia en Tracia – José de Nebra

  L’œuvre fut créée à Madrid en 1747. C’est une zarzuela, genre espagnol de l’art lyrique du XVIIIè, spectacle qui alterne des airs chantés, des déclamations et des parties instrumentales. Les interprètes du présent enregistrement, version de concert et non de représentation, ont choisi de privilégier les parties chantées, récitatifs et arias et la musique en supprimant les textes déclamés, désirant souligner par ce choix, la beauté de cette musique oubliée sur les rayonnages d’une bibliothèque. José de Nebra, né en 1702, se consacra dans la première partie de sa carrière musicale à composer pour les compagnies de théâtre madrilènes, œuvre foisonnante dont les zarzuelas. A partir de 1751, il fut organiste et compositeur à la chapelle royale à Madrid. De formation traditionnelle, musicien virtuose, il s’intéressa à toutes les tendances musicales de son époque, sous influences italienne et française ainsi qu’aux musiques populaires espagnoles. L’œuvre du compositeur est fragmentée, éparpillée sinon perdue et déplorant ce fait, le Concierto Espanol, sous la direction d’Emilio Moreno a réalisé la reconstitution de cette zarzuela, fruit d’un patient travail de retranscription de la partition originale, rendant ainsi hommage au compositeur et à son œuvre. (FVW)

René Jacobs – G.F Haendel Aggripina

L’Agrippina de Haendel, opéra de jeunesse créé à Venise vers 1710 rencontra un grand succès qui étoffa encore la renommée déjà acquise du jeune compositeur. Sur les scènes d’opéra, la popularité des chanteurs était assez puissante que pour leur permettre d’influencer les créations des compositeurs. Le manuscrit autographe de l’Agrippina, atteste au vu des rectifications notées par Haendel qu’il a dû se plier aux volontés des chanteurs et aux modes de représentations théâtrales de l’époque. René Jacobs a étudié manuscrits et partitions et a reconstitué l’Agrippina telle que Haendel semble l’avoir composée initialement. Plaçant l’orchestre au cœur de la représentation, privilégiant les récitatifs, il nous donne une version théâtrale, dynamique et colorée menée par l’orchestre et une pléiade de chanteurs qui modulent le texte au gré de l’expression dramatique dans l’alternance des récitatifs et des arias donnant à l’ensemble une merveilleuse diversité d’émotions. La version de René Jacobs et de ses interprètes peut s’inscrire en référence de ce chef-d’œuvre de l’opéra baroque. (FVW)

Akademie für Alte Muzik Berlin et Alexandrina Pendatchanska, Jennifer Rivera, Sunhae Im, Bejun Mehta, Marcos Fink, Neal Davies, Dominique Visse, Daniel Schmutzhard.

 

Jean-Guihen Queyras – Vivaldi & Caldara – concerto pour violoncelle

  Les 27 concertos pour violoncelle que composa Vivaldi, témoignent de son intérêt pour l’instrument qu’il soumit aux exigences d’une virtuosité inventive et souple, dans une variation des mouvements et de leurs tempos qui colorent ses compositions de nuances si contrastées, entre les teintes douces et délicates des adagios et les éclats les plus vifs des allegros. Jean-Guihen Queyras et l’Akademie für Alte Muzik, dirigée par Gerog Kallweit, nous font vivre ces concertos dans une complicité d’interprétation jubilatoire. Le violoncelle de Queyras, imprégné dans la moindre de ses fibres de l’œuvre de Vivaldi se soumet avec virtuosité et inspiration à toutes les subtilités des compositions de ce génie du Baroque. Un album jubilatoire! (FVW)

 

Contributeurs :

Au service des collections :

Nathalie Ronvaux (NR) ~ Anne Genette (AG) ~ Andrée Forster (AF) ~ Marie de Wautier (MDW)

Jacques Ledune (JL)

A le Média Bxl :

Françoise Vandenwouwer (FVW)

Philippe Cantaert (PC)

A propos La média de bxl

La médiathèque de Bruxelles Centre : un repaire de découvertes et de passions. Nous aimons les musiques, les films, le multimédia. dans tous les genres, tous les courants. A la recherche de titres précis ou envie de découvertes ? Nous vous proposons plus de 100.000 titres musicaux et audiovisuels en accès direct, ainsi que des sélections ciblées. La médiathèque, c’est cinquante ans d’histoires culturelles enrichies au quotidien par des mélomanes et cinéphiles rodés au défrichage de répertoires et tendances sans cesse renouvelées. Bienvenue !
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