Florilège (30)

« Le petit recueil de nouveautés classique »

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Bach & Beethoven – Contrapunctus XI, Quatuor op. 132 & sonate pour violoncelle op. 5 N°1

  Christian Tetzlaff et sa soeur Tanja se retrouvent ici réunis au sein d’un quatuor dans le cadre de la saison 2010 du Festival Spannung (tension) organisé à la station hydro-électrique de Heimbach. Le bâtiment  » Jugendstil « , construit en 1904 au cœur de l’Eifel allemand, abrite depuis 1998 l’événement annuel dont le nom  » Spannung « , faisant écho à l’électricité produite sur place, est censé également donner le ton de la musique programmée. Celle-ci, du baroque à l’époque contemporaine, confronte les répertoires connu et inconnu, en interrogeant certains parallélismes qui, précisément, peuvent être ressentis comme des tensions. C’est dans cet esprit de résolution des distances que le présent enregistrement explore l’énigmatique lien entre l’Art de la Fugue de Bach et la musique de chambre de Beethoven, notamment au travers d’une approche de la polyphonie où l’on retrouverait leur intérêt commun pour la musique de Palestrina. Le parti pris de renoncer au vibrato, contribuant ainsi à faire ressortir les structures polyphoniques, confère à l’enregistrement un son original que l’excellente prise de son en live ne vient en rien desservir. (JL)

 

Anne-Catherine Gillet – Barber, Berlioz et Britten

  Issues du recueil « Comédies de la mort »(1838) de Théophile Gautier, les paroles des 6 mélodies des Nuits d’été sont de la main d’un seul écrivain. A l’instar des cycles de Fauré, une grande cohérence est à remarquer entre écriture et composition musicale, sorte d’alliance parfaite entre poème et chant.A l’origine composées pour piano et voix (mezzo soprano ou ténor), les Nuits d’été d’Hector Berlioz seront par la suite orchestrées pour un ensemble instrumental. L’orchestrateur génial qu’il est semble être responsable de l’oubli de cette version originale en donnant plus d’importance à la version orchestrale. Les « Riches Dernières Arrivées » dans les collections permettent d’épingler cette version pour soprano et orchestre: par son enthousiasme et son timbre lumineux, Anne-Catherine Gillet réussit le pari de joindre 3 chefs-d’œuvre bien distincts du répertoire chanté. A suivre, assurément….(MDW)

Les nuits d’été – Marie-Nicole Lemieux

  Issues du recueil « Comédies de la mort »(1838) de Théophile Gautier, les paroles des 6 mélodies des Nuits d’été sont de la main d’un seul écrivain. A l’instar des cycles de Fauré, une grande cohérence est à remarquer entre écriture et composition musicale.

A l’origine composées pour piano et voix (mezzo-soprano ou ténor), les 6 mélodies des Nuits d’été d’Hector Berlioz seront orchestrées pour un ensemble instrumental une quinzaine d’années plus tard. L’orchestrateur génial qu’il est semble être responsable de l’oubli de cette version originale en donnant tellement d’importance à l’orchestre. Les « Riches Dernières Arrivées » dans les collections permettent d’épingler cette version pour contralto et piano: Marie-Nicole Lemieux et Daniel Blumenthal proposent un travail épuré de l’œuvre. (MDW)

 

Joseph Jongen & César Franck – Hans Ryckelynck

  Hans Ryckelynck a choisi deux pièces pour piano de César Franck faisant partie du répertoire courant. Il en donne une bonne lecture, oscillant entre rigueur et romantisme. Par contre, les 13 Préludes pour piano de Joseph Jongen sont plus rarement portés au disque et c’est dans ce répertoire que cet élève d’Abdel Rahman El Bacha donne le meilleur de lui-même. Lors de l’Exposition Universelle de 1900 à Paris, Jongen était entré en contact avec Fauré, d’Indy et d’autres musiciens en relation avec la Schola Cantorum et la Société Nationale. Mais l’influence la plus déterminante pour ces préludes est bien celle de Claude Debussy et de ses deux livres de préludes pour piano. L’écriture des Préludes opus 69 de Jongen est clairement impressionniste avec ses halos de notes enveloppant une ligne mélodique fugace. Le compositeur mêle à des descriptions, l’évocation de sentiments humains tels que l’angoisse ou la tendresse. Sans être un sommet du répertoire pianistique, ce recueil opus 69 s’écoute avec plaisir d’un bout à l’autre, reflétant l’humeur d’un compositeur n’étant plus confronté au doute. (AG)

 

Ebony Band – The Jazz Fever of Milhaud, Martinu, Seiber, Burian & Wolpe

  La naissance du jazz dans la vie musicale aux Etats-Unis au début du XXème siècle a véritablement créé une onde de choc dans le monde occidental, et son incursion dans la musique européenne ne s’est pas fait attendre. C’est cette histoire que nous raconte l’Ebony Band à travers cinq œuvres de cinq compositeurs qui ont profité de l’opportunité d’un nouveau mode d’expression pour enrichir leur propre style. (NR)

 

August de Boeck – Concerto pour piano, Prélude et Suite d’Orchestre

  Je ne suis jamais aussi contente que lorsqu’il m’est donné de parler de notre patrimoine national. August De Boeck fait partie des compositeurs qui ont marqué la jonction entre le 19ème et le 20ème siècle en Belgique. Il fut le témoin de cette fin de siècle si riche en bouleversements culturels au nombre desquels la naissance des Ecoles Nationales. C’est lui qui introduisit l’impressionnisme musical en Belgique. Né à Merchtem le 9 mai 1865, il étudia l’orgue au Conservatoire royal de Bruxelles dès 1880. Sa rencontre avec Paul Gilson (1865 -1942), autre compositeur de nos contrées, fut primordiale pour la carrière du compositeur. C’est en effet lui qui lui enseigna l’orchestration et qui lui donna l’impulsion nécessaire pour se lancer dans la composition. Fasciné par la musique vocale, De Boeck composa 5 opéras, des mélodies et des oeuvres vocales sacrées. Il ne fut pas de reste dans le domaine orchestral avec sa Symphonie en sol mineur, son Concerto pour violon, ses deux fantaisies et d’autres pages d’inspiration romantique. Grâce à cet enregistrement, nous découvrons le Concerto pour piano et orchestre en Do majeur rédigé à la demande de Pierre Hans (1886-1960), l’inventeur d’un piano à queue à deux claviers. On comprend d’emblée l’intérêt de l’organiste qu’était De Boeck pour cet instrument hors du commun qui n’eut pas de postérité mais pour lequel furent écrits quelques oeuvres. C’est Jozef de Beenhouwer qui retravailla la partition du concerto dans sa version originale afin de l’adapter au piano à queue traditionnel. Son interprétation est pleine de finesse et de sensibilité. A côté de cette page concertante figurent des extraits instrumentaux de deux opéras de De Boeck. Théroigne de Méricourt, écrit en 1900 est son premier opéra. Le Prélude du premier acte plonge l’auditeur dans une ambiance élégiaque dont le langage évoque celui d’Ernest Chausson, notamment. Cinquième et dernier opéra de De Boeck, La Route d’Emeraude a été créé en 1921 dans la version française et en 1933 dans la version néerlandophone intitulée alors Francesca. La Suite orchestrale que nous pouvons entendre sur ce disque a été réalisée par le compositeur Frits Celis à partir de divers éléments de l’opéra. Un élan romantique parcourt l’œuvre avec ça et là des tournures faisant penser aux Russes du Groupe des Cinq. Il ne vous reste plus qu’à découvrir ce petit trésor sonore. (AG)

 

Maurice Ravel -Musique de chambre pour violon

  Dans ce récital consacré à la musique de chambre pour violon de Maurice Ravel, Sasha Rozhdestvensky nous livre une version de Tzigane dépouillée de toute vulgarité. Le ton est à la légèreté, la virtuosité est mise au service du dynamisme de la pièce. L’arrivée sur les trois accords du final est précédée d’une accélération vertigineuse qui se ressent physiquement. Oui, Tzigane peut encore surprendre l’auditeur. La Sonate en Sol pour violon et piano est vue avec le même souci de sobriété, ce que souhaitait le compositeur. Le premier mouvement, d’une exquise élégance, pourrait être plus charnu dans sa sonorité. Le contraste violent de tempo entre le Blues et le Perpetuum mobile surprend à nouveau et il faut bien la Berceuse sur le nom de Gabriel Fauré et son atmosphère de tendresse pour nous remettre. Avec la Sonate pour violon et violoncelle, Ravel faisait un nouvel effort dans le dépouillement et la concision, ce qui lui sera reproché lors de la création de l’œuvre en 1922. La texture de cette sonate atteint la transparence ; le deuxième mouvement joue sur les ombres chinoises avec ses pizzicati. La virtuosité est présente ici autant dans l’écriture que dans l’interprétation. Le programme de cet enregistrement se termine par la Sonate posthume de 1897, œuvre influencé par la sonate de César Franck et celle de Gabriel Fauré. Maurice Ravel, avec son caractère minutieux et réservé aurait aimé cette interprétation des plus racées. (AG)

 

Contributeurs :

Au service des collections :

Nathalie Ronvaux (NR) ~ Anne Genette (AG) ~ Andrée Forster (AF) ~ Marie de Wautier (MDW)

Jacques Ledune (JL)

A le Média Bxl :

Françoise Vandenwouwer (FVW)

Philippe Cantaert (PC)

A propos La média de bxl

La médiathèque de Bruxelles Centre : un repaire de découvertes et de passions. Nous aimons les musiques, les films, le multimédia. dans tous les genres, tous les courants. A la recherche de titres précis ou envie de découvertes ? Nous vous proposons plus de 100.000 titres musicaux et audiovisuels en accès direct, ainsi que des sélections ciblées. La médiathèque, c’est cinquante ans d’histoires culturelles enrichies au quotidien par des mélomanes et cinéphiles rodés au défrichage de répertoires et tendances sans cesse renouvelées. Bienvenue !
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