J’ai rencontré le diable…

Les films mettant en scène la notion de vengeance sont légion en Corée du Sud. Souvenez-vous de la trilogie de la vengeance réalisée par Chan-wook Park : Sympathy for Mr vengeance (2002), Old boy (2003), Lady vengeance (2005) – trois films dont le thème principale est, comme vous l’aurez deviné, la vengeance… ou encore Bad guy de Kim ki-Duk dans lequel un homme, humilié par une jeune fille en pleine rue, décide de l’obliger à se prostituer ; A bittersweet life de Ji-wun Kim, l’histoire d’un règlement de compte entre le bras droit d’un chef de gang et celui-ci…

En me penchant sur l’histoire du cinéma coréen, j’apprends que l’un des premiers films réalisé en Corée (alors sous domination japonaise) porte le titre La Juste revanche (Kim Do, 1919). Il ne s’agit donc pas d’une coïncidence. Et donc, I saw the devil / J’ai rencontré le diable vient s’ajouter à la longue liste des films de vengeance. Aussi sordide que Old boy, ce film de Jee-Woon Kim raconte comment un jeune homme venant de perdre sa compagne, va se venger contre le meurtrier de celle-ci. C’est la maman de Benoît Poelvoorde qui le dit dans C’est arrivé près de chez vous : « Et je te garantis bien que moi y’aurait pas de tribunaux, y’aurait pas d’juges, je ferai la justice moi-même » et c’est exactement ce qu’il se passe dans I saw the devil. Le réalisateur pousse le vice de la vengeance à son extrême puisque notre protagoniste retrouve le meurtrier de sa petite amie environ 20 minutes après le début du film… qui dure près de 2h30. Au lieu d’en finir avec ce serial killer, il le blesse et s’amuse ensuite à le poursuivre. Le meurtrier se transforme en victime, le justicier en psychopathe et le spectateur en petit animal effrayé et dégouté qui essaye de rentrer dans son fauteuil… bon, j’exagère un peu mais le film fonctionne très bien. I saw the devil a fait grand bruit dans son pays d’origine et a vu sa sortie postposée plusieurs fois, contraignant le réalisateur à supprimer des scènes trop violentes, avant sa sortie en salle. On se dit alors qu’on a échappé au pire…

Brigitte Segers

A propos La média de bxl

La médiathèque de Bruxelles Centre : un repaire de découvertes et de passions. Nous aimons les musiques, les films, le multimédia. dans tous les genres, tous les courants. A la recherche de titres précis ou envie de découvertes ? Nous vous proposons plus de 100.000 titres musicaux et audiovisuels en accès direct, ainsi que des sélections ciblées. La médiathèque, c’est cinquante ans d’histoires culturelles enrichies au quotidien par des mélomanes et cinéphiles rodés au défrichage de répertoires et tendances sans cesse renouvelées. Bienvenue !
Cet article, publié dans Brigitte Segers, Cinéma (fiction), est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s