Florilège (34)

« Le petit recueil de nouveautés classique »

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Henry Dumont – Louez par des chansons nouvelles

  Né dans la région de Liège (1610) où il reçoit dans sa jeunesse sa formation d’organiste, Henri Dumont s’installe à Paris à partir de 1643, il s’y fait une réputation et s’intègre à la vie musicale parisienne. Il devient organiste de l’Eglise Saint-Paul dans le Marais et entrera plus tard au service du duc d’Anjou. En 1652, il publie un recueil de motets pour petits effectifs (deux à quatre voix) dont la particularité de présenter un accompagnement de basse continue imprimé à part ( ce qui n’était pas de coutume en France et le deviendra à partir de cette époque) contribuera à sa notoriété. En 1657 il composera un recueil de chants profanes, les Meslanges et en 1663 un recueil d’airs spirituels, psaumes et cantiques. Il entre, la même année au service du roi. Henri Dumont est un compositeur important du XVIIème siècle. Son œuvre essentiellement religieuse sera admirée et interprétée de son vivant dans les églises de Paris. Stephan Van Dyck s’est intéressé à la prononciation du latin à la française et du français restitué pour retrouver la couleur, la musique et la poésie des mots tels qu’ils étaient prononcés et chantés à l’époque et tels nous sont-ils restitués par la très belle interprétation des œuvres du compositeur par l’ensemble Musica Favola. (FVW)

 

Klagenfurter Orgeltablatur – Manfred Novak

 

Le manuscrit de la tablature d’orgue de Klagenfurter est la plus ancienne source présentant des pièces pour instruments à clavier retrouvée en Autriche et l’une des premières notations selon le système dit « Neue Deutsche Orgeltablatur », une notation purement alphabétique avec des symboles rythmiques pour chacune des parties disposées en partition. Le manuscrit contient également des « intabulations », transcriptions écrites en tablature d’œuvres vocales pour instruments à clavier, répertoire qui représente la majeure partie de la musique pour instruments à clavier du XVIème siècle. Dans la liturgie, les transcriptions pouvaient servir à remplacer le chant choral dans les lieux où aucun chœur n’était disponible. On les utilisait aussi dans la pratique musicale privée. Les transcriptions présentées dans cet album sont jouées sur l’orgue Ebert (1561) de la Hofkirche d’Innsbruck dont l’histoire touchante et tourmentée vous est contée dans le livret. Manfred Novak est organiste en chef d’une abbaye bénédictine, il est aussi compositeur de musique liturgique et spirituelle ainsi que de musique vocale. (FVW, d’après livret)

 

Joseph Hector Fiocco – Petits Motets

  Joseph-Hector Fiocco (1703-1741) est né et a vécu à Bruxelles où s’était installé son père, Pietro Antonio Fiocco (1653-1714), musicien vénitien qui joua un rôle important sur la scène musicale de la ville avant de devenir maître de la chapelle royale en 1703.

Joseph- Hector Fiocco est connu pour ses pièces de clavecin qu’il dédia au duc Léopold-Philippe d’Arenberg. Le recueil de ces pièces fut publié et connaîtra un certain succès en Europe. Il fut maître de chapelle de la cathédrale d’Anvers puis maître de chant à la collégiale des Saints Michel et Gudule. C’est à ce poste qu’il composa des œuvres religieuses dont les motets choisis et interprétés ici par Nicolas Achten et son ensemble Scherzi Musicali. Motets à une, deux et quatre voix qui furent à l’époque également programmés par le Concert Spirituel, société de concerts publics parisiens.

Nicolas Achten a exploré l’univers du compositeur, séduit par sa musique alliant le style français à l’esthétique italienne, évoquant dans la diversité de ses inspirations, les œuvres de Vivaldi et de Charpentier, de Pergolèse et de Couperin, de Lully, de Haendel… Cette diversité de styles représente une complexité quant à l’interprétation des œuvres par des musiciens contemporains. C’est à ce travail de recherche dans l’œuvre du compositeur que Nicolas Achten s’est attaché pour la réalisation de cet album. Et l’on découvre une musique délicate et raffinée, d’un bel équilibre dans l’alliage des styles, des œuvres qui dégagent du charme en même temps qu’elles attestent de la sensibilité d’un compositeur talentueux. Les musiciens et chanteurs de l’ensemble Scherzi Musicali nous révèlent par une interprétation toute en nuances de timbres, de phrasés, d’ornementation… cette musique qui enchantait jadis le chœur de notre cathédrale. (FVW)

 

Prima Donna – Nathalie Stutzmann Chante et dirige Antonio Vivaldi 

  Singulière voix que celle de contralto féminin. Elle séduisit Vivaldi qui la préféra aux voix de castrats pour ses opéras. Il composait selon le caractère dramatique de la voix de chaque chanteuse avec laquelle il travaillait. Le programme de l’album de Nathalie Stutzmann propose un éventail de ces compositions. Elle dirige également l’ensemble qu’elle a créé, Orfeo 55. Une interprétation remarquable, tant de la chanteuse que de l’ensemble. (FVW)

 

La Compagnia del Madrigal – Orlando Furioso

  L’Orlando Furioso est un poème chevaleresque épique de Ludovico Ariosto, dit l’Arioste. Une des œuvres les plus célèbres de la littérature italienne qui connut un immense succès dés sa parution. Le poème proclamait l’union idéale de la poésie et de la musique, l’imagination et la beauté de la poésie de l’Arioste inspira tous les grands musiciens de l’époque, et bien au delà, continua d’inspirer de nombreux artistes, peintres, graveurs, poètes… jusqu’au XIXème siècle. Les chanteurs de La Compagnia del Madrigale se sont consacrés au répertoire des madrigaux de compositeurs tels que Monteverdi, Gesualdo, D’India… Leur interprétation des madrigaux de l’Orlando relève d’un souhait de redécouvrir les différentes œuvres musicales inspirées du poème et ils ont effectué un choix parmi ces nombreuses compositions, choix qu’ils honorent d’une remarquable interprétation. (FVW)

 

 Michelangelo Falvetti – Il Diluvio Universale

   En dehors des grands noms qui l’illustrent, la période Baroque est un labyrinthique cabinet de curiosités où musiciens et musicologues d’aujourd’hui s’aventurent avec passion en quête de ces compositeurs et de leurs œuvres perdues. Ainsi, lorsque Leonardo Garcia Alarcón reçoit la partition d’Il Diluvio Universale, œuvre inconnue d’un compositeur oublié, Michelangelo Falvetti (1642-1692), qui fut maître de chapelle à Messine, est-il immédiatement intéressé par la partition et son thème, le déluge, thème universel, déjà ancré depuis l’enfance dans son propre imaginaire. Il effectue alors un formidable travail alliant recherches musicologiques, technique, émotion et imagination. Ni opéra, ni oratorio, l’œuvre nous est présentée comme un dialogue entre Dieu, la Mort, Noé et son épouse, la Nature Humaine et les éléments de la Nature… Elle est originale, animée d’une belle liberté d’écriture, toute en contraste dans la diversité des formes et des rythmes. Les solistes de l’ensemble Cappella Mediterranea et le Chœur de Chambre de Namur sous la direction de Garcia Alarcón l’ont ressuscitée pour la première fois lors du festival d’Ambronay 2010. Et cette représentation semble avoir uni public et musiciens dans une émotion telle que Leonardo Garcia Alarcón évoque une nouvelle victoire du Baroque. Il faut entendre le chœur dans le prologue, lorsque l’Eau ordonne pluie, déluge, grêle et tempête et plus loin, plage 19, dans la Symphonie de tempête, puis plage 21, incarnant la Nature humaine « engloutie dans le massacre commun ». On imagine les décors anciens, des grands pans de nuages en carton agités par les machineries de théâtre, les éclairs… quant aux sons métalliques des coups de tonnerre, ils sont présents dans l’enregistrement.

Dans le contraste, intimiste, le chant de Mariana Flores colore les mots du dialogue avec Noé d’une poésie infinie, et la voix de Fernando Guimaraes s’accorde à ce chant, tout en mélancolie, dédoublant l’émotion de ces faibles humains soumis à la terrible punition divine. Ce Diluvio Universale nous est révélé avec un immense talent comme une de ces perles du Baroque à enfiler précieusement sur le fil du temps. (FVW)

 

Contributeurs :

Au service des collections :

Nathalie Ronvaux (NR) ~ Anne Genette (AG) ~ Andrée Forster (AF) ~ Marie de Wautier (MDW)

Jacques Ledune (JL)

A le Média Bxl :

Françoise Vandenwouwer (FVW)

Philippe Cantaert (PC)

A propos La média de bxl

La médiathèque de Bruxelles Centre : un repaire de découvertes et de passions. Nous aimons les musiques, les films, le multimédia. dans tous les genres, tous les courants. A la recherche de titres précis ou envie de découvertes ? Nous vous proposons plus de 100.000 titres musicaux et audiovisuels en accès direct, ainsi que des sélections ciblées. La médiathèque, c’est cinquante ans d’histoires culturelles enrichies au quotidien par des mélomanes et cinéphiles rodés au défrichage de répertoires et tendances sans cesse renouvelées. Bienvenue !
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