Mémoire et cinéma

La mémoire absorbe, conserve et restitue des informations que nous percevons. Fonction vitale, au même titre que la respiration, la mémoire nous permet de communiquer, d’apprendre et de s’adapter. Sans mémoire, il n’y aurait pas eu d’évolution et nous n’en serions encore qu’au stade de bactéries.
On pense surtout à la mémoire comme capacité de mémorisation : on étudie un texte, on le mémorise et on le récite. Lorsqu’il s’agit de moments de la vie, on utilise alors plus facilement le terme souvenir, comme s’il était plus tendre de se souvenir de son premier baiser que de se le remémorer… même si l’on apprend quelque chose « par cœur ».
Et lorsque la machine s’enraye, il y a des pertes de la mémoire devenue malade, qui se brise en petits morceaux ou qui s’efface tout à coup.

Avant même la naissance, la mémoire fonctionne déjà. Les bébés se souviennent de sensations, de musiques, de stimuli vécus dans le ventre de leur mère. Et lorsque la mort vient à frapper, ne dit-on pas que l’on revoit toute notre vie défiler devant nos yeux ?

Sans la mémoire nous ne serions rien. Pourtant, il serait parfois commode de se défaire de certains moments douloureux, de ne pas se souvenir de certaines choses.
La mémoire est un sujet inépuisable au cinéma et l’on peut la retrouver dans de nombreux genres. En complément de  La Sélec 22 qui explore le sujet, voici une sélection de titres illustrant différentes facettes de la mémoire au cinéma.

La mémoire de toute une vie :

After life de Hirokazu Kore-Eda : Film japonais. Des personnes décédées sont amenées à se souvenir d’un moment de leur vie pour l’emporter avec elles dans l’au-delà. Une équipe s’attèle à mettre en scène ce moment précis. On se croirait dans le tournage de plusieurs petits films, sans effets spéciaux ni fioritures.
Les choses de la vie de Claude Sautet : Lors d’un accident de voiture, Michel Piccoli repense à divers petits souvenirs qui ont enrichi sa vie. La vie qui déroule devant les yeux aux moments les plus graves avec ses regrets mais aussi ses joies.

La mémoire, remède à l’amour :

Eternal sunshine of the spotless mind de Michel Gondry : De façon très touchante, le réalisateur utilise la perte de mémoire pour soulager une histoire d’amour devenue trop douloureuse et nous interroge sur la persistance de l’amour chez deux êtres faits l’un pour l’autre.
Code 46 de Michael Winterbottom : fait également intervenir l’effacement de mémoire pour régler une histoire d’amour interdite. On est concrètement dans le registre de la science-fiction (l’histoire se déroule dans le futur).

La mémoire dans l’enquête policière

Memento de Christopher Nolan : Un homme tue le tueur présumé de sa femme. Mais est-ce le bon coupable ? Le protagoniste est atteint d’une maladie qui réduit sa mémoire à quelques heures seulement. La mémoire malade sert de prétexte à une intrigue policière, qui tire son originalité dans la construction de son scénario, à rebours.
La mémoire du tueur de Eric Van Looy : Une enquête policière touchante avec un policier en fin de carrière atteint d’un début d’alzheimer. Cinéma belge.

La mémoire malade :

Iris de Richard Eyre : L’histoire de l’écrivaine célèbre, Iris Murdoch, qui a du se battre contre la maladie d’alzheimer après une carrière remplie de romans à succès.
The world is big de Stephan Komandarev : Après  un  accident  de  voiture,  Alex,  un  jeune  bulgare  élevé  en Allemagne,  devient amnésique. Pour tenter de le guérir, son grand père organise  son  retour  dans son pays d’origine, la Bulgarie. Ce périple initiatique à travers l’Europe permettra à Alex de retrouver sa mémoire et son identité.

La mémoire douloureuse :

Festen de Thomas Vinterberg : Comment vivre avec le poids du souvenir d’un abus sexuel. Festen traite de façon très froide un règlement de compte au sein d’une famille.
Dolores Claiborne de Taylor Hackford : Tiré d’un roman de Stephen King, le film nous amène lentement à découvrir comment une jeune fille a réussi à ne pas se souvenir d’un horrible événement. Quand la mémoire joue des tours.
Penny Serenade de George Stevens : A la veille de leur divorce, un couple revoit tous les instants de sa vie à l’aide d’un album dans lequel chaque vinyle s’apparente à un moment précis de cette union. Mélodrame de 1941 avec Cary Grant et Irene Dunne.

BS

A propos La média de bxl

La médiathèque de Bruxelles Centre : un repaire de découvertes et de passions. Nous aimons les musiques, les films, le multimédia. dans tous les genres, tous les courants. A la recherche de titres précis ou envie de découvertes ? Nous vous proposons plus de 100.000 titres musicaux et audiovisuels en accès direct, ainsi que des sélections ciblées. La médiathèque, c’est cinquante ans d’histoires culturelles enrichies au quotidien par des mélomanes et cinéphiles rodés au défrichage de répertoires et tendances sans cesse renouvelées. Bienvenue !
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