Florilège (39)

« Le petit recueil de nouveautés classique »

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Claire Chevalier – Franz Liszt, piano Erard 1876

  Claire Chevallier propose un programme dédié à Liszt: l’ensemble des pièces, disparates mais oh combien riches, est joué sur un piano Erard 1876 (restauré par Jan van Hemel). Le résultat bouscule les éventuelles idées lisses et dogmatiques concernant l’interprétation. Le livret (illustré par le belge Benoît van Innis), comporte des échanges épistolaires entre le compositeur et Pierre Erard ainsi que des informations concernant la restauration et la mécanique de l’instrument. Un moment plaisant et de qualité sur le plan visuel et auditif. (MDW)

  

Il Triunfo di Clelia – Christoph Ritter von Gluck

  L’opéra Il Trionfo di Clelia fut commandé à Gluck en 1762 par la ville de Bologne pour l’inauguration du Nuovo Pubblico Teatro . Le même sujet, sur un livret de Métastase, mis en musique par Johann Adolf Hasse avait précédemment remporté un vif succès à Vienne. Pour cette nouvelle version, le compositeur, déjà renommé et qui allait introduire bientôt une réforme de l’opéra, livra une œuvre brillante et raffinée aux accents réformistes, privilégiant l’expression dramatique malgré les contraintes d’un style traditionnel formel qui lui avait été imposé. L’œuvre est donc historiquement importante dans l’évolution de l’écriture musicale du genre. Et pourtant la partition fut perdue dans des archives durant plus de deux siècles. Cette nouvelle interprétation de l’Armonia Atenea et Giuseppe Sigismondi de Risio restitue à l’œuvre toute la force créative de Gluck, entre l’opera seria et l’opera buffa. (FVW)

   

Hector Berlioz – Harold en Italie, les nuits d’été – le roi de Thulé

  Composée en 1834, Harold en Italie est la deuxième des 4 symphonies de Berlioz. Tout au long de cette oeuvre de concert, l’accent est mis sur sa période d’exil en Italie: elle est teintée par ces moments passés dans les Abruzzes au contact de musiciens ambulants et de villageois. Le personnage principal, tout droit sorti de l’oeuvre de Byron, « Childe Harold’s Pilgrimage » semble lui aussi errer au milieu d’un décor campagnard. Berlioz met en valeur l’alto et parvient dans cette oeuvre, à associer le mordant de la bise du Nord et la chaleur lumineuse du sud. L’accueil mitigé du public pousse le compositeur à organiser des tournées en Europe dans le but d’y diriger cette oeuvre qu’il affectionne particulièrement. Ses voyages lui donnent aussi l’occasion de faire entendre le répertoire vocal dont les Nuits d’été, cycle de 6 mélodies composées d’après les textes de son ami, Théophile Gautier. Elles reflètent l’amour impossible et le refuge dans le monde onirique. Toujours lié à l’idée de voyage, Berlioz développe une ancienne partition et compose la Damnation de Faust vers 1845. Il s’agit de la première apparition de Marguerite à laquelle l’alto (toujours lui!) répond.

L’association Minkowski, Tamestit et von Otter est lumineuse: l’approche plus contemporaine et le jeu d’Antoine Tamestit est remarquable dans la symphonie Harold en Italie. J’émets une petite réticence quant au manque de générosité d’Anne-Sofie von Otter dans les Nuits d’été. Cependant, les phrases sont souvent comme scandées ce qui rend la diction quasi irréprochable. Voici une vision différente de ce cycle et qui n’en demeure pas moins très intéressante. Cet enregistrement se conclut avec l’air « du Roi de Thulé » dans lequel voix et alto sont en totale symbiose. Un régal! (MDW)

  

Giovanni Pierluigi Palestrina – The Sixteen

 

Giovanni Pierluigi Palestrina (1525-1594), l’un des plus grands compositeurs de son temps, fut maître de chapelle de la basilique Saint-Pierre de Rome durant 23 ans. Son œuvre considérable compte une centaine de messes, des centaines de motets, magnificats et lamentations, des offertoires, des litanies, psaumes et cantiques, des madrigaux spirituels et profanes…. Conforme aux exigences du Concile de Trente qui condamnait la virtuosité et la complexité dans la polyphonie au profit d’une plus grande intelligibilité du texte, son œuvre imprégnée de plain-chant grégorien compte cependant parmi les plus abouties des polyphonies vocales. Les lignes mélodiques limpides et les contrepoints savants dégagent dans l’équilibre de leurs combinaisons une impression de sérénité extraordinaire. La missa Assumpta es Maria a été élaborée selon le modèle d’un motet préexistant à son écriture. Le Cantique des Cantiques de Palestrina repose sur des versets de ce texte poétique de la tradition biblique. La musique, servie ici par les voix de l’ensemble The Sixteen, dirigé par Harry Christophers, élève le poème en lignes polyphoniques mélodieuses et claires qui en accentuent la profondeur spirituelle et toujours dans le souci du compositeur d’un discours musical limpide. (FVW)

 

Jan Dismas Zelenka – Missa Omnium Sanctorum

  Jan Dismas Zelenka (1679-1745) est né près de Prague où il a étudié. Vers 1710, il entre comme contrebassiste dans l’orchestre de la cour de Dresde où il s’établit. Lors de séjours à Vienne entre 1716 et 1719, il sera l’élève de Johann Joseph Fux. Il composa de nombreuses œuvres sacrées pour la chapelle catholique de la cour de Dresde. Estimé par ses contemporains dont J-S. Bach et G-PH. Telemann, on l’admirait pour l’originalité de sa musique et sa maîtrise du contrepoint, qualités attestées par le présent enregistrement. Son œuvre sombra cependant dans l’oubli durant deux siècles avant que compositeurs et musicologues en retrouvent les traces fin XIXème et le remettent à l’honneur au XXème siècle. (FVW)

  

Iannis Xenakis – Zyia, Six chansons grecs, Psappha, Persephassa

  Vingt ans séparent les 2 oeuvres pour percussion enregistrées ici et les pièces avec piano. Au début des années 1950, l’écriture de Iannis Xenakis ne laissait pas deviner ce qu’elle allait devenir un peu plus tard. Néanmoins, Zyia, gravé ici dans sa version pour mezzo-soprano, flûte et piano ainsi que les Six Chansons grecques pour piano font figure d’agréable témoignage. Le percussionniste Daniel Ciampolini a donné naissance à deux nouvelles versions de Psappha pour percussion solo et Persephassa pour 6 percussionnistes disposés autour du public. Grâce à l’électronique, Ciampolini réalise à lui tout seul le travail de 6 instrumentistes : 5 parties sont pré-enregistrées tandis que la dernière est jouée en live avec l’aide de l’ordinateur pour coordonner le tout. Psappha recourt à l’électronique pour créer de nouveaux sons, la liberté du choix des instruments étant laissée à l’interprète. Une spatialisation du son donne du relief à la pièce offrant ainsi à l’auditeur quelque chose d’inédit. Une entreprise réussie. (AG)

  

Claudio Monteverdi – Missa in Illo Tempore

  Guillaume de Gonzagues (1538-1587), duc de Mantoue, souverain très chrétien, fit construire la Basilique de Santa Barbara (à Mantoue). Elle devint le lieu des cérémonies de la prestigieuse famille. Claudio Monteverdi et Giaches de Wert furent tous deux au service des Gonzague et c’est dans le cadre de leurs fonctions qu’ils composèrent les œuvres présentées dans cet album. Chef-d’œuvre de l’écriture polyphonique, la Missa in illo tempore de Monteverdi est écrite dans le stile antico des traditions de la polyphonie franco-flamande et le compositeur y déploie tous les effets de cet art du contrepoint dont il maîtrise l’écriture.

Guiaches de Wert fut maître de chapelle de la basilique Santa Barbara en 1565 et le resta jusqu’à sa mort. Il écrivit huit livres de madrigaux en même temps qu’il se consacrait aux compositions liturgiques exigées par sa fonction. Certains passages des œuvres interprétées révèlent aussi de belles complexités contrapuntiques.

L’enregistrement de cet album a été réalisé dans la basilique Santa Barbara. La disposition spatiale des chanteurs a été étudiée et adaptée selon les exceptionnelles qualités sonores du lieu. L’alternance des voix, uniquement masculines, se répondant et s’entrecroisant dans la complexité des compositions, sont, entre les graves et les aigus, comme des jeux d’ombre et de lumière, aériennes et terrestres qui emplissent les profondeurs de l’espace de leur musique intemporelle. Interprétation de toute grande qualité ! (FVW)

  

Giacomo Rossini – Opéra à quatre mains par le Duo Solot

  Cet enregistrement à 4 mains présente quelques extraits de l’abondante production de Giacomo Rossini. Dans le tournant des 19ème et 20ème siècle, la prédilection pour la musique de salon s’intensifie et l’écriture pour le piano à quatre mains se révèle très adéquate à ce genre de lieu plus confiné qu’un Opéra. Le Duo Solot propose plusieurs Ouvertures d’opéras célèbres – La Gazza ladra, L’Italiana in Algeri, Il Barbiere di Siviglia et Guillaume Tell – transcrites par Richard Kleinmichel, Arnold Schoenberg et Louis Moreau Gottschalk. (MDW)

  

Contributeurs :

Au service des collections :

Nathalie Ronvaux (NR) ~ Anne Genette (AG) ~ Andrée Forster (AF) ~ Marie de Wautier (MDW)

Jacques Ledune (JL)

A le Média Bxl :

Françoise Vandenwouwer (FVW)

Philippe Cantaert (PC)

A propos La média de bxl

La médiathèque de Bruxelles Centre : un repaire de découvertes et de passions. Nous aimons les musiques, les films, le multimédia. dans tous les genres, tous les courants. A la recherche de titres précis ou envie de découvertes ? Nous vous proposons plus de 100.000 titres musicaux et audiovisuels en accès direct, ainsi que des sélections ciblées. La médiathèque, c’est cinquante ans d’histoires culturelles enrichies au quotidien par des mélomanes et cinéphiles rodés au défrichage de répertoires et tendances sans cesse renouvelées. Bienvenue !
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