Florilège (44)

« Le petit recueil de nouveautés classique »

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Chostakovitch
– Orango (prologue) & Symphonie n°4

 

Parmi les œuvres inachevées du compositeur se trouve le Prologue d’Orango. Jusqu’en 2004, on ne connaissait pas grand-chose de cette pièce. La découverte d’une réduction pour piano de l’œuvre dans un musée moscovite lui permet d’être captée ici pour la première fois. Ce prologue satyrique, issu d’un opéra en 3 actes de Chostakovitch, dresse le portrait peu flatteur de la culture moderne. En 1932, le Théâtre du Bolchoï, qui projette de fêter le 15ème anniversaire de la révolution d’Octobre, fait appel à deux librettistes pour la réalisation du projet: Alexeï Tolstoï et Alexandre Startchakov. Ils écrivent une sorte de farce satyrique autour de l’expérience improbable d’un croisement entre un orang-outang et un humain. L’esquisse composée en 1932 reste inachevée à cause du climat politique hostile et incertain durant cette décennie.

Si Orango est resté méconnu du public, la quatrième symphonie est en revanche, une pièce importante du répertoire symphonique. Cette œuvre ample au caractère héroïque connaît, elle aussi, de multiples rebondissements: composée en 1936, sa création à lieu à Moscou en 1961, sous la direction de Kirill Kondrachine. Voici deux œuvres très différentes par leur caractère respectifs mais qui démontrent à quel point le climat ambiant de l’époque eut un impact sur la vie et la composition du musicien russe. (MDW)


Daniel Isoir
& La petite Symphonie – Mozart Concerto pour piano 13,14 et 27

  Soulevons le coin du voile et pénétrons avec Daniel Isoir dans l’intimité de Mozart. Un orchestre idéal, donc minimal, seul un musicien par partie, confère à l’ensemble un caractère chambriste. Nous ne saurons jamais comment Mozart interprétait ses propres concertos, mais les choix interprétatifs faits ici, validés par les récentes recherches, nous rapprochent très certainement de l’esprit de leur composition. L’ensemble, sans chef, sinon le soliste, permet la parfaite égalité entre tous les musiciens et rend le dialogue entre les instruments direct, autorisant ainsi une précieuse souplesse agogique puis qu’aucun instrument n’est écrasé par un orchestre trop puissant. Fait à la bibliothèque François Lang, au sein de l’abbaye de Royaumont, l’enregistrement a été précédé d’une résidence de travail. Rappelons qu’une des priorités du label AgOgique est précisément le soin apporté aux conditions d’enregistrement. (AF)


Thierry Escaich
– Les nuits hallucinées

  Univers fascinant que celui de Thierry Escaich ! Tonalité élargie se ruant dans une architecture à la Piranèse pour nous clouer, nous auditeur, à notre fauteuil, le souffle coupé par celui du compositeur et de ses visions hallucinées. Alchimiste du son, Escaich utilise l’orgue, dans La Barque solaire, comme un réactif, venant se mélanger aux timbres orchestraux pour donner naissance à l’inouï. D’autres auraient eu recours à l’électronique là où son intimité avec le roi des instruments lui permet d’en tirer de la magie. Sa barque est un hors-bord rapide, lancé sur une mer houleuse, soulevant des gerbes d’écume irisées par les rayons d’un soleil ardent. L’astre du jour fait place à celui de la nuit, émerge ici un sens dramatique sûr et porté par les mots. Ces Nuits hallucinées, trois mélodies pour mezzo-soprano et orchestre que porte la voix de Nora Gubisch ouvre au monde des ténèbres. Évocation angoissante et angoissée d’un océan nocturne pour le texte d’Henri Michaux, scherzo endiablé chez Tristan Corbière pour finir par une passacaille obsédante s’adaptant on ne peut mieux au calligramme de Victor Hugo. La nuit de Thierry Escaich se termine dans les maléfices des djinns. Le Concerto pour violon et orchestre confronte le soliste avec des forces telluriques qui tentent de le dévorer. Il tente désespérément de s’élever vers la lumière et sans cesse le registre grave de l’orchestre le ramène vers le bas. Une partie centrale élégiaque libère provisoirement le violon de ses contraintes avant que ne reviennent en rampant ces voix des abysses. Le soliste s’en sortira-t-il ? La suite au disque. (AG)


Janacek
– Taras Bulba – Danses Lachiannes  et Moraviennes

 

Parmi la production pour orchestre de Janacek, Taras Bulba fait particulièrement figure de revendication patriotique. En empruntant la nouvelle du même nom à Nicolas Gogol, Janacek souhaitait illustrer la puissance de la Grande Russie à travers la vie violente du cosaque Taras Bulba, qui, bien que condamné par l’ennemi polonais continuait à proclamer la future libération des cosaques. Le choix de cette nouvelle trouve sans doute son origine dans le sentiment panslave qui régnait dans la Tchéquie sous tutelle austro-hongroise.

Parmi les préoccupations de Janacek, l’intérêt pour le folklore musical n’est pas le moindre. Dans l’esprit des Danses slaves de Dvorak, Janacek perpétue la mise en valeur du patrimoine folklorique tchèque, à travers les Danses de Lachie et les Danses Moraves qui complètent judicieusement ce programme. (NR)


Jonathan Harvey
– Wagner Dream

  L’opéra de Jonathan Harvey Wagner Dream s’inspire des derniers instants de la vie de Richard Wagner. On connaît l’attachement de ce dernier pour les récits mythologiques mais ce qu’on ne sait pas, c’est son intérêt pour le bouddhisme. Lors de son ultime séjour à Venise en 1883, Wagner projetait d’écrire un opéra d’après la légende bouddhique de Prakriti et Ananda. C’est avec le librettiste Jean-Claude Carrière, qui partage son attirance pour le bouddhisme, qu’ Harvey a construit ce drame en neuf scènes se situant tantôt à Venise, au chevet de Wagner mourant, tantôt en Inde pour relater la légende. Six solistes, six acteurs-récitants, un ensemble vocal, un ensemble instrumental et un dispositif électronique en temps réel font exister cette narration entre réalité et fantasme. D’un côté, la musique se fait convulsive pour camper les relations fortes voire passionnées entre les personnages, de l’autre, elle est plus évocatrice sur le mode de l’épure pour suggérer les sentiments humains voire de grandes interrogations mystiques. Le compositeur anglais reste fidèle à sa propre manière…. (AG)


Co
ntributeurs :

Au service des collections :

Nathalie Ronvaux (NR) ~ Anne Genette (AG) ~ Andrée Forster (AF) ~ Marie de Wautier (MDW)

Jacques Ledune (JL)

A le Média Bxl :

Françoise Vandenwouwer (FVW)

Philippe Cantaert (PC)

A propos La média de bxl

La médiathèque de Bruxelles Centre : un repaire de découvertes et de passions. Nous aimons les musiques, les films, le multimédia. dans tous les genres, tous les courants. A la recherche de titres précis ou envie de découvertes ? Nous vous proposons plus de 100.000 titres musicaux et audiovisuels en accès direct, ainsi que des sélections ciblées. La médiathèque, c’est cinquante ans d’histoires culturelles enrichies au quotidien par des mélomanes et cinéphiles rodés au défrichage de répertoires et tendances sans cesse renouvelées. Bienvenue !
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